Le secteur GFT, pilier de l’économie cambodgienne, dope les exportations de janvier à près de 1,4 milliard de dollars
- La Rédaction

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Le secteur des vêtements, chaussures et articles de voyage (GFT) a généré près de 1,4 milliard de dollars d’exportations en janvier au Cambodge, selon un rapport officiel du ministère du Commerce publié vendredi. Ce chiffre, qui atteint précisément 1,398 milliard de dollars, marque une hausse de 7,2% par rapport à janvier 2025, confirmant le rôle moteur de cette industrie dans l’économie du royaume.

Les vêtements dominent avec 1,014 milliard de dollars (+6,7%), talonnés par les chaussures à 196 millions de dollars (+16,8%), tandis que les articles de voyage et sacs progressent modestement à 188 millions de dollars (+1,1%). Représentant 46,5% des exportations totales du pays, le GFT demeure le premier pourvoyeur de devises étrangères. Ses principaux marchés sont les États-Unis, l’Union européenne, le Canada et le Japon, qui absorbent respectivement 40% et 30% des envois, d’après les statistiques douanières cambodgiennes.
Plus de 1 500 usines et ateliers emploient aujourd’hui plus de 900 000 salariés, en grande majorité des femmes, d’après le ministère du Travail et de la Formation professionnelle. Cette performance de janvier souligne la résilience du secteur face aux défis mondiaux, même si des incertitudes persistent sur les chaînes d’approvisionnement et les tensions commerciales.
Une croissance dopée par la diversification
Malgré un contexte international marqué par l’inflation et les relocalisations industrielles en Asie du Sud-Est, le GFT cambodgien tire profit de son statut de « hub » low-cost post-Covid. La Banque mondiale, dans son rapport octobre 2025 sur l’économie khmère, attribue cette vitalité à la diversification des clients : les commandes européennes ont bondi de 12% grâce aux accords de libre-échange, tandis que les États-Unis restent le premier débouché malgré les surtaxes douanières potentielles sous l’administration Trump 2.0.
Défis structurels et transition verte
Pourtant, des ombres planent. L’OIT alerte, dans son étude 2026 sur le travail décent au Cambodge, sur les conditions salariales stagnantes – un salaire minimum mensuel de 218 dollars pour les ouvriers GFT, en hausse de 8% en 2025 mais insuffisant face à l’inflation alimentaire à Phnom Penh (14% sur un an, selon le ministère de l’Économie). Les usines font face à des pénuries de coton vietnamien et à la concurrence thaïlandaise, dopée par des subventions. Parallèlement, la pression pour une transition verte s’intensifie : l’UE menace de suspendre les préférences tarifaires si 30% des exportations ne respectent pas les normes ESG d’ici 2027, un défi pour un secteur encore dépendant de générateurs diesel.
Le gouvernement de Hun Manet mise sur l’automatisation et la formation : 50 000 ouvriers ont été formés en 2025 via le programme national « Skills for the Future », selon le ministère du Travail. Reste à voir si cette dynamique janvier préfigure un cru 2026 record, ou si les vents contraires – géopolitiques et climatiques – freineront l’élan.







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