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lundi, mai 29, 2017

Cambodge - Banque - Parcours : Yuthika Hin, trente ans d’expérience internationale au service du CMK

Avec le sérieux et l’élégance traditionnelle qui caractérise les gens de son milieu et de sa génération, Yuthika Hin nous accueille dans son bureau  tamisé, sobre mais soigneusement décoré, du Crédit Mutuel Kampuchea (CMK) à Phnom Penh. En défroissant à peine un costume impeccable d’un délicat revers de main, Yuthika, Cadre de Direction de l’établissement mutualiste, lève légèrement les yeux, hésite un peu, comme pour se rappeler plus précisément les grandes étapes de sa vie qui l’ont amené à devenir banquier. Il esquisse un sourire, et se décide à nous raconter…

Yuthika Hin, Cadre de Direction au CMK
Rien ne destinait Yuthika Hin aux métiers de la finance, il voulait être médecin ou pilote mais, comme tant de Cambodgiens nés dans les années soixante, le destin du jeune Hin Yuthika va basculer un jour d’avril 1975. Issu d’une famille aisée de de six enfants, Yuthika ne devra son salut lors des heures sombres de Phnom Penh qu’à la présence d’esprit de son père, alors Général d’armée, qui parviendra à faire évacuer sa famille quelques heures avant la prise de la capitale.

Âge d’or et exil
Yuthika nait en 1959, quatre ans après le début du Sangkum Reastr Niyum, cette période souvent appelée l’âge d’or du Cambodge. Le royaume vit ses premières années d’indépendance, connait un développement économique sans précédent et,  Yuthika n’est alors qu’un enfant qui goûte à la délicate joie de vivre de ces années prospères : ‘’…Nous avions une maison très agréable dans Phnom Penh, l’atmosphère générale de ces années Sangkum était un peu l’insouciance, mais je les garde dans ma mémoire comme les plus belles de ma vie jusqu’à aujourd’hui. Phnom Penh était radieux, les gens étaient souriants, élégants et respectueux de nos règles de savoir-vivre traditionnelles…’’, précise-t-il en souriant.

Yuthika suit une scolarité exemplaire, fait ses études au lycée Sisowath, puis chez Descartes, avant que le destin ne vienne tourmenter la vie du jeune collégien : ‘’…Je savais que la guerre était proche, mais, vous savez, je n’avais que 16 ans et je ne comprenais pas vraiment ce qui se passait. Lorsque nous avons dû partir, notre père ne nous a rien dit. Nous sommes partis à Ream, la base militaire, puis vers un camp de réfugiés en Thaïlande avant d’arriver en France. J’ai commencé à comprendre, lorsque nous étions encore à Ream, j’avais le mauvais pressentiment que je ne reverrai plus mon père, et je ne me suis pas trompé. Ce fut le début d’un exil de mon pays qui durera 35 ans…’’.

Nouvelle vie et carrière
En Aout 1975, Yuthika et sa famille sont des réfugiés politiques en France, la famille est éparpillée, sa mère est alors femme de maison au presbytère de Limours dans l’Essonne . Cela va provoquer un déclic : ‘’…J’étais quelque part choqué, je me demandais ce qui se passait pour ma mère, j’ai alors compris qu’il fallait que je prenne les choses en main, que je devais m’orienter vers un métier qui me permettrait de prendre ma famille en charge rapidement. J’ai choisi la comptabilité. J’ai passé mon bac et entamé des études de comptabilité et gestion à l’école Asselineau. Mon premier poste fut à la National Bank of Pakistan, cela a duré six mois, puis je rejoignais ma chef comptable à la State Bank of India. Je suis ensuite parti chez la Banca Nazionale del Lavoro jusqu’en Novembre 1987. Puis des chasseurs de tête m’ont proposé de travailler à la Republic National Bank of New York, dont la succursale française avait alors ses bureaux place Vendôme.  Les affaires sérieuses avaient déjà commencé, et là, j’avais en charge de gros portefeuilles de clients privés, j’avais la responsabilité des rapports avec la maison mère et la direction des opérations. La Hongkong and Shanghai Banking Corporation (HSBC) a ensuite racheté la Republic National Bank of New York, ils m’ont gardé, mais ces périodes de fusions-acquisitions sont toujours des moments professionnels assez intenses. Je faisais donc une belle carrière dans la finance, dans des établissements prestigieux, et je le dois au travail, mais aussi à ma mère qui m’avait dit quelque temps avant notre arrivée en France que nous étions des réfugiés, que je devais toujours travailler pour être le meilleur…’’.

Yuthika Hin, Cadre de Direction au CMK : toujours travailler pour être le meilleur
Retour au Cambodge et CMK
‘’…Ce n’est qu’en Juillet 2006 que je me suis décidé à revenir visiter le Cambodge, j’avais durant toutes ces années entretenu un rapport ambigu avec mon pays d’enfance. Je gardais le traumatisme du départ,  mais beaucoup de choses me manquaient, les odeurs par exemple : l’odeur de mon jardin, de la maison, des fruits etc…J’ai bien évidemment retrouvé un Cambodge totalement différent des années Sangkum. J’avoue que certains aspects m’ont choqué. Mais, en allant visiter les temples d’Angkor, je me suis souvenu alors de mon père, je l’entendais presque me dire qu’il fallait enfin revenir au pays. Je suis alors rentré en France et j’ai posé ma démission, qui a été acceptée à des conditions très avantageuses, et j’ai pu revenir avec  un petit  capital qui m’a permis de m’installer et de prendre le temps de trouver une activité. J’ai donc fait de l’audit pour Global Fund puis travaillé dans une banque japonaise à Phnom Penh…

‘’…Je n’ai rejoint le CMK qu’en Janvier 2016. La perspective m’intéressait car j’ai rencontré des gens motivés, un bon esprit et un développement intéressant. Et, surtout, j’évolue dans un environnement francophone et je suis un grand amoureux de la langue française. Mon travail au CMK comporte plusieurs volets, je suis en charge de beaucoup de dossiers administratifs, des audits, de la formation, des partenariats avec les associations et du service contentieux. Je n’ai donc pas de contacts fréquents avec la clientèle ni d’activités purement commerciales. Notre directeur général est excellent dans ce domaine, et c’est aussi l’avantage de travailler dans cet établissement, les compétences sont complémentaires et il n’y a pas de rivalités ou de carriérisme dans le sens péjoratif du terme.

Pour répondre à votre question concernant mon ‘’élégance’’, il s’agit tout simplement d’une question d’éducation. Notre génération a été éduquée avec le respect des bonnes manières, les convenances, et le respect de notre interlocuteur. C’est une question de principe et de respect. Chaque matin, je salue mes collaborateurs avec la gestuelle cambodgienne appropriée car, comme vous le savez, il y a plusieurs saluts différents dans notre culture…voilà donc les quelques raisons.

Concernant mes loisirs, j’en ai assez peu car je travaille beaucoup, mais comme je l’ai déjà souligné, j’adore lire, j’adore les mots, l’évasion qu’ils procurent, je dévore plusieurs livres de tous genres chaque année…. Je travaille un peu dans le social également : Je sers de mentor  et j’apporte mon aide à six jeunes étudiants qui font un parcours universitaire remarquable…’’, conclut Yuthika Hin, l’homme le plus élégant de l’établissement comme aiment à le souligner, avec respect, l’ensemble de ses collègues….

vendredi, mai 26, 2017

ONG: Les moines actifs de Wat Kraya

La ''Fondation pour l'Education des Communautés'' (FEC) est une ONG un peu différente des autres. Installée dans le district de Santuk, province de Kampong Thom, dirigée et animée uniquement par des moines buddhistes, cette association est née de la volonté des moines de la commune de Wat Kraya de contribuer à renforcer l'enseignement bouddhiste, la pratique et la formation des moines à travers le royaume.
 
La pagode de Wat Kraya. Photo Christophe Gargiulo - CGF Foundation
La pagode de Wat Kraya. Photo Christophe Gargiulo 
FEC gère actuellement trois programmes majeurs pour améliorer l'éducation et l'enseignement à Wat Kraya. Le premier consiste en la mise en route d'une école primaire bouddhiste et un programme d'éveil pour les enfants. Le budget annuel de ce projet est estimé à quinze mille six cent dollars destinés à payer les salaire des enseignants, de deux cuisiniers, de la nourriture, du matériel pédagogique et une pharmacie d'urgence.

Des novices de Wat Kraya. Photo Christophe Gargiulo - CGF Foundation
Des novices de Wat Kraya. Photo Christophe Gargiulo
Le deuxième programme consiste à financer des bourses d'enseignement pour 13 novices. Les besoins de financement sont estimés à quinze dollars mensuels par étudiant pour les enseignement de niveau lycée et de vingt dollars pour les enseignement de type universitaire.

Novice de Wat Kraya avant la cérémonie d'intronisation. Photo Christophe Gargiulo - CGF Foundation
Novice de Wat Kraya avant la cérémonie d'intronisation. Photo Christophe Gargiulo
La troisième ambition de l'association est un projet d’amélioration des conditions d'hébergement pour les novices, les enfants et les anciens. En sus de deux bâtiments principaux, le projet consiste également à construire des kutis (petits logements traditionnels pour les novices). Il y a en tout soixante-douze moines et novices qui vivent à Wat Kraya et les besoins d'hébergement deviennent urgents. Le coût de l'ensemble du projet des divers constructions est estimé à trois cent neuf mille dollars.

Améliorer les conditions d'hébergement est une priorité de l'association ''Fondation pour l'Education des Communautés''. Photo Christophe Gargiulo - CGF Foundation
Améliorer les conditions d'hébergement est une priorité de l'association ''Fondation pour l'Education des Communautés''. Photo Christophe Gargiulo
Remise de dons à la ''Fondation pour l'Education des Communautés'' par See Yew Ong (Malaisie). Photo Christophe Gargiulo - CGF Foundation
Remise de dons à la ''Fondation pour l'Education des Communautés'' par See Yew Ong (Malaisie).
Si la générosité des donateurs et des ONG partenaires a permis de mettre en route ces trois programmes, la ''Fondation pour l'Education des Communautés'' souhaite néanmoins lancer un appel pour permettre de finaliser et pérenniser ces projets: pour contacter l'association:
Ven. Suy Sovann, FEC Directeur
E-mail: sovann4u@gmail.com. Facebook: Wat Kraya
Website: http:// krayayouth.wordpress.com/
Tel No. (+855) 17338156/069510539 ou (+94) 772717797 (Sri Lanka)


Court-métrage : FLÛTE DE PAN HÊT HÔT - Kreung

Cette flûte de Pan en bambou en forme de radeau (hêt hôt) n’est à vrai dire pas tout à fait une flûte car il n’y a pas de lame d’air venant se briser sur un biseau durant le jeu. Elle est toutefois classée ainsi par l’organologie. La pratique de cet instrument féminin de divertissement est désormais rare. Un ostinato rythmique est réalisé avec le pouce par frottement de l’extrémité supérieure des deux tuyaux les plus graves. Le roulement de langue permet de renforcer la puissance sonore et de créer une sonorité originale.

Interprète : Mme Pang 
Une réalisation de Patrick Kersalé / © Patrick Kersalé 

Album photo: Quelques transports

Pays surprenant sous bien des aspects, le Cambodge est aussi un pays avec des habitants qui rivalisent d'imagination en matière de transports. A l'inverse de la ville et des grands axes, les routes de province sont souvent peuplées de tracteurs ou motoculteurs transformés à gré en charrette, transport en commun, souvent dangereux....ou en transport de marchandises.

Pays surprenant sous bien des aspects, le Cambodge est aussi un pays avec des habitants qui rivalisent d'imagination en matière de transports. A l'inverse de la ville et des grands axes, les routes de province sont souvent peuplées de tracteurs ou motoculteurs transformés à gré en charrette, transport en commun, souvent dangereux....ou en transport de marchandises.
Motoculteur transformé en atelier d’affûtage ambulant. KiamProd Photography 
Pays surprenant sous bien des aspects, le Cambodge est aussi un pays avec des habitants qui rivalisent d'imagination en matière de transports. A l'inverse de la ville et des grands axes, les routes de province sont souvent peuplées de tracteurs ou motoculteurs transformés à gré en charrette, transport en commun, souvent dangereux....ou en transport de marchandises.
Moto convoyeuse de maïs. KiamProd Photography 
Pays surprenant sous bien des aspects, le Cambodge est aussi un pays avec des habitants qui rivalisent d'imagination en matière de transports. A l'inverse de la ville et des grands axes, les routes de province sont souvent peuplées de tracteurs ou motoculteurs transformés à gré en charrette, transport en commun, souvent dangereux....ou en transport de marchandises.
Camion évitant une bicyclette. KiamProd Photography 
Pays surprenant sous bien des aspects, le Cambodge est aussi un pays avec des habitants qui rivalisent d'imagination en matière de transports. A l'inverse de la ville et des grands axes, les routes de province sont souvent peuplées de tracteurs ou motoculteurs transformés à gré en charrette, transport en commun, souvent dangereux....ou en transport de marchandises.
Motoculteur transformé en charette. KiamProd Photography 
Pays surprenant sous bien des aspects, le Cambodge est aussi un pays avec des habitants qui rivalisent d'imagination en matière de transports. A l'inverse de la ville et des grands axes, les routes de province sont souvent peuplées de tracteurs ou motoculteurs transformés à gré en charrette, transport en commun, souvent dangereux....ou en transport de marchandises.
Minoterie ambulante. KiamProd Photography

Cambodge - Portrait - Relire : Les Hommes du Mag

Sélection des portraits et interviews des hommes qui ont fait les meilleures lectures de Cambodge Mag. Découvrir Pierre-Yves Clais, San Kosal, Sorel Thongvan, Em Riem, Christopher Minko, Philippe Javelle, Jérémie Montessuis, Yuthica Hin pour cette première partie...

PIERRE-YVES CLAIS
Pierre-Yves Clais fait partie de ces personnages du Cambodge, dans le sens fort du terme. Rencontré une première fois dans les forêts du Ratanakiri pour un tournage, l'homme contait déjà beaucoup d'anecdotes souvent exclusives sur les dessous de quelques communautés. Homme...Lire la suite...

Pierre-Yves Clais
SAN KOSAL
‘’…Alors que je devais faire un choix pour mes études, j’avais déjà compris que le Cambodge aurait rapidement besoin de cadres supérieurs dans le secteur des services, c’est pour cette raison que je me suis orienté très tôt vers la banque et la finance…’’, annonce, tout souriant, dans un français parfait, et ravi de partager son parcours, San Kosal, Secrétaire Général du Crédit Mutuel Kampuchéa. Lire la suite...


San Kosal
SOREL THONGVAN
Sorel Thongvan est l'homme qui a récemment bousculé le monde des médias au Cambodge en lançant le premier magazine destiné aux homosexuels dans le royaume. Déjà à sa troisième édition, l'éditeur ne cache pas sa satisfaction et son bonheur. Mais derrière une publication divertissante et colorée, il y a un homme avec une histoire...long entretien plein de bon sens avec l'homme du magazine Q : Lire la suite...

Sorel Thongvan
EM RIEM
Artiste incontournable, les quelques articles consacré à ses travaux et expositions :

Em Riem
CHRISTOPHER MINKO
L’adaptation de musiques traditionnelles ou de folklore khmer est un exercice périlleux et, rares sont ceux qui, en dehors peut-être de Dengue Fever et Cambodian Space Project  parviennent à faire mouche et toucher une audience internationale. Krom fait partie des exceptions, avec un style de compositions orientées blues et des vocalistes cambodgiennes remarquables. Le groupe de Christopher Minko créée une atmosphère mélancolique, éthérée, diablement belle, quasi envoûtante. Lire la suite...

Christopher Minko
PHILIPPE JAVELLE
Première partie d'un long entretien avec Philippe Javelle, musicien professionnel qui anime la scène locale depuis quelques années déjà, sans passer inaperçu, tant par la qualité de ses prestations que par la passion entière qui l'anime. Aussi connu pour être un homme de convictions, Philippe Javelle aime à secouer le cocotier parfois avec des prises de position qui peuvent surprendre. Mais derrière l'homme de spectacle et le passionné se tient un véritable personnage, passionnant, emporté, et sans langue de bois. Dans cette première partie, Philippe Javelle retrace son parcours des jeunes années et son arrivée au Cambodge. Lire la suite / Lire la deuxième partie

Philippe Javelle. Photo C.Gargiulo
Philippe Javelle
JEREMIE MONTESSUIS
Jérémie Montessuis est le photographe devenu incontournable dans le paysage artistique de Phnom Penh. Arrivé au Cambodge il y a une dizaine d’année, il y a d’abord travaillé comme graphiste avant de se lancer complètement dans la photographie. Lire la suite...

Jérémie Montessuis 
YUTHICA HIN
Avec le sérieux et l’élégance traditionnelle qui caractérise les gens de son milieu et de sa génération, Yuthika Hin nous accueille dans son bureau  tamisé, sobre mais soigneusement décoré, du Crédit Mutuel Kampuchea (CMK) à Phnom Penh. En défroissant à peine un costume impeccable d’un délicat revers de main, Yuthika, Cadre de Direction de l’établissement mutualiste, lève légèrement les yeux, hésite un peu, comme pour se rappeler plus précisément les grandes étapes de sa vie qui l’ont amené à devenir banquier. Il esquisse un sourire, et se décide à nous raconter...La suite ici

Yuthika Hin


jeudi, mai 25, 2017

Vidéo - Histoire - Interview : Avec Bertrand Porte au sujet des Apsara de Groslier

Entretien vidéo avec Bertrand Porte du Musée National de Phnom Penh au sujet des photographies de Groslier découvertes et restaurées il y a quelques années seulement. Rappelons que ces photos seront exposées très prochainement à l'Institut Français.


Voir les vidéos :







Cambodge - Histoire - Ballet Royal (2) : Histoire des Photographies d'Apsara de Groslier

Au cœur du Ballet Royal 2


Extraits du script de la série télévisée réalisée par Christophe Gargiulo avec l’assistance de son Altesse le Prince Tesso Sisowathn, avec l’aide de la Francophonie et de l’ONG NKFC, Cambodge Mag vous propose de lire ou redécouvrir le script illustré de la deuxième partie de l'épisode intitulé ‘’Le temps des Découvertes’’.



Henri Mouhot
...Fin 1859, Mouhot part à la découverte du Cambodge. Il y rencontre l’abbé Sylvestre, qui évoque des ruines enfouies dans la forêt. Intrigué par les descriptions du missionnaire, le naturaliste part en sa compagnie à leur recherche. Lorsqu’il atteint le site d’Angkor, en janvier 1860, il connaît le choc de sa vie...Henri Mouhot raconte alors : ‘’ À la vue de ces temples, l’esprit se sent écrasé, l’imagination surpassée ; on regarde, on admire, et, saisi de respect, on reste silencieux; car où trouver des paroles pour louer une œuvre architecturale.aussi unique...on peut évaluer à plus de 3000 ans les édifices d’Angkor, et à peu près à deux mille celui des plus récents. ‘’. Une des premières rencontres marquantes de l’art cambodgien avec le monde occidental sera le voyage du roi Sisowath en France en 1906. Parti de Phnom Penh le 7 mai 1906, le roi et sa délégation arrivent à Marseille le 10 juin, à l’occasion de l’Exposition coloniale. Avec sa cour et les danseuses du Ballet royal, il poursuit vers Paris, et rencontrent les membres du gouvernement français. Chacune des apparitions publiques du monarque déclencha l’enthousiasme. Sa bonne humeur et ses manières élégantes charmèrent les foules. 

Le Roi Sisowat
Un théâtre de style cambodgien avait été aménagé pour recevoir les ballerines, mais le succès qu’elles rencontrèrent obligea de changer de lieu. Les représentations se déroulèrent alors sur la terrasse du Grand Palais de l’Exposition. Chaque soir, plus de trente mille parisiens se pressèrent autour de l’estrade où les formes idéales des merveilleuses danseuses ondulaient à la lumière des projecteurs. Ce fut du délire. On ne parla plus que du Cambodge, de son Roi et de ses danseuses. Le célèbre sculpteur français Auguste Rodin est ébloui. Il assiste à leurs spectacles à Paris et à Marseille, les suit partout pour les dessiner. Les petites danseuses, quasiment des enfants, sont capricieuses et Rodin ne cesse de leur faire de petits cadeaux pour les faire tenir tranquilles ne serait-ce que quelques instants.

Le sculpteur Rodin

C’est ainsi que, fasciné par la grâce des danseuses du ballet royal, Rodin exécutera plus d’une centaine de dessins et d’aquarelles a partir des poses des jeunes ballerines.Il dira ces mots restés gravés dans les mémoires : ‘’ "Ces Cambodgiennes nous ont donné tout ce que l'antique peut contenir ; leur antique à elles qui vaut le nôtre. Nous avons vécu trois jours d'il y a trois mille ans. Il est impossible de voir la nature humaine portée à cette perfection. Il n'y a eu qu'elles et les Grecs".

Aquarelle de Rodin
Georges Groslier, français né au Cambodge en 1887, premier conservateur du musée Albert Sarraut à Phnom Penh, était aussi un passionné du ballet royal. Certains de ses travaux furent publiés, d’autres viennent d’être découverts. Plus de 800 photos du ballet royal sont restaurées au musée de Phnom Penh. Comme le raconte Bernard Porte, du Musée de Phnom Penh: ''...Nous sommes en 1927 et, le roi Sisowath vient de mourir. Et, selon Georges Groslier, le Ballet Royal se portait mal. C’est sans doute ce qui a décidé cette campagne de photographies, cette volonté d’enregistrer un maximum de postures de danses.Par contre, il décrit les séances de pose, il décrit le caractère des danseuses, il parle de leur tenue vestimentaire. Il parle de leur rôle. Cela nous a permis d’identifier et de reconnaitre les danseuses. C’était assez émouvant. Ces photos ont été prises de manière très très simple. C’était le même parterre qu’ici avec des petites fleurs, le décor était extrêmement simple. Les ballerines étaient rassemblées tout autour, elles prenaient les postures à tour de rôle. Un appareil photographique très volumineux appelé ‘’chambre’’ était utilisés.Il y a eu une série de 900 clichés. C’était vraiment émouvant car ces photos ont été prises au même endroit ou nous travaillons aujourd’hui. C’est un témoignage mais ce sont aussi des clichés de toute beauté, d’une grande simplicité. D’une grande sobriété, très émouvantes. Pour le moment, nous n’avons pas de tirages de bonne qualité. Mais nous allons les numériser et obtenir des tirages de grande qualité, avec beaucoup de détail, beaucoup de précision, qui nous aideront à retrouver la vie de ces danseuses...''



Bertrand Porte, musée de Phnom Penh
''...Elles étaient voisines, elles venaient du Palais Royal et sont venues faire un petit tour au musée à l’initiative de Georges Groslier. Notre souhait serait de pouvoir les exposer ici à Phnom Penh. Plus tard, nous pourrions faire tourner cette exposition en Europe par exemple. Ce serait une autre manière de montrer les collections du musée de Phnom Penh à travers le ballet royal. En observant le Ballet Royal et ses danseuses, Georges Groslier écrivait aussi: "...La danseuse khmère est une actrice, une mime. Elle représente un personnage de légende. Elle exprime les sentiments et représente les actions que chante le chœur. Chaque phrase des chanteuses sollicite un geste ou détermine une attitude de la danseuse, toujours muette. Ces attitudes, ces gestes sont rituels, uniques et se sont transmis de génération en génération sans qu'il en existe une didactique, un modèle écrit et précis..."

Clichés d'Apsara par Georges Groslier

Exposition - Institut Français : Avec les danseuses royales du Cambodge

En 1927, George Groslier, directeur du musée National, entreprend pour conserver la mémoire des postures de danse du ballet royal, un exceptionnel travail de documentation photographique. Longtemps resté à l’écart, le corpus de négatifs sur verre a été récemment catalogué et numérisé. Venez le découvrir dans la galerie de l'Institut français !


Exposition conçue par le MNC et l’EFEO à Phnom Penh (avec le soutien de l’IFC et de l’UNESCO)
Vernissage jeudi 15 juin à 18h30
Expo jusqu'au 7 septembre 2017
Entrée libre


Siem Reap - Pont flottant : Inauguration en images

Mme Phoeurng Sackona , ministre de la Culture et des Beaux-Arts et présidente de l’Autorité APSARA, a honoré de sa présence la cérémonie d’inauguration du pont flottant devant le Temple d’Angkor Wat, dans la province de Siem Reap ce matin. Rappelons que ce pont est destiné à remplacer celui d'origine pendant la durée des travaux de restauration qui dureront quatre années. Reportage photographique par Hang Seak.










Environnement - Sanctuaire de Keo Seima : Espèces présentes mais menacées

Les images toutes récentes des caméras cachées installées dans le sanctuaire de Keo Seima (KSWS), dans les provinces de Kratie et Mondulkiri, confirment la nécessité de maintenir cette zone protégée pour de nombreuses espèces du Cambodge, indique un communiqué de presse de la Wildlife Conservation Society (WCS) publié ce matin.

Éléphant d'Asie
Les images capturées par les caméras montrent l'éléphant d'Asie, le Gaur, le Banteng, le Sambar, le cochon sauvage, le chat léopard, plusieurs espèces de Macaque, le porc-épic d'Asie de l'Est, la Civette, le Chevrotain, et plusieurs espèces d'oiseaux sauvages. En avril l'équipe de recherche et de surveillance de la faune de WCS avait placé des caméras cachées à proximité des trous d'eau naturels et des points de passage de la faune afin d'enregistrer les mouvements des mammifères sauvages et des oiseaux vivant dans ce sanctuaire. Cette étude visait à vérifier la présence de la faune, difficile à observer dans cette zone.

Le Gaur
"...Cette étude confirme de nouveau que des espèces sauvages vivent toujours dans KSWS, ce qui en fait une zone protégée primordiale au Cambodge pour la conservation de la faune...", a déclaré M. Sot Vandoeun, chef de l'équipe de recherche et de surveillance de la faune au sein de la WCS. Le sanctuaire de Keo Seima est d'une importance vitale pour la conservation des primates, les chats sauvages, les éléphants asiatiques, le bétail sauvage et plusieurs espèces d'oiseaux . Cependant, ces espèces sont menacées par le braconnage et la perte d'habitat, et il s'avère nécessaire de prendre des mesures de protection en toute urgence, indique la WCS.

Cochons sauvages
"...Le renforcement de l'application de la loi est essentiel pour assurer la survie de ces espèces dans le sanctuaire de Keo Seima. Nous avons besoin du gouvernement et des communautés locales pour travailler ensemble afin de réduire les menaces qui pèsent sur les forêts et les ressources fauniques du sanctuaire...", a ajouté M.. SotVandoeun : "...Tous les Cambodgiens peuvent également jouer un un rôle clé dans la conservation de la faune en refusant d'acheter et de manger de la viande sauvage...", conclut-il, plutôt optimiste...