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Nicolas Forissier au Cambodge : Paris veut muscler ses échanges économiques avec Phnom Penh

Le ministre délégué chargé du Commerce extérieur et de l'Attractivité, Nicolas Forissier, se rend au Cambodge les 9 et 10 juillet pour rencontrer les principaux responsables économiques du Royaume et la communauté d'affaires française. Un déplacement qui prépare le terrain avant la visite d'Emmanuel Macron, prévue en novembre à l'occasion du Sommet de la Francophonie, et qui intervient alors que les échanges bilatéraux marquent le pas au premier trimestre 2026, après une année 2025 pourtant encourageante.

M. Nicolas Forissier, ministre délégué chargé du Commerce extérieur et de l'Attractivité — © Ministère de l'Europe et des Affaires étrangères
M. Nicolas Forissier, ministre délégué chargé du Commerce extérieur et de l'Attractivité — © Ministère de l'Europe et des Affaires étrangères

M. Nicolas Forissier, ministre délégué auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, chargé du Commerce extérieur et de l'Attractivité, se rendra au Cambodge les 9 et 10 juillet, avec l'objectif d'approfondir la relation économique entre la France et le Cambodge et d'accroître les investissements français dans le pays.

Cette visite fait suite à plusieurs rencontres de haut niveau, dans le cadre du renforcement des relations bilatérales entre la France et le Cambodge. Elle s'inscrit dans la perspective de la visite du président de la République française M. Emmanuel Macron au Cambodge en novembre 2026, à l'occasion du XXe Sommet de la Francophonie qui se tiendra à Siem Reap.

Le ministre s'entretiendra avec plusieurs responsables politiques cambodgiens : le Vice-Premier ministre, ministre de l'Économie et des Finances, M. Aun Pornmoniroth, la ministre du Commerce Mme Cham Nimul, le ministre des Mines et de l'Énergie M. Keo Rottanak, et le ministre de la Santé Pr. Chheang Ra. Il rencontrera également la dynamique communauté d'affaires française au Cambodge, qui forme un tissu d'au moins 200 entreprises. Le déplacement se conclura le 10 juillet par une conférence de presse en français et en khmer, à l'Ambassade de France.

Qui est Nicolas Forissier ?

Né le 17 février 1961 à Paris, Nicolas Forissier est diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris et titulaire d'une licence d'histoire de l'université Paris-Sorbonne. Il débute sa carrière dans la communication et la presse, avant de créer et de diriger plusieurs entreprises dans le secteur de l'imprimerie et de la presse régionale à la fin des années 1980.

Élu conseiller municipal de La Châtre, dans l'Indre, en 1989, il en devient maire jusqu'en 2017, tout en siégeant à l'Assemblée nationale comme député de l'Indre depuis 1993, avec plusieurs mandats successifs. Il a également occupé des fonctions ministérielles à deux reprises, comme secrétaire d'État auprès du ministre de l'Agriculture, de l'Alimentation, de la Pêche et des Affaires rurales entre 2004 et 2005, puis comme délégué interministériel aux industries agroalimentaires et à l'agro-industrie de 2006 à 2007, et médiateur national pour le plan de soutien à l'agriculture entre 2009 et 2010.

Conseiller régional du Centre-Val de Loire, il y préside la commission des finances ainsi que le principal groupe d'opposition. Il a par ailleurs présidé le conseil d'administration du Centre français du commerce extérieur (CFCE) et d'Ubifrance, et a siégé au comité national d'orientation de Bpifrance, un parcours qui l'a préparé de longue date aux enjeux du commerce extérieur français. Nommé ministre délégué chargé du Commerce extérieur et de l'Attractivité en octobre 2025, il a depuis multiplié les déplacements à l'international — Cameroun, Danemark et Groenland notamment — pour promouvoir les intérêts économiques français.

Des échanges en repli au début de 2026

La visite de Nicolas Forissier intervient toutefois dans un contexte moins porteur qu'il n'y paraît. Selon les dernières données de la Direction générale des douanes et droits indirects (DGDDI), le commerce bilatéral franco-cambodgien s'est élevé à 357 millions d'euros au premier trimestre 2026, en repli de 3,4 % sur un an. Ce recul intervient après une année 2025 par ailleurs bien orientée, durant laquelle les échanges avaient progressé de 17,5 % pour atteindre 1,75 milliard d'euros, portés notamment par l'aéronautique et l'agroalimentaire — signe que le début d'année marque un coup d'arrêt à cette dynamique plutôt qu'une tendance de fond.

La balance commerciale française reste déficitaire, à hauteur d'environ 300 millions d'euros sur le trimestre, malgré une légère amélioration. Les importations françaises, toujours dominées par le textile et la chaussure, reculent de 4,1 % à 329 millions d'euros. Les exportations françaises, elles, progressent de 6 % à 28,3 millions d'euros, tirées par les produits pharmaceutiques, agroalimentaires et de parfumerie, qui représentent à eux seuls près de 80 % du total.

Ce rebond des exportations mérite toutefois d'être nuancé. Il est en partie porté par la vente de deux avions ATR 72-600 destinés à la compagnie Cambodia Airways — des appareils en réalité achetés par la société singapourienne de leasing Avation, qui les loue ensuite à la compagnie cambodgienne. Sur le plan statistique, cette transaction sera donc comptabilisée comme une exportation française vers Singapour, et non vers le Cambodge, ce qui tend à sous-évaluer encore davantage la réalité des échanges directs entre les deux pays.

Côté investissements, la France ne se classe qu'au 9e rang des pays investisseurs étrangers directs au Cambodge, avec 44 projets qualifiés approuvés depuis 1994 pour un montant cumulé de 380 millions de dollars — loin derrière la Corée du Sud, le Japon, Singapour ou la Malaisie, même si elle demeure le premier investisseur européen dans le Royaume. La présence économique française reste donc, pour l'heure, en retrait de son ambition affichée, ce qui donne tout son sens à une visite ministérielle centrée sur la relance des investissements.

Les investissements français au Cambodge se concentrent principalement dans la construction, l'agroalimentaire, l'énergie, les infrastructures et le tourisme, portés par de grands groupes comme Vinci, via sa filiale Cambodia Airports, Total Energies, Sanofi, Pernod Ricard et BRED Banque Populaire. La coopération au développement complète ce tableau : l'Agence française de développement (AFD), présente au Cambodge depuis 1993, y a engagé plus de 1,5 milliard d'euros de financements cumulés, avec un doublement récent de ses engagements annuels dans les secteurs de l'eau potable, de l'énergie et de la formation professionnelle.

La communauté d'affaires française s'organise notamment autour de la Chambre de commerce et d'industrie France-Cambodge (CCIFC), fondée en 1998 et forte de plus de 250 membres actifs, qui constitue le premier réseau privé d'entreprises françaises du Royaume. C'est cette communauté — plus de 200 entreprises selon l'Ambassade — que Nicolas Forissier rencontrera lors de son déplacement.

Cette étape cambodgienne s'inscrit dans une tournée plus large en Asie du Sud-Est : le ministre poursuivra en effet son déplacement en Malaisie, autre pays membre de l'ASEAN, pour approfondir la coopération dans des secteurs jugés stratégiques — énergie, infrastructures, santé, économie circulaire et minerais critiques.

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