Cambodge Mag

Premier magazine francophone au Cambodge

Cambodge Mag

Premier magazine francophone au Cambodge

Cambodge Mag

Premier magazine francophone au Cambodge

Cambodge Mag

Premier magazine francophone au Cambodge

Cambodge Mag

Premier magazine francophone au Cambodge

vendredi, mars 17, 2017

Jeu concours – CMK – Phnom Penh : Un Air de Photographie au CMK

Une vingtaine de commerçants et d’artisans, du quartier d’Ang Doung à Phnom Penh, se sont retrouvés vendredi dernier dans les locaux de la toute nouvelle agence du CMK située rue 110, à l’occasion du lancement d’un jeu concours organisé par l’équipe de l’établissement financier. L’idée est originale, les commerçants travaillant dans les environs se sont vu proposer d’être photographiés sur leurs lieux de travail.

Le propriétaire d’I Photo Cambodia et son épouse devant leur photographie en compétition
Le propriétaire d’I Photo Cambodia et son épouse devant leur photographie en compétition
Les photographies sont alors exposées dans le hall de l’agence CMK, montrant vendeurs de vêtements, restaurateurs, négociants en vins, stylistes, photographes…et d’autres qui officient dans le quartier, et qui ont accepté de participer au concours photographique.

La quasi-totalité des commerçants avait répondu présent pour le cocktail de lancement du concours
La quasi-totalité des commerçants avait répondu présent pour le cocktail de lancement du concours
Les clichés seront exposés pendant quatre semaines, et des bulletins sont mis à la disposition du public qui désignera alors la meilleure photographie parmi la vingtaine exposée. A l’issue du vote final, les heureux lauréats se verront offrir  un voyage et séjour pour deux personnes en avion à Siem Reap, dans un hôtel de luxe.

Propriétaire et employées d’Ellis Wine Shop and Soft Drinks devant leur photographie en compétition
Propriétaire et employées d’Ellis Wine Shop and Soft Drinks devant leur photographie en compétition
Il y aura également un tirage au sort avec les bulletins restants lors du dépouillement, et le ou les gagnants se verront offrir le même cadeau que le vainqueur du concours.

Em Riem et la princesse Sylvia Sisowath du CMK
Em Riem et la princesse Sylvia Sisowath du CMK
Si cet évènement vise à favoriser la synergie entre les commerçants de cette zone, leurs clients et la nouvelle agence du CMK, l’idée a particulièrement été bien perçue, la quasi-totalité des participants avait répondu présent et tous se sont montrés ravis de l’initiative et plutôt fiers de voir leurs portraits et la photo de leurs commerces affichés dans le hall d’une agence du CMK. ‘’…Commerçants et artisans d’Ang Doung à Phnom Penh sont devenus ainsi les ambassadeurs et les principaux relais de la communication et du développement de cette agence…’’, confiait Michel Kindbeiter, Directeur du CMK au Cambodge et à l’origine de l’idée du concours.

Michel Kindbeiter, avec les cadres du CMK, explique les modalités du concours aux participants
Michel Kindbeiter, avec les cadres du CMK, explique les modalités du concours aux participants
Navan Phone & Accessories Shop
Navan Phone & Accessories Shop
Pour ceux qui souhaiteraient découvrir cette exposition originale, participer au vote et découvrir la nouvelle agence du CMK, l’adresse est la suivante :

CMK Preah Ang Duong

No. 171-173, rue  110, Sangkat Wat Phnom, Khan Daun Penh, Phnom Penh, Cambodge
Tel / Fax 023 724 226, 077 400 315. Email: pad@cmk.com.kh

La nouvelle agence du CMK
La nouvelle agence du CMK


dimanche, mars 05, 2017

Interview - Affaires - Cambodge : Arnaud Darc, entre projets et passion

Entretien avec Arnaud DARC, patron du groupe Thalias (Topaz, Malis, Arunreas et Khéma), au cours duquel l’homme d’affaires fait le point sur les résultats et projets du groupe, se confie sur les priorités qu’il se donne comme président d’Eurocham et nous livre aussi quelques détails sur le personnage privé. 

2016 vient de se terminer, êtes-vous satisfait ? Le concept de cuisine de qualité que vous avez développé au cours des années, est-il toujours aussi porteur ?
Je pense qu’il y a eu de gros progrès dans le secteur de la restauration en général au Cambodge, et c’est une bonne chose. Cela contribue à améliorer très sensiblement l’image du Cambodge comme destination touristique. Chez Thalias, nous poursuivons notre démarche qualitative, mais une démarche réaliste, nous faisons de notre mieux, avec nos moyens et en tenant compte du contexte. C’est vrai qu’il y a beaucoup de nouvelles ouvertures, cela n’affecte pas réellement le développement de la fréquentation de nos établissements, peut-être de façon ponctuelle, lors d’une nouvelle ouverture par exemple mais, globalement, la fréquentation de nos restaurants et de notre hôtel connait une courbe de croissance régulière et très satisfaisante. Quant aux nouveaux établissements qui ouvrent, les touristes qui viennent ont ainsi plus de choix et je trouve cela bien. Enfin, le restaurant Topaz va prochainement recevoir de la part du Ministère du tourisme sa classification cinq étoiles, et cela est une très belle reconnaissance du travail de qualité effectué par l’équipe qui anime ce restaurant. 

Arnaud DARC, patron du groupe Thalias (Topaz, Malis, Arunreas et Khéma)
Arnaud DARC, patron du groupe Thalias (Topaz, Malis, Arunreas et Khéma)
La métamorphose très rapide du Cambodge vous oblige-t-elle à vous adapter ?
A l’évidence, oui. Nous avons un nombre de visiteurs chinois qui croit régulièrement, et il est nécessaire de s’adapter, c’est une clientèle qui aime se retrouver autour d’une bonne table française ou cambodgienne, mais ils apprécient de pouvoir bénéficier d’un service dans leur langue et d’avoir des interlocuteurs qui les comprennent. Il est donc utile d’avoir une partie de notre personnel qui soit capable d’accueillir ce type de clientèle, donc de parler leur langue, d’être à l’écoute de leurs attentes, oui il faut s’adapter et nous y travaillons. 

Vous avez développé un concept d’hôtel de luxe couplé à un restaurant (Khéma – Arunreas), qui marche bien auprès de la clientèle d’affaires, allez-vous étendre ce concept ?
Oui. Les deux concepts fonctionnent bien. Khéma est aujourd’hui plus qu’un point de vente, c’est devenu une marque reconnue et plutôt appréciée. Il est très probable que nous étendions la ‘’marque’’ dans les deux autres grandes villes du pays et peut-être aussi à Phnom Penh. Quant à Arunreas, le concept assez original que nous avions imaginé, un hôtel pour la clientèle d’affaires mais bâti en tenant compte de l’esprit et de la culture khmère  est très bien perçu. Je crois aussi que la qualité haut-de-gamme des services que nous proposons à cette clientèle, et qui reste dans la fourchette des prix habituellement pratiqués dans ce secteur, contribue largement au joli succès d’Arunreas. Nous cherchons d’ailleurs à agrandir l’Arunreas existant à Phnom Penh et, bien sûr, nous envisageons très sérieusement d’en ouvrir un à Sihanoukville et un autre à Siem Reap. Les projets sont prêts, nous travaillons actuellement sur les emplacements et sur les financements. 

D’autres projets en cours ?
Dans un proche avenir, en avril de cette année très certainement, nous allons ouvrir un établissement qui s’appellera ‘’La Poste’’, et qui sera situé en face du Ministère de la Poste et des télécommunications à Phnom Penh. Ce sera une brasserie inspirée du modèle français, mais qui proposera aura aussi à la carte une sélection  des meilleures spécialités khmères. Nous proposerons aussi à notre clientèle un petit voyage culturel et vintage avec une décoration faite de cartes postales anciennes, de posters de l’époque, et même de lettres du début du siècle dernier.

Vous avez opéré un petit changement identitaire (Thalias – Thalias Hospitality), allez-vous étendre les activités du groupe à d’autres domaines ?
Nous avons voulu tout simplement redonner un graphisme, une image, un reflet  un peu plus ‘’corporate’’ à notre logo et donc à notre groupe. Cette nouvelle identité visuelle n’est qu’une volonté de renforcer notre identité en tant que groupe d’affaires spécialisé dans la restauration et l’hôtellerie. Nous avons eu quelques remarques concernant notre précédent logo qui n’était, apparemment,  pas assez explicite sur notre activité professionnelle.

Vous êtes devenu président d’Eurocham, la chambre est devenue très active avec beaucoup d’actions de communication et d’informations pratiques. Était-ce un projet qui vous tenait à cœur ou est-ce la conjoncture qui vous l’impose ?
Sincèrement, je ne suis qu’un maillon dans l’évolution du travail effectué par Eurocham depuis le départ. S’il nous est possible de travailler beaucoup plus sur l’information vers les entreprises aujourd’hui, c’est parce que nous avons une équipe de professionnels plus étoffée grâce à un financement européen. Dans un pays qui évolue en permanence il est important d’aider nos membres, les adhérents d’Eurocham, en les informant de façon efficace sur l’ensemble des mesures qui touchent à la vie de l’entreprise, que ce soit pour une entreprise installée ou un nouvel arrivant. Sur bien des aspects, la réglementation, les taxes, l’environnement business, nous souhaitons qu’Eurocham puisse fournir une aide précise, complète, une information professionnelle et constamment actualisée vers ses adhérents, c’est sa vocation première. C’est pour cela que nous avons pratiquement un évènement par semaine, en raison de la réglementation et de l’environnement d’affaires qui évoluent très rapidement dans le royaume ces derniers temps.

Un landmark dans vos interventions reste le forum de Sihanoukville, êtes-vous optimiste sur cette volonté de développement plus régulé ?
Oui. Je crois même que la démarche de proposer un cadre de développement plus rigoureux, et susceptible de participer à un développement touristique et donc économique, aurait pu être enclenchée plus tôt. Mais, le principal  est que le processus ait pu démarrer. Un cadre juridique bien pensé, qui tient compte des spécificités environnementales, des cadres de vie, des contraintes de destination touristique, et qui est respecté, doit être amélioré et mis en application rapidement. Imaginez-vous en train de construire un resort de luxe au bord de mer et voir ensuite les bulldozers arriver pour construire des tours en face de vos bungalows…non…c’est ce type de mésaventure que nous voulons éviter. Et le forum a été l’occasion de constater qu’il y avait un large consensus sur cette priorité, et une volonté partagée par le Ministre du tourisme également.  J’ajouterais aussi que les mesures que nous voulons mettre en place pour garantir un développement touristique de façon pérenne et harmonieuse devront être appliquées pour tous les projets de construction quel que soit l’origine des investisseurs. Quant aux mutations que connaîtra la région côtière, ce n’est qu’une logique que nous avons déjà pu observer chez nos voisins thaïlandais. D’abord destination privilégiée des backpackers, donc des petits budgets, les stations balnéaires se sont modernisées, ont évolué vers une destination pour une clientèle plus aisée, et sont devenues un pan entier de l’économie thaïlandaise. Je pense que cette logique s’applique aussi au Cambodge. La destination côtière est très intéressante économiquement. A l’inverse des temples qu’on ne visite qu’une fois en général, sur des séjours plutôt courts, la plage est un endroit où l’on revient régulièrement, et pour des séjours plus longs, je crois d’ailleurs que la moyenne thaïlandaise est de neuf jours.

Comme tous les gens qui réussissent, vous êtes respecté. Toutefois comme de nombreux dirigeants d’organismes consulaires, cela suscite parfois quelques critiques.
C’est normal, j’ai déjà entendu ces critiques…Mais il est normal que les professionnels d’un secteur s’investissent dans des activités consulaires, pour leur intérêt propre et pour celui de la communauté d’affaires qui travaille dans ce secteur. Je n’invente rien en disant que l’union fait la force et qu’il est préférable de travailler ensemble au sein d’organismes comme les chambres de commerces ou les associations. Si je pense que des actions ou des mesures vont être bénéfiques pour mon entreprise, elles le seront aussi, probablement, pour mes concurrents ou collègues et il est logique de les proposer et d’en débattre entre professionnels. Mieux vaut se partager un gâteau que nous essayons tous de faire grossir plutôt que de se chamailler autour de celui qui ne change pas de taille…

Arnaud DARC, patron du groupe Thalias
Arnaud DARC, patron du groupe Thalias 
Comment se déroule la journée d’Arnaud Darc ?
Elle commence à 5h30 et se termine aux alentours de minuit…J’ai un emploi du temps très chargé, d’abord par mon activité professionnelle, par mon travail au sein d’Eurocham et d’autres associations professionnelles, et en raison de beaucoup de sollicitations également. Je passe énormément de temps en rendez-vous. Mes déjeuners et dîners ne sont plus des « pauses », ce sont fréquemment des repas d’affaires. Toutefois, depuis quelque temps, je me réserve mes dîners en famille. 

Qu’est-ce qui vous pousse à continuer, ambition, passion, l’expérience unique ?
La passion évidemment…j’aime mon travail et, j’en ai déjà parlé auparavant, Thalias a débuté comme une petite structure. Il y a aujourd’hui 500 employés dont certains sont les enfants de ceux que j’ai embauchés au tout début. Certains de ces derniers n’avaient pas de situation, venaient de milieux difficiles, ils sont à présent bien installés et fiers de travailler pour Thalias, et encore plus fiers que leurs enfants y travaillent également. Le coté familial du début s’est un peu effacé, nous sommes beaucoup aujourd’hui, mais une vraie culture d’entreprise s’est développée. Nous avons eu récemment notre dîner annuel en présence de l’ensemble des collaborateurs et employés du groupe et c’était une très belle satisfaction de voir tout ce monde-là réuni, heureux et fier. Ça, c’est une vraie, belle, et immense satisfaction.

Jamais eu envie de changer de domaine ?
Non, je suis né dans un hôtel, littéralement, et, malgré les conseils de mes parents, j’ai toujours voulu continuer dans cette branche et je m’y suis immergé professionnellement très jeune, dès l’âge de quinze ans. Ceci dit, j’ai un Master en Management et je reste ouvert à d’autres opportunités.

Savez-vous cuisiner ?
Oui, et j’adore cela…

Qu’est-ce qui énerve le plus Arnaud Darc ?
J’aime résoudre les conflits sereinement, si j’estime que les conditions idéales à leur résolution ne sont pas réunies je m’attache à ce qu’elles le soient dans un premier temps avant d’essayer de trouver une solution. Si je devais citer des défauts qui me déplaisent profondément : la vulgarité, le manque de respect envers autrui, l’emportement et la malhonnêteté intellectuelle. Je peux en accepter des manifestations accidentelles une fois si c’est une réaction de défense, parfois compréhensible, mais pas de façon répétée ou caractérisée.

Vos passions personnelles ? 
Mon travail…(Sourire)…encore une fois, j’adore mon métier. Je n’ai plus le temps de lire ni trop de regarder des films, mais j’arrive à regarder quelques séries. J’ai bien rigolé avec Boston Legal, j’ai adoré les dialogues dans West Wings. Quant au cinéma, je suis de la génération de ceux qui aimaient surtout Lelouch, Truffaut et Sautet.

Vous êtes relativement discret sur le ‘’personnage privé’’ Arnaud Darc, volonté délibérée, manque de temps ou l’occasion ne s’est jamais présentée ?
Ma famille, étendue à mes amis les plus proches, compose un tout petit cercle fermé qui, en fait, constitue mon jardin secret. J’ai un compte Facebook sur lequel je poste ou partage des informations que j’estime intéressantes et qui font partie de ma vie publique. 

Pourquoi vous aimez le Cambodge ?
Parce que les Cambodgiens sont des gens uniques que j’aime. Ils ont envie d’apprendre, ils sont capables de loyauté, de fidélité et on parfois cette naïveté saine qui m’apporte un regard plus simpliste sur le temps qui passe. Il y a beaucoup de choses à dire sur ce qui s’est passé il y a quarante ans et les conséquences encore perceptibles aujourd’hui, bien sûr, mais le côté positif des Cambodgiens est celui que j’aime à retenir. Le Cambodge est aussi un pays où il est relativement facile de s’installer et d’entreprendre. Il n’y a pas tant de contraintes que cela, à l’inverse de certains pays voisins ou même ailleurs. Cela favorise la libre entreprise et l’initiative. 



mardi, février 28, 2017

Cambodge - Eurocham - Débat : Les nouveaux challenges économiques du royaume

Depuis le premier juillet 2016, le Cambodge est passé de la catégorie des pays à faible revenu à celle des pays à revenu intermédiaire inférieur, une classification établie par la Banque Mondiale et dont le critère d'évaluation est le revenu moyen annuel par habitant. A rappeler que la classification attribuée au Cambodge correspond à celle des pays dont la tranche de Revenu National Brut par habitant est comprise entre 1026 et 4035 dollars US par an. Si cette information a eu peu d'impact auprès de la population, pour l'instant, elle fait néanmoins la fierté des décideurs car cela témoigne d'un certain succès dans la réduction de la pauvreté et dans les efforts visant à améliorer le revenu moyen par habitant. 

Les nouveaux challenges économiques du royaume
Débat  : Les nouveaux challenges économiques du royaume
Toutefois, cette nouvelle classification pourrait rapidement devenir un véritable challenge pour le pays dans les années à venir car, un certains nombre de facteurs qui ont largement contribué au développement économique rapide et spectaculaire du royaume, tels l'aide internationale, les traitements commerciaux préférentiels à l'export, les possibilités d'emprunt auprès des grandes institutions, le contexte favorable à l'agriculture et l'abondance d'une main d'oeuvre bon marché, risquent de ne plus être les principaux éléments déterminants pour une croissance économique pérenne. Une série de réformes et un besoin de diversification dans les industries leaders deviennent des priorités pour que le royaume du Cambodge puisse soutenir bien davantage son propre développement par les échanges et l'investissement.

Revue économique : Rester compétitif en devenant un pays à revenu intermédiaire inférieur...était le thème d'un déjeuner-débat organisé par Eurocham ces jours-ci, réunissant plus d'une centaine de dirigeants d'entreprises dans les salons du Sofitel. Cette rencontre était animée par Miguel Eduardo Sánchez, analyste économique senior à la Banque Mondiale, et fort d'expériences solides en matière de développement économique, de commerce extérieur et de politique budgétaire dans les pays du sud. L'économiste de la Banque Mondiale a d'abord proposé un exposé assez technique et plutôt bien abondé en statistiques concernant les principaux secteurs d'activité du Cambodge, a souligné ensuite les principaux besoins de réformes avant de se prêter enfin au jeu des questions-réponses.

Miguel Eduardo Sánchez, analyste économique senior à la Banque Mondiale.
Miguel Eduardo Sánchez, analyste économique senior à la Banque Mondiale.
Au cours des deux dernières décennies, le Cambodge a été la septième économie à la croissance la plus rapide au monde, et la deuxième en termes d'exportations de biens et de services. Le succès a été stimulé par une combinaison de facteurs, mentionnés dans notre introduction, qui ont stimulé la croissance mais sur lesquels le Cambodge ne pourra peut-être plus compter à lavenir. Concernant l'évolution de la part des secteurs d'activité qui ont contribué à la croissance du PIB entre 1994 et 2015, le schéma ci-dessous montre bien les fluctuations des rôles joués par chacun des secteurs, avec une diminution significative de la part des revenus agricoles (en gris), une relative stabilité de celle du textile (en jaune), et une stabilité également des services qui comprennent tourisme transports, santé, divertissement, formation et secteurs financier (en bleu foncé). On remarque enfin la part croissante de la construction et de l'immobilier (en vert) globalement entre 1995 et 2015, avec toutefois des amplitudes plutôt impressionnantes...ce qui ne sera une surprise pour personne.

La contribution des différents secteurs à la croissance du PIB. Source Comptabilité Nationale
La contribution des différents secteurs à la croissance du PIB. Source Comptabilité Nationale
Parmi les facteurs qui ont largement favorisé et stimulé la croissance ces dernières années, Miguel Eduardo Sánchez mentionne également la progression rapide des exportations de biens et services (+ 19,6%), l'ouverture de marchés à l'export avec des conditions avantageuses, la mise en place de régulations dans les secteurs de la banque, des services financiers et des conditions d'investissement. A rappeler également l'abondante aide étrangère, l'ouverture aux capitaux étrangers avec un environnement favorable pour les investisseurs étrangers, et l'absence d'interventionnisme dans les prix de vente du secteur agricole .

Agriculture traditionnelle au Cambodge
Agriculture traditionnelle au Cambodge
Ce qui pourrait changer parmi quelques-uns de ces facteurs, indique l'économiste, serait le besoin pour l'agriculture cambodgienne de se diversifier et d’accroître ses rendements au lieu de poursuivre une politique d'expansion foncière au détriment d'une agriculture intensive. Cela induirait de meilleurs schémas d'irrigation, une collaboration entre le public et le privé pour la recherche de technologies productives adaptées au pays, plus de mécanisation et l'introduction de nouveaux standards en matière d'image et de marques, permettant au Cambodge de développer une identité ''produits'' plus performante. Enfin, le niveau des salaires et la tendance à la hausse susceptibles d'obérer le modèle low-cost (bon marché) développé pour l'export, et la réduction des aides non-remboursables au bénéfices de prêts sont autant de facteurs pouvant influer à terme sur l'avenir économique du pays. 

Ouvrières du textile au Cambodge
Ouvrières du textile au Cambodge
Au sujet des exports, il est à souligner que, contrairement à ses voisins, le Cambodge concentre 80% de ses exportations dans le textile et la chaussure, une tendance qui ne s'est jamais infléchie depuis 1999. Les débouchés à l'export restent concentrés sur quelques clients et, le secteur bénéficie de traitement préférentiel de la part de l'Union Européenne, des USA, de la Chine, du Japon, du Canada et de l'ASEAN. Et, les incertitudes demeurent quant au maintien de ces conditions avantageuses même si leur attribution ne dépend pas directement de la Banque Mondiale. Enfin, Miguel Eduardo Sánchez avance le manque de produits nouveaux dans ce secteur, le taux de ''renouvellement-produit'' étant tombé de 25 à 10% seulement ces dernières années. Sont avancées également la parité Dollar - Euro et la dépendance du secteur aux matières premières importées qui risquent de pénaliser le développement.

Parmi les participants du débat, Arnaud Darc, George Edgar, Anthony Galliano et Miguel Eduardo Sánchez
Parmi les participants du débat, Arnaud Darc, George Edgar, Anthony Galliano et Miguel Eduardo Sánchez
Si des progrès notables sont constatés en matière d'environnement d'affaires, la création d'entreprise reste soumise à des formalités plutôt souples et les taxes restent à un niveau intéressant pour les investisseurs, le Cambodge doit encore surmonter quelques obstacles dans ce secteur. Les ''pratiques informelles'' durant l'enregistrement d'une société restent encore à un niveau élevé, les transports et la logistique sont encore perfectibles alors que le Cambodge propose un coût d'export au container raisonnable mais supérieur à ses voisins asiatiques : 795$ US, contre 595 en Thailande (le plus bas), 610 au Vietnam et 620 au Myanmar. Le tableau ne serait pas complet sans mentionner le problème de l'énergie, en particulier l'électricité qui reste parmi la plus chère du Sud-est asiatique, le manque de recherche et de développement, les technologies de pointe limitées et le manque de scientifiques et d'ingénieurs et aussi de main d'oeuvre qualifiée...Pour conclure sur ces éléments qui méritent une attention toute particulière, Miguel Eduardo Sánchez mentionne le manque d'épargne dans le pays et la progression encore faible des dépôts domestiques. Alors que la bancarisation connait quelques progrès, elle demeure, aussi, insuffisante.

Concernant les finances publiques, l'économiste a mis en avant les efforts du gouvernement pour implémenter plus efficacement la collecte des impôts et taxes qui a permis de réduire l'impact du déclin des aides étrangères, déjà amorcé. Bonne tenue des finances publiques annoncée, avec des augmentations de salaire pour les agents de l'état et des dépenses globales contrôlées, masse monétaire disponible en augmentation avec l'afflux d'investissements directs mais une dollarisation accrue, augmentation significative des emprunts par le secteur privé encouragée par un accès plus facile au crédit sont aussi des tendances avancées par la Banque Mondiale, et pour lesquelles il est souhaitable d'introduire un peu plus de régulation et des clignotants notamment dans la gestion du risque financier, des garanties d'emprunt et des mesures conservatoires en cas de risque d'insolvabilité.

Miguel Eduardo Sánchez
Miguel Eduardo Sánchez
En réponse à quelques questions après son exposé, l'analyste de la Banque Mondiale n'a pas manqué de faire valoir son optimisme même si : ''...Les projections et analyses que nous proposons sont basées sur des modèles déjà connus avec d'autres pays ayant changé de statut, il y a des facteurs récurrents, mais il n'y  a pas de solution universelle ni de recette miracle. Je pense que le Cambodge est à même d'opérer sa transition et de relever les challenges à venir, cela prendra quelques années, peut-être dix, mais c'est tout-à-fait possible...''.

Débat  : Les nouveaux challenges économiques du royaume
Débat  : Les nouveaux challenges économiques du royaume


samedi, février 25, 2017

Siem Reap : Marionnettes géantes dans les rues

Le onzième projet annuel de marionnettes géantes - Giant Puppet Project - a eu lieu récemment à Siem Reap, L'événement a été fondé en 2007 par Jig Cochrane, Stuart Cochlin et Sasha Constable, et est actuellement mené par Cochlin, un architecte britannique basé à Siem Reap. Chaque année, de jeunes artistes cambodgiens travaillent en collaboration avec plus de cinq cent enfants pour créer des marionnettes géantes animées.

Illustration de la fable du vieil homme et du crocodile
Les enfants sont rassemblés par des ONG locales qui travaillent avec des orphelinats, des handicapés physiques et des enfants défavorisés. Le projet vise à sensibiliser la population à la santé, à la pauvreté et à l'environnement, certaines marionnettes représentent alors des espèces menacées. Les enfants participent à des ateliers d'une semaine, construisent des marionnettes et défilent fièrement avec ces créatures dans le centre de Siem Reap., pour la plus grande joie des habitants.

La déesse à tête de serpent

Cambodge - Tourisme - Voyage : Le charme presque discret de Koh Kong

Niché dans un coin presque oublié au pied des monts Cardamomes, à la frontière avec la Thaïlande, et surplombant les eaux bleues du golfe, Koh Kong a été longtemps sous-estimée comme destination, mais lentement, lentement cela commence à changer. Il faut le dire, Koh Kong est assez calme. Il n'y a pas de bars à cocktails, seulement quelques restaurants amusants, et la vie nocturne y est plutôt limitée. La faune par contre, est plus intéressante et il y a beaucoup à explorer dans les collines derrière, surtout le long de la rivière Tatai.

Le charme de Koh Kong
Le charme de Koh Kong. Photographie par Charles Pieters
A Koh Kong, il y a  une avifaune abondante, qui vous garantit la fraîcheur des poissons et produits de la mer qui vous seront servis. Nous avons vraiment apprécié Crab Shack, sur le côté thaïlandais du pont long de deux kilomètres qui relie Koh Kong avec la péninsule menant à travers la Thaïlande. La Thmorda Crab House est peut-être un peu moins enthousiasmante mais située dans un bel endroit avec des cabanes flottantes sur la rivière où l'on vous servira un énorme menu de plats de crabe, de spécialités khmères et thaïlandaises. En plus des repas, La Thmorda Crab House propose aussi des kayaks à la location. Si vous ne voulez pas faire le chemin jusque là , alors les étals de nourriture mis en place tous les soirs le long de la promenade sont un excellent endroit pour profiter de quelques calmars grillés, crustacés et autres produits frais.

Le charme de Koh Kong. Photographie par Charles Pieters
Derrière la ville de Koh Kong, les Monts Cardamomes vous ramènent dans la campagne, remplie de vie, de mystère et aussi d'un barrage hydroélectrique étrange. Plusieurs compagnies touristiques organisent des excursions à pied ou en moto dans les forêts, mais notre préféré était la visite que nous avons faite avec le geek et le passionné de nature du Rainbow Lodge : Gerard Chartier. C'est un homme dont la passion est contagieuse. Préparez-vous à être émerveillé par les insectes que vous n'avez jamais vu auparavant, et d'autres auxquels  vous avez peut-être  un peu trop pensé (merci les araignées).

Le charme de Koh Kong. Photographie par Charles Pieters
Le long de la rivière Tatai, incroyablement belle, la cascade Tatai est une attraction populaire pour les touristes et les Cambodgiens. Il y a une douzaine de tour-opérateurs à Koh Kong qui seront heureux d'organiser des voyages à la rivière Tatai et ses cascades, ainsi que du trekking dans la jungle toute proche. N'oubliez pas d'apporter votre appareil photo. Koh Kong même, il n'y a pas grand-chose à faire, mais c'est une jolie ville dont les rues sont à découvrir avec beaucoup de jardins et maisons agréables, pour ceux qui aiment ce type de promenade. Le marché est rempli des produits habituels, mais on y trouve aussi aussi un atelier d'or apparemment prospère où vous pouvez regarder les pièces se faire marteler, souder, graver et polir avant d'être finalement mises en vente.

Le charme de Koh Kong. Photographie par Charles Pieters
Et là où il y a la mer, il y a toujours la plage. Les aventuriers peuvent faire une excursion d'une journée à Koh Kong Island, un endroit charmant avec la possibilité de faire un peu de plongée avec masque et tuba. Toutefois, les tour-opérateurs devraient faire quelque chose pour nettoyer les ordures derrière la plage, qui ternissent l'éclat d'un endroit aussi idyllique. Plus près de Koh Kong, la plage de Koh Yor se trouve du côté thaïlandais du pont Koh Kong - traversez le pont, puis tournez à gauche au rond-point de Bouddha. La plage est à environ deux kilomètres seulement à l'est de là.

Le charme de Koh Kong. Photographie par Charles Pieters
Par Nikki - Thalias


Cuisine - Cambodge : A propos du prahok (ប្រហុក)

Si on devait mentionner un seul ingrédient vraiment emblématique de la cuisine cambodgienne, ce serait sans aucun doute possible le prahok (ប្រហុក), cette pâte de poisson fermentée, à la très forte odeur (certains diront même que le prahok est malodorant, au point que les Américains l’appellent parfois « fromage de poisson » – fish cheese, ou « fromage cambodgien »). On compare parfois le prahok au garum des Romains, ou au pissalat du sud de la France.

Les poissons utilisés pour le prahok sont écaillés, vidés, étêtés, nettoyés, et réduits en pâte par piétinement
Le prahok peut être fabriqué à partir de diverses espèces de poissons d’eau douce. Il s’agissait en fait à l’origine de conserver plus longtemps le poisson, à une époque où les congélateurs et les boîtes de conserve n’existaient pas. Mais aujourd’hui, la principale espèce de poisson qui sert à fabriquer est le fameux poisson « riel » (ត្រីរៀល), si fameux que c’est ce poisson qui a donné son nom à la monnaie cambodgienne : le riel (រៀល, symbole : ៛). Les poissons utilisés pour le prahok sont écaillés, vidés, étêtés, nettoyés, et réduits en pâte par piétinement (ce sont les femmes ou les enfants qui en général piétinent le prahok). Mais la mécanisation a fait son apparition, et aujourd’hui le prahok est parfois confectionné mécaniquement. La pâte de poisson est laissée à fermenter dans des jarres où alternent couches de poisson et couches de sel. Il est consommable au plus tôt après une vingtaine de jours de fermentation, et le prahok de bonne qualité peur se conserver de un à trois ans.

Il se présente le plus souvent sous la forme d’une pâte brunâtre ou grisâtre
Il se présente le plus souvent sous la forme d’une pâte brunâtre ou grisâtre
Le prahok peut se vendre en vrac sur les marchés, ou en bocaux dans les boutiques et supermarchés. Il se présente le plus souvent sous la forme d’une pâte brunâtre ou grisâtre, mais on en trouve aussi du blanc. Le prix de vente du prahok dépend du poisson avec lequel il a été réalisé, mais il peut être très élevé. Sur le Marché Central (ផ្សារថ្មី) de Phnom-Penh, le prix du prahok blanc servant à réaliser le « prahok khtis »  atteignait près de 10 dollars américains le kilo, il y a 7 ans...

Malgré sa forte odeur, qui fait parfois grimacer même les Cambodgiens, ce condiment a sa place dans toutes les cuisines cambodgiennes. Il est fréquemment utilisé pour parfumer les soupes, ou pour réaliser des sauces dans lesquelles on peut tremper des légumes frais ou du bœuf grillé, par exemple. Il n’est généralement pas consommé cru, d’une part en raison de sa saveur très forte, et d’autre part pour des raisons sanitaires (avec le temps, le prahok peut se gâter). Le prahok peut également être consommé grillé, enveloppé dans une feuille de bananier, ou être employé comme condiment dans un plat tel que le « prahok khtih » (ប្រហុកខ្ទិះ), plat cambodgien très populaire. Il entre également dans la composition de divers plats cuits à la vapeur. Vous pourrez par exemple déguster une excellente « terrine de prahok et de porc » au restaurant Romdeng, à Phnom-Penh.

Quand on hume le prahok, on peut avoir peur que son odeur « pestilentielle » contamine les plats que l’on prépare, mais il agit en fait plutôt comme un exhausteur de goût, et se marie généralement à merveille avec les autres ingrédients avec lesquels il est utilisé.
Par et avec l'aimable autorisation de Pascalkh - Sinogastronomie


Beauté du Jour : Sreyline Vann Bacha

Beauté sans fards, rayonnante et pleine de sourires, Sreyline Vann Bacha lors de la soirée networking organisée au Topaz à Phnom Penh.

Sreyline Vann Bacha
Sreyline Vann Bacha. Photographie par Christophe Gargiulo

vendredi, février 24, 2017

Phnom Penh - Environnement : Les entreprises françaises au Cambodge mobilisées

L’ambassade de France au Cambodge et Business France ont organisé, le 24 février 2017, un colloque technique franco-cambodgien sur le thème de la ville durable, ouvert par l’Ambassadeur de France au Cambodge, M. Jean-Claude POIMBOEUF, le Ministre de l’Environnement, Son Excellence M. SAY Sam Al, et le Vice-Gouverneur de Phnom Penh, Son Excellence M. TRAC Thai Sieng, en présence de plus d’une cinquantaine de décideurs publics et privés.

Son Excellence M. SAY Sam Al
Son Excellence M. SAY Sam Al
Cet événement s’inscrit dans le prolongement de l’accord de Paris sur le climat qui vise à accélérer et intensifier les actions et les investissements nécessaires à un futur durable et à adapter les effets croissants du dérèglement climatique. Il fait également écho à la coopération décentralisée entre Paris et Phnom Penh qui met l’accent sur l’urbanisme, la gestion des espaces publiques et les transports en communs. La France, à travers l’Agence Française de Développement, a également soutenu plusieurs projets destinés à promouvoir l’environnement, la croissance durable et la qualité de vie dans les villes cambodgiennes. 

M. Jean-Claude POIMBOEUF (Centre)
Dans son discours, l’Ambassadeur de France a remarqué que vingt années de croissance économique stable avaient transformé le Cambodge, tout particulièrement les centres urbains, au premier rang desquels figure Phnom Penh. « Avec une population urbaine qui devrait doubler d’ici 2030, les défis actuels, comme la pollution et le trafic automobile, continueront de prendre de l’ampleur et nous pouvons d’ores et déjà constater de nouveaux besoins en infrastructure et en services urbains dans tous les secteurs », a précisé M. Jean-Claude Poimboeuf. 

La mobilisation sans-précédent des entreprises françaises fut à la hauteur de ces enjeux traités lors du colloque technique : gestion durable de l’eau, production et consommation raisonnée de l’énergie, transports en commun, traitement des déchets et construction performante entres autres. Lors de ce colloque, les 15 entreprises françaises présentes ont ainsi pu proposer des solutions destinées à accompagner le Gouvernement royal dans sa stratégie rectangulaire de développement. Elles ont ensuite rencontré individuellement les représentants des entreprises locales et les différents ministères compétents dans leurs domaines. 

Les entreprises françaises participantes sont les suivantes : ALSTOM, APAVE, AREP, ARTELIA, CAMBODIA AIRPORTS, GREEN YELLOW, L’ATELIER ARCHITECTES, MARTIN DUPLANTIER, POMA, QUADRAN, SCHNEIDER ELECTRIC, SUEZ, SYSTRA, VEOLIA WATER, VINCI CONSTRUCTION GRANDS PROJETS.

Pour davantage d’informations, merci de contacter :
M. Martin BRISSON, attaché économique et commercial
Service économique - Ambassade de France au Cambodge
Email : Martin.brisson@dgtresor.gouv.fr - Portable : + 855 3 18 33 65 55