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Diaspora : Succès fulgurant pour l'artiste Tatoueur franco-khmer YANTRAK

Chers lecteurs, dans ma série de portraits de Khmers atypiques à travers le monde, nous revenons aujourd’hui sur YANTRAK.

YANTRAK. Photo Charly Ho
YANTRAK. Photo Charly Ho

Artiste Tatoueur franco-khmer exerçant à Paris depuis la fin des années 2000, il était connu jusqu’à présent pour ses Sakyants Khmers. Yantrak a depuis évolué, il a désormais son propre salon et se prépare à démontrer son talent aux USA, par le biais de Sotheara et Khmer Renaissance, dont Cambodge Mag a publié l’interview il y a quelques mois. Nous vous proposons donc aujourd’hui de suivre le nouveau parcours de ce jeune homme passionné et passionnant.

Il y a quelques années, tu as eu l’amabilité de nous donner une interview sur ton métier d’artiste tatoueur, mais aussi sur ta passion des sakyants. Où en es-tu dans ton perfectionnement de notre art ancestral khmer depuis ?

Je n’ai pas pu retourner au Srok khmer depuis, mais je reste en contact régulièrement avec les tatoueurs qui m’ont initié, ce qui me permet d’avoir un support constant.

Tu luttes notamment pour faire reconnaître les sakyants comme partie intégrante de notre patrimoine culturel et démontrer leurs origines totalement khmères. Ta notoriété grandissante t’a-t-elle depuis aidée dans cette croisade ?

Le fait d’avoir été l’objet d’une émission sur TF1 depuis m’a permis de partager notre culture à une grande échelle. À mon grand étonnement, cela m’a permis de toucher également des personnes de la communauté possédant déjà leur style de tatouage ethnique, comme la communauté africaine par exemple.

J’essaye également de faire comprendre l’origine des sakyant dès que je peux, que ce soit par le biais de mes stories ou en personne.

Ta carrière professionnelle a également évolué. Auparavant tatoueur de la StarAsian tattoo team, tu es désormais à ton propre compte.Parle-nous de ce changement

J’ai ouvert mon salon en septembre 2021, le temps était venu, et ce fut pour moi un symbole d’affirmation de mon art à part entière.

J’ai eu l’occasion de visiter ton nouveau salon. Et la partie où tu exerces ton activité. Explique-nous l’esprit que tu voulais transmettre dans le choix de ton décor.

Deux choses sont essentielles pour moi pour refléter mon salon : le côté « clean » et y transmettre une part de ma personnalité. C’est la raison pour laquelle lorsque vous pénétrez dans l’endroit, la pièce principale (où exercent d’autres tatoueurs) se veut épurée.

Le salon maison NAKAMA à l identité bouddhiste et khmère
Le salon maison NAKAMA à l identité bouddhiste et khmère

Mais, je voulais faire ressentir l’âme du Cambodge au travers de la décoration, mais aussi celle du bouddhisme en général.

L’idée de créer - dans ma partie - un mur reflétant parfaitement le pays, et jonché de bouddhas dont un spectaculaire, m’a paru une évidence. Cette partie du salon me permet par la même occasion d’y faire mes propres prières.

Tu proposes désormais un univers plus polyvalent, notamment avec la réalisation de tatouages mangas. Peux-tu nous expliquer ce choix ?

Les mangas représentant une de mes passions depuis mon enfance et ma pratique des sakyants étant désormais maîtrisée, j’ai eu l’envie de proposer parallèlement cet univers qui m’est donc si familier et si plaisant.

Par ailleurs, le nom de ton nouveau salon est en partie japonais : MAISON NAKAMA. Pourquoi ce choix et non un nom khmer ?

Je désirais envoyer un message plus global, tous les tatoueurs du salon n’étant pas spécialistes des sakyant et nos tatouages proposant des choix qui restent variés.

NAKAMA qui veut dire compatriote, m’a notamment été inspiré par le manga ONE PIECE, l’un de mes préférés.

Tatouage manga par YANTRAK
Tatouage manga par YANTRAK

L’utilisation du mot MAISON a été pensée pour sa double connotation : se sentir chez soi et une allusion plus luxueuse, comme les maisons des grands couturiers (ou tout autre patronyme qui sert à référer une marque)

De combien d’artistes se compose ton nouveau salon et quelles sont leurs spécialités ?

En ce moment nous sommes trois artistes

Hormis moi il y a : la tatoueuse Boa NAKAMA qui propose également des sakyant mays aussi des tatouages floraux ou animaliers et sa petite sœur, Hannya San, plus orientée vers des tatouages type kawai mais aussi les dragons et l’univers du Japon en général. Un post reste pour l’instant libre pour d’éventuels tatoueurs « guest ».

Revenons aux sakyants. Tu mets un point d’honneur dans ton Instagram à expliquer minutieusement chacun d’entre eux. As-tu déjà songé à approfondir le sujet (pourquoi pas en publiant un livre ou tout autre moyen de communication plus précis) ?

Un livre est mis à disposition pour les clients du salon désireux d’approfondir le sujet.

Et en ce qui me concerne, j’estime ne pas avoir pour l’instant l’expérience nécessaire pour m’engager dans une quête aussi ardue… mais pourquoi pas un jour !

Je tâche également au travers de chacun de mes posts désormais de raconter un bout d’histoire du Cambodge, histoire importante afin de comprendre la constitution actuelle de notre diaspora à travers le monde. Aujourd’hui notre communauté éparpillée à travers le monde tend à resserrer ses liens.

À ce sujet, tu seras présent fin août en Californie pour 5 jours extraordinaires ou tu effectueras tes tatouages. Comment s’est préparé cet événement ?

Une succession inattendue de belles rencontres naquit environ deux ans de cela, commençant par une cliente qui me refera un photographe franco-khmer, qui lui-même me guida par le biais d’une story jusqu’au compte de la page Khmer Renaissance et donc de son créateur Sotheara, et le contact se créa ainsi ! Un de mes rêves ayant toujours été d’exercer aussi aux USA, la suite, vous la connaissez…

Aventure californienne pour YANTRAK
Aventure californienne pour YANTRAK

NB : l’article sur Sotheara et Khmer Renaissance est toujours disponible sur Cambodge Mag.

Ton succès semble fulgurant, car ton agenda californien est déjà complet. Que ressens-tu ?

À ma grande stupéfaction et grâce à cette étroite collaboration avec la page Khmer Renaissance de Sotheara, mon agenda fut booké en moins de 24 h… Ce nouveau pas franchi me permet de voir que je peux toucher une clientèle au-delà de l’océan, qui sait ce que me réserve la suite ? »

Cette nouvelle aventure te donne-t-elle envie de répéter cette expérience, pourquoi pas dans d’autres pays ?

Les USA représentaient mon principal objectif, mais des collaborations en Europe peuvent être une bonne expérience à envisager, comme l’Angleterre ou l’Allemagne par exemple.

Penses-tu retourner à nouveau au Srok afin de parfaire ton enseignement à ce sujet ?

L’envie reste très présente et mon souhait serait également de parfaire mes techniques, comme apprendre à effectuer les tatouages de manière traditionnelle, avec une aiguille en bambou.

Création de YANTRAK
Création de YANTRAK

Quels seraient selon toi les meilleurs moyens actuels de faire reconnaître les sakyants comme originaires du Cambodge et non d’ailleurs ?

Définitivement (à mon échelle) internet, par le biais de tous les réseaux sociaux proposés. Cependant le résultat le plus efficace reste probablement la réalisation d’une émission sur le sujet, qui serait diffusée sur les chaînes nationales.

Enfin as-tu des projets particuliers en cours ?

Mes vies (professionnelle et personnelle) étant remplies, je n’ai pas de projets précis pour le moment… mais je fais confiance en mon karma !

Propos recueillis par Chantha R (Françoise framboise)

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