Cambodge & Diaspora : Rencontre avec Yantrak, tatoueur cambodgien généreux, talentueux et exigeant

Yantrak est un tatoueur franco -cambodgien exerçant à Paris depuis la fin des années 2000. Son domaine de prédilection artistique : Les Sakyant khmers, également appelés Yantra ou Sak Yant.

Yantrak est un tatoueur franco -cambodgien exerçant à Paris depuis la fin des années 2000
Yantrak est un tatoueur franco -cambodgien exerçant à Paris depuis la fin des années 2000

Nous nous sommes connus non pas pour un tatouage, mais pour son amour de la culture khmère et son désir de faire reconnaître et de réhabiliter les sakyant comme part intégrante de sa culture. Pour cela, Yantrak est réparti en août 2019 au Srok, afin d’effectuer à Siem Reap une initiation avec des moines spécialisés dans l’art de nos tatouages magiques. L’art en général a toujours été un domaine qui l’attirait, qu’il s’agisse du dessin ou des mangas, une authentique passion pour lui.

Se connecter à l’Asie

Cependant, l'artiste commença à vraiment s’intéresser au tatouage en 2008 à son retour du Canada, imprégné à l’époque par l’influence américaine, et pour donner suite à sa rencontre là-bas avec de nombreuses personnes adeptes du tatouage. Yantrak saisit donc l’opportunité d’apprendre ce métier, car cela lui permit aussi de se connecter à l’Asie, dont il est désormais devenu un fervent représentant au travers des Sakyant khmers.

Yantrak
Yantrak par Charly ho pour la série WHYME FACE

Yantrak débutera par la pratique assidue du dessin puis, au bout d’un an de métier, se tournera vers ces Sakyant khmers. Il développera ensuite le sujet, notamment grâce au soutien de son équipe qui organisera entre autres le désormais célèbre « SAKYANT DAY » qui eut des retombées à travers toute la France. Le choix de son style devint de plus en plus une évidence pour lui :

« Les sakyant représentent le Cambodge, et j’ai ainsi, à travers cet art, l’ambition de transmettre et de faire perdurer notre culture »

Son souhait demeure également, par son apprentissage minutieux, de rendre cet art ancestral accessible en Europe et en France, non seulement vers les Asiatiques, mais aussi vers les personnes d’origine différente.

Ci-dessus : Ses trois réalisations préférées concernant les Sakyant

« Ma plus belle réalisation à mes yeux reste mon premier dos complet de sakyant »

Inspirations diverses

Yanktra a depuis étendu son domaine de compétences aux « animes » et mangas, son autre grande passion. Mais exigeant avec lui, tout comme avec ses sakyant, il ne réalise ce type de tatouage que depuis peu. Son inspiration lui vient notamment de la Starasian Tattoo-Team et de Thanh Starasian, car il se faisait tatouer là-bas avant de devenir l’artiste qu’il est aujourd’hui.

Au-delà, Yantrak apprécie de nombreux autres tatoueurs, plus pour admirer leurs œuvres que pour s’en inspirer. Il s’agit de Mister K, Kubrick good ou Fetattoer.

De surcroît, Yanktra affectionne particulièrement les tatouages manga. Concernant la difficulté de son travail, l'artiste ne voit pas de réalisations complexes, hormis peut-être le choix de la zone de tatouage, certaines s’avérant plus délicates que d’autres à travailler.

Fidèle et honnête vis-à-vis de sa propre conception de cet art, Yanktra refusera toujours de réaliser un tatouage qui ne correspond pas à son style et pour lequel il pense que d’autres collègues sont plus qualifiés.

Son plaisir reste également de pouvoir au travers des sakyant de faire grandir la culture khmère. Il considère également que cela reste un domaine ouvert à toutes cultures, aussi :

« Le tatoueur professionnel sera toujours jugé sur son art et son travail, et non sur son origine ethnique »

Engagement humanitaire

Yantrak est à l’initiative des « Sakyant days », une journée organisée chaque année et durant laquelle les gens peuvent venir se faire tatouer sans rendez-vous et dont les recettes sont reversés à des organismes de bienfaisance au Cambodge. Il s’est d’ailleurs rendu au Cambodge pour fournir du matériel scolaire à deux écoles : Tinytoones et CPEF

Enfin, Yantrak sera l’un des prochains visages de la campagne « WHY ME FACE » du photographe cambodgien CHARLY HO, initiative artistique destinée à mettre les talents khmers de France en avant

Il est possible de suivre Yantrak sur son compte Instagram : https://instagram.com/yantrak_starasian

Par l’équipe de Asian Vibes 2.0 :

Déborah Om —Zakhyyia Vavra —Philippe Yang —Jiraya Pochan —David Vid et Chantha R.

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