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Diaspora & Parcours : Sotheara Lim, l'homme derrière « KHMER RENAISSANCE »

Chers lecteurs, aujourd’hui dans ma série de portraits de khmers atypiques dans le monde, nous restons aux USA afin de découvrir Sotheara Lim, le Cambodgien derrière KHMER RENAISSANCE, page Instagram référence du moment pour la communauté cambodgienne. Vous découvrirez derrière ce personnage natif de Long Beach une histoire personnelle riche en émotions, et soutenu par une famille combative et omniprésente dans sa vie et ses pensées. Je vous souhaite donc une belle découverte !

Sotheara Lim, le Cambodgien derrière KHMER RENAISSANCE
Sotheara Lim, le Cambodgien derrière KHMER RENAISSANCE

Vous avez grandi en Californie et vos premières années, vous vous sentiez totalement américain. Expliquez-nous ce sentiment

Ma famille tenait à mon intégration totale et vivre comme un américain à part entière, notamment culturellement parlant, semblait au départ une évidence.

Contrairement à vous, votre famille et vos parents font partie de la vague de réfugiés de camps en Thaïlande qui ont fui et se sont installés aux USA. Comment ont-ils vécu leur intégration ?

Ce fut extrêmement difficile, notamment suite à l’exode. Ma grand-mère a perdu son mari et cinq de ses enfants à cause du génocide, elle devint alors l’unique pourvoyeuse en travaillant dans des usines de confection sous la table.

Ma mère, alors extrêmement jeune, travailla dans des usines de confection pour subvenir à nos besoins ; le tout sous un climat raciste perpétuel et quotidien qui régnait à Long Beach.
Ma mère, alors extrêmement jeune, travailla dans des usines de confection pour subvenir à nos besoins ; le tout sous un climat raciste perpétuel et quotidien qui régnait à Long Beach.

La culture khmère reste donc omniprésente dans votre foyer. Vos parents avaient cependant chacun un rôle précis dans cette transmission. Pouvez-vous nous les expliquer ?

Effectivement… Mon père fut notre source de savoir au niveau de l’histoire, de la culture, du royaume d’Angkor à l’âge d’or des années 50 et 60. Ma mère de son côté nous en transmit les codes et aspects sociaux (notamment comment s’adresser aux personnes âgées ou de quelle manière se comporter en tant que khmer)

Lequel selon vous a eu le plus d’impact sur votre amour de notre culture ?

Mon père, notamment en m’apprenant l’histoire de l’empire khmer, m’en a inculqué la fierté. Ses dires continuent à m’inspirer d’ailleurs à ce jour dans mes posts sur KHMER RENAISSANCE.

Vous avez alors un déclic vers l’époque du lycée et ne vous sentez plus juste un américain. Que s’est-il passé ?

Le regard de la société envers la communauté asiatique en général m’interpella. Le fossé entre l’image lisse qu’ont les autres sur nos ethnies et la réalité, difficile, emplie de familles brisées, réfugiées, se battant pour se reconstruire ailleurs… ou bien encore sous l’emprise d’addictions multiples, était trop grand. Je voulais faire entendre nos voix.

Cette époque marque aussi des violences entre la communauté asiatique et les autres communautés. Pourriez-vous nous relater quelques anecdotes ?

Oui… dans les années 80, les tensions raciales étaient palpables. Et nous eûmes des temps extrêmement durs face aux autres communautés ethniques, qui nous traitaient sans ménagement. Créer nos propres gangs devint la meilleure réponse aux assaults. Cette réponse paraissait évidente, venant d’un peuple ayant connu la guerre et le génocide.

Votre père vous confie alors des histoires sur la création de gangs asiatiques pour se défendre. Quelle fut votre réaction ?

Je sens fortement que je ne suis pas en mesure de juger cette vie ; ni en mesure d’avoir un avis là-dessus. Je ne peux que le regarder d’un point de vue de compassion et de compréhension. Je suis né après leur création et bien que ce soit une triste réalité, les gangs font partie intégrante du Life style à Long Beach.

Mon père fut notre source de savoir au niveau de l’histoire, de la culture, du royaume d’Angkor à l’âge d’or des années 50 et 60
Mon père fut notre source de savoir au niveau de l’histoire, de la culture, du royaume d’Angkor à l’âge d’or des années 50 et 60

Est-ce une des raisons qui vous a poussé à unifier notre communauté ?

En partie certes . Mais la raison principale était ma volonté d’avoir une plate-forme nous réunissant sous la compassion , l’échange et le partage de notre culture et notre histoire.

Arrive alors la période Covid et vous décidez de créer Khmer renaissance. Comment choisissez- vous vos sujets ?

Je vois les Khmers comme des personnes très à cheval sur la discipline , le respect et ont des esprits également très créatifs. Proposer un espace permettant à tous ces talents de s’exprimer me semblait une évidence.

Comment procédez-vous à la recherche d’entreprises ou de personnes à soutenir ?

Principalement au travers des réseaux sociaux

Certaines de vos archives sur le sujet sont exceptionnelles. Comment les avez-vous découvertes ou y avez-vous eu accès ?

Je me sens très engagé dans cette cause et je rédige beaucoup . Je prends énormément de temps de réflexion sur les sujets à traiter et l’inspiration suit …

Aujourd’hui après 2 ans de succès sur le sujet , quel serait votre bilan ?

Je suis encore surpris de tant de succès et surtout aussi rapide ! Je m’en sens surtout honoré et reconnaissant .

Quels sont de ce fait vos projets - personnels ou pour la communauté khmère ?

Je démarre une agence de création et de production appelée Donut Shop Creative. L'objectif de cette agence est de fournir des services de création et de marketing aux marques et entreprises khmères, et de le faire d'une manière qui élève notre identité de la marque. De plus, Donut Shop Creative servira pour mes projets personnels.

Mon souhait serait également produire des documentaires , vidéos et films sur des sujets chers à notre communauté.

Par Chantha R. ( Françoise framboise )

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