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vendredi, décembre 01, 2017

Cambodge - Magazine Papier : Lancement du numéro 2 de Cambodge Mag en version imprimée

Le dîner de gala de la CCIFC jeudi dernier a également été l'occasion pour les invités de découvrir le numéro deux de la version papier du magazine Cambodge Mag. A la demande pressante de nos lecteurs, nous avons aussi publié une version PDF disponible ici.

Jean-Baptiste Carraro, directeur artistique de Cambodge Mag Novembre 2017

vendredi, novembre 24, 2017

Contes et Légendes khmères : Histoires d’adultère

Il y avait une belle jeune femme qui était l’épouse de quelqu’un. Un quidam avait jeté son dévolu sur elle. Jour après jour, il la guettait au bord de l’eau. La dame se rendit compte qu’un homme la guettait et l’empêchait de se baigner. Excédée, elle lui dit :
- Cher Monsieur ! Pourquoi venez-vous ici chaque jour m’empêcher de me baigner ?
- Parce que je vous aime, je vous attends ici.
- Cher Monsieur, je suis déjà mariée. Ne venez plus pour me guetter. Je veux me baigner.
Au quidam de répondre :
- Je vous aime follement. Je suis incapable de m’en aller, à moins que vous consentiez à m’accorder vos derniers dons. Sinon, je ne bougerai pas avant d’être entendu.

Contes et Légendes khmères : Histoires d’adultère
La jeune femme ne sachant plus que faire pensa qu’il valait mieux se laisser faire. Elle se donna au quidam. Puis, elle dit :
- Cher Monsieur, il vaudrait mieux rentrer chez vous.
- Mais non, ma chère ! Avant votre consentement, je refusais de m’en aller. Maintenant que c’est chose faite, pourquoi voulez-vous que je me retire ? Jamais je ne m’en irai.
La gourgandine :
- Avant d’être mon amant, vous étiez incapable de vous retirer. Maintenant que vous le fûtes qu’attendez-vous de plus ?
Le quidam :
- Je vous épouserai sans faute. Ne soyez pas surprise, ma chère.
La dame :
- Je suis déjà mariée. Je crains beaucoup mon mari.
Le sieur :
- Ma chère, inutile de craindre votre mari. Je m’arrangerai pour que votre mari n’en sache rien. Ne le craignez donc plus ! Là dessus le sieur partit. Il découvrit le cadavre d’une femme, abandonné dans la
forêt. À la nuit tombante, il prit le cadavre et le déposa à côté de la demeure de la jeune femme. Quand le mari légitime dormit profondément, il coucha le cadavre dans le lit du mari à la place de la gourgandine, qu’il emmena loin de sa demeure après y avoir mis le feu. Réveillé par l’incendie, le mari secoua le cadavre qu’il prenait pour son épouse :
- Hé! Debout ! Il y a le feu ! Pourquoi restes-tu indifférente et t’obstines-tu à dormir poings fermés ?
Le mari saisit le cadavre étendu sur la natte, déjà tout raide. La maison était transformée en fournaise, de peur d’être asphyxié, il sauta hors de la maison. Debout, il pleura à chaudes larmes et s’écria :
- Oh ma chère épouse ! Le feu t’a complètement consumée, tu es bien morte, chers
voisins ! Au secours ! Au secours !
Cet homme était fortement convaincu que son épouse avait péri dans les flammes. D’où un immense chagrin. Le lendemain matin il alla quérir des gens pour la levée du corps. Il leur emprunta de l’argent pour organiser les funérailles. Après les obsèques, il chargea des charrettes à boeufs et à buffles et partit pour se livrer à son négoce. Il lui fallut aussi restituer une partie des sommes empruntées à autrui. Au cours de sa tournée, il se trouva dans un village nez à nez avec son épouse véritable. Elle était accompagnée de son amant. Le bonhomme s’écria :
- Cette femme est mon épouse. Pourquoi l’as-tu emmenée avec toi ?
Le séducteur répondit :
- Comment peux-tu m’accuser d’avoir enlevé ton épouse ? N’a-t-elle pas péri dans un incendie ?
Tout en se disputant la même femme, les trois allèrent trouver le juge. Incapable de résoudre le litige, le juge soumit l’affaire au roi. Le séducteur dit au roi :
- Majesté ! Ce sieur prétend que cette femme est son épouse bien que celle-là ait péri dans un incendie.
Le véritable mari :
Majesté ! La femme morte au cours de l’incendie n’était pas mon épouse. Au contraire, celle-ci est ma véritable épouse. Que l’Auguste Majesté daigne me faire justice !
Réflexion faite, le roi dit :
- Dans cette affaire, la vérité n’est pas évidente. Procédons avec finesse et intelligence afin d’arbitrer cette querelle. Le roi enjoignit à un fonctionnaire de se cacher à l’intérieur d’un tambour et de noter les paroles des deux hommes et de la femme. Puis il invita le véritable époux et la femme infidèle à emporter le tambour. Au cours du transport du tambour la garce ne dit rien. Ensuite, le roi fit transporter le tambour par le séducteur et la garce. Pendant le trajet elle dit :
- Si j’étais restée fidèle à mon mari, je n’aurais pas encouru pareille peine.
Le séducteur :
- Tais-toi ! On pourrait nous entendre.
La garce :
- Pourquoi me taire ? que pourrais-je craindre ? J’ai si mal à l’épaule ! Tu t’en moques, bien sûr ! Tu ne le transportes que pour la première fois, alors que moi je le trimbale pour la seconde fois. J’en suis morte, ou presque. Le fonctionnaire, dissimulé à l’intérieur de la grosse caisse, notait tout ce qu’il entendait. Dès le retour auprès du roi, ils déposèrent le tambour d’où l’on fit sortir le fonctionnaire. Celui-ci donna lecture de ce qu’il avait entendu et noté. Alors le souverain donna gain de cause au véritable époux et infligea la peine capitale à la garce et à son amant. Grâce à ses adresses et sagesse divine, le roi avait su démêler cette affaire.

Cambodge - Recette : Gnoam lhong - salade de papaye verte épicée

Recette facile, laotienne à l'origine mais très populaire chez les Cambodgiens et autres populations d'Asie du Sud-est, avec quelques petites particularités locales.

Ingrédients : (pour quatre personnes) :
Quatre cent grammes de papaye verte
Deux citrons verts
Deux tomates
Une poignée de crevettes séchées
Une tranche de couenne de porc
Deux piments rouges frais
deux gousses d'ail
Une cuillère à soupe de Paderk -saumure de poisson fermenté
Une cuillère à soupe de nuoc mam
Une pincée de sel
Une cuillère à café de sucre
Une cuillère à café de glutamate



Préparation :
Râper la papaye lavée et épluchée en fines lamelles.
Broyer et mélanger les gousses d’ail et les piments frais.
Ajouter ensuite les lamelles de papaye verte, le Paderk, le Nam pa,le sel, le glutamate et le sucre.
Presser les deux citrons sur la préparation.
Couper les tomates en tranches entières et les ajouter à la préparation.
Ajouter les crevettes séchées la couenne coupée en très fines rondelles.
Servir la salade accompagnée salade ou de de liserons d’eau.


Cambodge Mag - Magazine Papier : Ratana Phurik-Callebaut : De voir le pays évoluer reste un grand privilège

Pour ceux qui aiment lire leur magazine préféré sans se presser, nous commençons à livrer quelques-uns des articles de la toute dernière version papier de Cambodge Mag, parue à l'occasion du Gala de la CCIFC, le 16 novembre dernier. Pour ceux qui souhaiteraient consulter l'édition intégrale, disponible en ligne et au format PDF, elle est disponible ici.. Bonne lecture et merci de votre fidélité !

Le mot chance est un qualificatif récurrent dans les propos de la directrice exécutive de la Chambre de Commerce Européenne EuroCham : La chance d’avoir échappé au génocide alors qu’elle était partie du royaume toute enfant pour des vacances en France, la chance de poursuivre une carrière dans un domaine qui la passionne, la chance d’avoir une double culture, et la chance d’avoir pu redécouvrir le pays de ses racines lors de son retour, il y a 14 ans. Derrière des yeux et un sourire plein d’Asie, se dévoile aussi une femme élégante, déterminée, ambitieuse dans le sens noble du terme, pleine de ferveur et très lucide sur son milieu professionnel. Entretien :

Ratana Phurik-Callebaut : De voir le pays évoluer reste un grand privilège
CM : Quelques souvenirs de votre enfance et sur votre famille ? 
Je suis née à Phnom Penh, je suis partie juste avant les évènements de Phnom Penh, je n’avais que deux ans, j’ai eu un peu de chance, nous étions partis pour des vacances et puis nous avons dû rester à Paris. C’est là où j’ai grandi, où j’ai fait mes études. Mon grand-père faisait partie de cette classe privilégiée, mes parents, malheureusement sont restés ici. Ils avaient des affaires, moi je suis restée là-bas avec mes grands-parents et ma famille proche m’a élevée. Je n’avais aucun souvenir du Cambodge, pour être honnête, et je n’avais aucun désir de retour, à cause de la perte de ma mère, mes grands-parents ne voulaient pas du tout que je revienne ici. En grandissant, j’apprenais ce qui se passait car mon grand-père était l’un des fondateurs du mouvement FNLPK avec des exilés comme lui. J’étais donc au courant mais cela ne m’intéressait pas du tout. Le retour au pays n’a pas été un choix, cela a été un hasard. 

CM : Vous avez donc grandi comme une française ?
J’ai grandi en France, je parle et pense probablement comme une française. Mais je me suis toujours sentie quelque part un peu différente. J’étais aussi élevée dans la tradition, dans une culture cambodgienne, bouddhiste. Mon grand-père était très francophile donc je pratiquais peu la langue khmère. J’arrivais à la comprendre mais ne la parlais pas suffisamment bien.

CM : A propos de votre scolarité, de vos études, de votre vie d’étudiante ?
J’ai suivi une scolarité classique. J’ai fait une terminale scientifique, suivi ensuite une formation supérieure, en économie et commerce avant un DEA d’économie industrielle. J’ai continué en  doctorat mais après cinq ans, j’ai choisi d’arrêter car l’actualité remettait en cause mes recherches. J’ai fait mes études à Paris 1 Panthéon Sorbonne. Un très bel environnement donc. La vie parisienne était pas mal, je n’ai pas ressenti d’ostracisme. Je vivais dans le quartier asiatique, dans le 13éme. J’étais plutôt heureuse. 

CM : Vos premières expériences professionnelles ensuite ?
Ensuite, j’ai rencontré la personne qui est devenue mon mari. Je l’ai suivi en Suisse. Je préparais mon doctorat et il faisait son service militaire civil à l’ONU. J’ai commencé à travailler là-bas dans une banque privée. J’étais gestionnaire de fortune. C’était mon premier travail. Oui, c’était un peu stressant. C’était drôle, c’était impressionnant, c’est un autre milieu. La Suisse est aussi, quelque part, un autre monde. J’ai eu beaucoup de chance. Je n’étais pas toute jeune non plus, j’avais 26 ans, en fin de doctorat. A ce moment, j’ai quand même décidé de passer un diplôme professionnel d’expertise en analyse financière (CFA), prestigieux et très reconnu dans le milieu financier, une grande satisfaction personnelle mais encore un stress supplémentaire…

CM : A propos de votre retour au Cambodge ?
Mon mari a ensuite eu une proposition pour aller au Cambodge monter un projet pour la CNUCED (organisme ONU pour le commerce et le développement). Je n’avais alors aucune envie de revenir, mais cela a été un peu le déclic. Je me suis dit que c’était le moment ou jamais. C’était en 2003. En arrivant, miracle, je me suis senti comme à la maison. C’est comme si je revenais chez moi. Le Cambodge recommençait à s’ouvrir, des gens revenaient progressivement mais c’était tout juste le début. Je n’avais aucune crainte, je ne m’attendais en fait à rien. C’est peut-être cela qui a créé le coup de foudre. J’arrivais aussi dans des conditions vraiment privilégiées. Nous arrivions pour un projet de quatre ans. Nous aurions pu repartir si cela n’avait pas marché. J’avais quitté un travail assez prestigieux et bien payé, je n’avais plus grand-chose à me prouver. Pour moi, c’était une pause intéressante. 

CM : Qu’est-ce qui vous a plu en revenant ?
Difficile de définir ce qui m’a le plus plu, je crois que c’était simplement l’ambiance, aussi parce qu’il y avait tout à faire. Les exilés, traumatisés, avaient l’habitude de dépeindre le Cambodge comme un paradis qui était devenu un enfer. Lorsqu’on arrive, effectivement, on sent que tout est à faire, mais il y a tout de même encore cette espèce de douceur de vivre, cette gentillesse des gens. Je suis arrivée avec mon premier enfant qui avait alors trois mois. J’étais là avec mon diplôme d’analyste financier et mon doctorat, évidemment, j’avais envie de faire quelque chose mais ce n’était pas facile. A l’époque il n’y avait pas encore de grande banque, on allait chercher du cash à la banque comme ça quoi…donc je ne cherchais pas vraiment grand-chose, j’ai donc profité de mon fils pendant un an.

CM : Vous avez ensuite intégré la Chambre de Commerce et d'Industrie Franco-Cambodgienne
Puis il y a eu une opportunité, la directrice de la chambre de commerce française, Eléonore Richardson, a rencontré mon mari, lui a fait part de son départ, et lui a demandé si le poste pouvait m’intéresser. C’est comme cela que je me suis retrouvée à la Chambre de Commerce et d'Industrie Franco-Cambodgienne. Directrice d’abord à mi-temps puis à plein temps. C’était intéressant car, dans ce milieu des expatriés, tout le monde avait une histoire. Je ne rencontrais pas de gens ordinaires. Ils avaient tous avec eux l’histoire qui les avait tout simplement amenés au Cambodge, c’était des aventuriers, avec des méthodes parfois un peu surprenantes par rapport à ce que j’avais rencontré au préalable. Ce furent des rencontres très riches. Je suis restée aujourd’hui encore assez proche de quelques-uns de ces gens qui à l’époque étaient des pionniers, à leur façon. 

CM : Quels étaient les challenges ?
L’un des premiers challenges à la chambre de commerce était que le Cambodge n’existait à l’époque pour personne. Il fallait remettre le pays sur une carte. Par contre, nous faisions partie du réseau de l’union des chambres de commerce françaises à l’étranger. Cela nous a beaucoup aidés. Nous avons reçu une certaine attention, des conseils, de l’aide, et un peu de financement. Cela a été utile, salvateur même. Nous n’étions que deux, j’étais seule avec Virath qui est toujours avec nous aujourd’hui. Nous avions quelques stagiaires très motivés, souvent venant de famille de khmers de France. Nous avions aussi la chance d’avoir le soutien de Jean-Daniel Gardère  qui  avait une forte motivation. Ce furent trois très belles années.

CM : Après avoir quitté la chambre de commerce, quelle nouvelle étape ?
Après cela, j’étais un peu fatiguée car c’est très prenant. J’avais envie de faire autre chose, peut-être de revenir un peu à la finance, le Cambodge se sophistiquait un peu, on m’a offert de devenir partenaire dans un ‘’private equity fund’’, grâce à mon diplôme de CFA. J’y suis restée un an. C’était passionnant. Par contre, le pays n’était pas encore prêt pour une structure de ce genre. Le fonds d’investissement était calqué sur les fonds américains, et les entreprises ici commençaient à peine à tenir des comptabilités. C’était compliqué, et puis il y a eu la crise financière. Nos principaux partenaires se sont retirés. J’ai eu de la chance car j’ai eu la meilleure partie qui était la mise en place. Nous voulions lever cent millions de dollars, avec des projets minimum de cinq millions, le pays n’était juste pas encore prêt. 

CM : Ensuite, après cette expérience ?
Après cela, j’ai fait une pause pour avoir mon deuxième enfant. Je suis ensuite rentrée chez DFDL comme consultante au niveau régional. Je suis restée cinq ans. Ce furent aussi de très belles années. J’aimais le milieu des investisseurs, des entrepreneurs, la stratégie. Après DFDL, on m’a sollicitée pour prendre la direction d’EuroCham. Je pense que c’est parce que j’avais gardé de très bonnes relations avec les membres de la chambre française. Ils connaissaient mon intérêt pour ce type d’activité professionnelle.  

CM : Pas de difficultés à travailler dans des milieux très masculins ?
Ce n’est pas difficile de travailler avec des hommes. J’avais l’expérience du milieu bancaire, c’est un milieu très masculin. Il faut juste ne pas s’offusquer de quelques blagues un peu déplacées parfois, ce n’est pas un gros problème. Les gens ici sont ouverts, cela compense une certaine liberté de langage. Surtout dans le milieu français, les gens sont assez directs, assez honnêtes dans leur approche.

CM : A propos de vos rapports professionnels avec les  Cambodgiens ?
Mes premiers contacts avec les cambodgiens furent un peu compliqués, mais ça va…je me sens très cambodgienne dans un sens, mais aussi très française, dans ma mentalité, dans ma façon de m’exprimer, et de voir les choses. J’ai eu la chance de ne pas trop me poser de questions sur mon identité. J’ai aussi rencontré beaucoup de gens comme moi. J’étais pendant un temps assez impliquée dans l’association Anvaya, j’étais vice-présidente de l’association des khmers de l’étranger. J’ai participé au développement de l’association à ses débuts. C’était quelque part comme une famille.  Rencontrer autant de gens avec cette double culture comme moi, très attachée aux deux, avec un attachement au pays assez viscéral, cela m’a renforcée dans cette double identité, de façon positive, sans exclure l’une ou l’autre.

CM : Comment se passe votre embauche chez EuroCham ?
J’étais hésitante pour joindre EuroCham, car je savais qu’il y aurait beaucoup de travail, cela demande beaucoup d’implication. Le milieu des chambres de commerce est assez particulier. D’un côté, il y a des membres, qui sont demandeurs, extrêmement dynamiques, qui sont en fait le cœur de la chambre de commerce et, de l’autre côté, il y a une équipe salariée. La perception des deux côtés est parfois un peu compliquée. Il y a beaucoup de parties prenantes. Avec l’Europe, c’est encore plus compliqué. Je me suis dit que cela pourrait être éprouvant, mais c’était un beau challenge. Il y a avait un financement européen, je n’en avais pas à la Chambre de commerce française. Finalement je me suis laissé convaincre, et je pense avoir pris la bonne décision. 

CM : Parlez-nous un peu de votre arrivée à EuroCham et d’EuroCham en elle-même
La première chose en arrivant à EuroCham a été de recruter. Il y avait tout à faire. Au début nous avions beaucoup de stagiaires et très peu de permanents. Aujourd’hui nous sommes une quinzaine de permanents, parfois un peu plus avec les stagiaires. L’idée d’EuroCham venait de Dominique Catry, qui était président de la CCI  à l’époque. Il a fondé EuroCham, il en est devenu président, avant même qu’il y ait ce financement.
EuroCham est une chambre de commerce européenne avec des chapitres nationaux, créée par la chambre de commerce française, BritCham et la chambre allemande. Maintenant nous avons NordCham, et le chapitre italien. C’est une belle diversité, la Chambre de commerce française représente toutefois encore 50% de nos membres. Nous avons la chance d’avoir ce programme de soutien aux PME européennes. Notre vocation est d’améliorer la balance commerciale entre l’Union Européenne et le Cambodge, l’UE est le premier marché à l’export, mais en termes d’investissement, elle ne représente encore que 4 à 5%, c’est encore trop peu. 
Nous sommes là aussi pour fournir une aide à l’implantation. Pour une entreprise qui se présente, petite ou grande, nous allons fournir des conseils et des services. Nous proposons toute une série de prestations. Nous avons une équipe de professionnels, de très bons analystes, avec une base de données conséquentes grâce à nos connections. Nous avons aussi un business center pour ceux qui viennent en prospection et ne souhaitent pas s’installer dans l’immédiat.

CM : Quels sont les challenges ?
Le gros challenge est d’attirer des grandes entreprises. Nous aimerions avoir des investissements de la même taille que ceux des japonais. Nous avons quelques gros investissements avec Vinci ou Total, mais il y besoin d’une plus grande diversification.  Le Cambodge est un pays adapté à l’entreprenariat.  C’est un pays très ouvert, c’est très facile de monter une société, c’est assez facile au niveau des permis de travail. 

CM : Parlez-nous du Livre Blanc…
C’est un projet phare qui s’inscrit dans notre politique de dialogue constructif avec le gouvernement. Le Livre blanc est un ensemble de recommandations faites à partir des requêtes du secteur privé. Nous avons dans notre équipe de fins spécialistes du Cambodge, qui ont fait un travail remarquable. Nous sommes là pour engager le dialogue, créer une plate-forme de discussion riche entre le secteur privé et le gouvernement. Cela existait déjà avec les forums entre gouvernement et secteur privé, mais cela était peut-être moins accessible. 
Nous avons travaillé dur pour adapter notre approche, pour ne pas être pris pour des donneurs de leçons. Nous avons eu de la chance d’être bien perçus. Nous avons parmi le conseil d’administration des gens qui sont là pour rester, donc, avec une vision à long terme. Ils voient le potentiel, savent que ce n’est pas facile. Nous ne faisons pas de lobbying, nous défendons les intérêts d’un secteur, le gouvernement s’est montré très ouvert et beaucoup de ministères nous ont accueillis très favorablement. Le premier Livre Blanc l’année dernière a été bien perçu et il y a eu un retour très positif, c’est une grande fierté.

CM : Comment se passe la journée de la directrice d’EuroCham ? 
Une journée chez EuroCham est une journée très longue, mais c’est passionnant. Il y a beaucoup d’aspects différents dans ma mission : la promotion active du Cambodge à l’étranger, c’est aussi un business club qu’il faut animer. Nous avons choisi de faire beaucoup  d’évènements, cela prend du temps. Il reste beaucoup de choses à mettre en place, on ne s’ennuie jamais. 
Vos ambitions ?
La principale est de contribuer à changer la perception du Cambodge depuis l’étranger. Le pays a beaucoup changé, il y a eu des progrès mais il n’y a pas encore suffisamment de visibilité sur ce point-là. Cela me plait de pouvoir poser ma pierre, de participer au développement, de voir le pays évoluer reste un grand privilège.

En dehors du travail ?
J’élève mes enfants, et cela prend aussi beaucoup de temps, mais le fait de pouvoir les élever ici est un privilège. Autrement, je fais un peu de sport, j’adore la littérature, quand j’étais plus jeune, j’écrivais, j’ai même passé le concours général de français. Quant à la France, elle ne me manque pas, mes amis me manquent mais j’adore la vie que j’ai ici.


Cambodge : L'Industrie textile a besoin de se moderniser

Le gouvernement appelle les acheteurs étrangers à augmenter leurs investissements dans le secteur de l'habillement et de la chaussure, et à introduire de nouvelles technologies pour aider à moderniser l'industrie, indique un haut fonctionnaire du ministère du Commerce. S'exprimant lors d'une réunion mardi avec des représentants de marques et de syndicats, le secrétaire d'Etat du ministère, Ok Bung, a déclaré que le secteur du vêtement souffrait d'une faible productivité en raison de technologies obsolètes.

Ouvrières du textile. Photo C.Gargiulo
H & M, Next, C & A, Debenhams, Inditex, Kmart-Australia et Primark étaient quelques-unes des sociétés mondiales représentées à la réunion de mardi, ainsi que la fédération syndicale internationale IndustriALL. Frank Hoffer, le directeur exécutif d'Action, Collaboration et Transformation (ACT), qui parlait au nom des marques, a déclaré que l'une de leurs priorités en tant qu'acheteurs était de renforcer la coopération entre toutes les parties impliquées dans l'industrie textile.

ACT est une initiative entre des marques internationales et des détaillants, des fabricants et des syndicats pour aborder la question des salaires minimum dans la chaîne d'approvisionnement du textile. M. Hoffer a notamment demandé une discussion plus approfondie avec le gouvernement sur l'état de l'industrie. Il a demandé l'appui du MoC pour organiser un atelier avec les acheteurs, les syndicats, les propriétaires d'usine et les agences gouvernementales pour écouter tous les acteurs du secteur et préparer collectivement une stratégie pour guider son développement.

Ken Loo, le secrétaire général du GMAC, l'association des fabricants du secteur, a déclaré que les exportations de vêtements augmenteraient de 5% d'ici la fin de l'année, ajoutant qu'il s'attendait à une croissance similaire dans les années à venir.  Il a ajouté que les problèmes qui entravent actuellement le secteur comprennent les coûts de production élevés, la faible productivité et l'accès à un nombre limité de marchés.

"...Lorsque le salaire minimum sera porté à 170 dollars en janvier, davantage d'usines rencontreront des difficultés si les choses ne changent pas. Nous espérons qu'il y aura une amélioration de la productivité, une réduction du coût des affaires et de nouvelles politiques gouvernementales pour aider les investisseurs...", a-t-il ajouté. Selon les chiffres du MoC, le volume total des exportations du Cambodge a atteint neuf milliards de dollars au cours des neuf premiers mois de l'année. 80% de ces échanges se composent de vêtements ou de chaussures. L'industrie du vêtement et de la chaussure au Cambodge compte 786 usines et employe plus de 700 000 personnes. Les principaux marchés d'exportation des vêtements cambodgiens sont l'Union Européenne, les États-Unis, la Chine, la Nouvelle-Zélande et le Japon.

Cambodge - Immobilier : Gold Tower 42 redémarre...

La construction du projet de 240 millions de dollars Gold Tower 42 reprendra au début de l'année prochaine et devrait se terminer d'ici la fin de 2019, indique un communiqué publié hier par le promoteur. Le projet, développé par Yon Woo Cambodge, a débuté en 2008 et a déjà été retardé trois fois: d'abord en 2009, suite à la crise financière mondiale, puis en 2012. La construction a repris en 2013 puis s'est arrêtée à nouveau en mars de l'année dernière. Malgré ces reports, la tour a atteint 31 étages.

Gold Tower 42
Yon Woo Cambodia - la société propriétaire du bâtiment - a conclu hier un accord avec Shenzhen Hongtao Decoration et Waiman Construction & Engineering pour achever le projet. Kim Tae Yeon, président et président de Yon Woo Cambodia, a déclaré aux journalistes après la signature de l'accord que la société commencera la construction au début de 2018 et achèvera le projet d'ici la fin de 2019.

"Je promets au Premier ministre Hun Sen et au peuple cambodgien que le projet sera prêt d'ici la fin de 2019...Nous commencerons à vendre des unités une fois le bâtiment terminé. Nous sommes convaincus que ce sera un succès...Nous avons déjà investi 100 millions de dollars et nous allons dépenser 140 millions de dollars supplémentaires pour finir...", a-t-il déclaré à la presse locale.

Gold Tower 42 est un projet de centre commercial polyvalent avec cinq étages de stationnement souterrain, trois étages d'espace commercial, neuf étages de bureaux et 399 unités de condominiums. A l'origine, deux entreprises de construction étaient impliquées dans le projet: Hanil Engineering & Construction et Yon Woo Cambodia. Un différend entre les firmes a été soumis à l'arbitrage en 2012, Hanil ayant finalement été condamné à payer 30 millions de dollars d'indemnisation à Yon Woo Cambodia par le Korean Commercial Arbitration Board.

jeudi, novembre 23, 2017

Cambodge : Les 55 sièges du CNRP officiellement réattribués

Les 55 sièges vacants de l'ancien parti de l'opposition Cambodia National Rescue Party (CNRP) ont été attribués à cinq différents partis politiques conformément aux amendements à la loi sur l'élection des membres de l'Assemblée nationale, a déclaré le Comité national des élections (NEC) dans un communiqué de presse ce 22 novembre.


Les cinq partis politiques comprennent le FUNCINPEC, parti royaliste qui obtient 41 sièges; la Ligue pour la démocratie, 6 sièges; le Parti anti-pauvreté khmer, 5 sièges; le Parti de la nationalité cambodgienne, 2; et le Khmer Economic Development Party, 1 siège. Le Parti de la République démocratique n'a obtenu aucun siège car il n'a pas obtenu suffisamment de suffrages, est-il indiqué.

Ces partis font partie des huit partis politiques qui ont pris part aux élections nationales le 28 juillet 2013. Lors de cette élection, le CNRP a obtenu 2,9 millions de voix et 55 des 123 sièges à l'Assemblée nationale, tandis que le Parti populaire cambodgien (CPP), au pouvoir, a remporté 68 sièges, soit 3,23 millions de voix.

Le CNRP a été dissous par la Cour suprême du Cambodge le 16 novembre 2017.
Par Khan Sophirom - AKP Phnom Penh, novembre 2017 -

Cambodge : Journée nationale de l'environnement propre

Le ministère de l'Environnement et l'Agence coréenne de coopération internationale (KOICA) organisaient ce 23 novembre la «Journée nationale de l'environnement propre» sous le thème «Nettoyons nos maisons», «Un environnement propre, sans déchets, sans déchets plastiques et sans pollution».

Journée de l'environnement
Cette campagne est alignée sur la Journée nationale de l'environnement cambodgien célébrée par le gouvernement royal le 23 novembre de chaque année depuis 22 ans. Selon un communiqué de presse de KOICA, la campagne vise à sensibiliser les gens à porter une plus grande attention à la consommation de plastique. La «Journée nationale de l'environnement propre» est aussi un programme de sensibilisation qui vise à rassembler les citoyens de tous les coins du pays dans le cadre d'une activité simple qui profitera à leur environnement local. Cet événement vise également à sensibiliser le public aux questions environnementales et à faire appel à la participation de chaque individu à la mission de protection de l'environnement, de conservation de la biodiversité et à l'utilisation appropriée des ressources naturelles pour assurer la durabilité environnementale.

Dans la matinée, l'événement était présidé par M. Jeong Yun Gil, Directeur Pays du Bureau KOICA Cambodge, et H.E. Mme Ngin Lina, Directrice générale du Département général des connaissances et de l'information environnementales du Ministère de l'environnement. La campagne s'est déroulée à l'école primaire Thmey de Phnom Penh et à Phsar Dey Hoy. La célébration a attiré plus de 500 personnes, dont des officiels et des fonctionnaires du ministère de l'Environnement, du bureau KOICA au Cambodge, de l'Association Cambodgienne des Anciens Combattants (CAMKAA), des représentants d'ONG nationales et internationales, et des écoliers. Les participants ont fourni des éco-sacs en tissu à Phsar Dey Hoy après la collecte des ordures le long de la route avec un message éducatif visant à motiver les gens à utiliser l'éco-sac pour l'achat au marché et, toujours, pour éviter la surutilisation du plastique.