Le Cambodge creuse son avenir : le canal Funan Techo entre dans une nouvelle phase
- La Rédaction

- il y a 14 heures
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La mise en chantier de la deuxième section du canal Funan Techo marque un tournant dans l'ambition cambodgienne de se doter d'une voie maritime nationale — et d'affirmer sa souveraineté économique face aux incertitudes régionales.

C'est un coup de pelleteuse symbolique autant que concret. Le Premier ministre Hun Manet a présidé, aux côtés de représentants chinois, le lancement officiel des travaux de la deuxième section du canal Funan Techo — projet phare d'une génération qui entend redessiner la géographie commerciale du royaume khmer.
Un ruban bleu de 180 kilomètres
Reliant le système fluvial du Mékong à la côte méridionale du pays, le canal Funan Techo s'étire sur près de 180 kilomètres à travers les provinces du Kandal, de Takéo, de Kampot et de Kep. Sa vocation première : offrir au Cambodge une route maritime directe entre la capitale, Phnom Penh, et le golfe de Thaïlande, affranchissant ainsi le pays de sa dépendance structurelle aux ports vietnamiens — notamment celui de Hô-Chi-Minh-Ville — pour l'acheminement d'une partie de ses exportations.
Le projet, qualifié de plus grand chantier de terrassement de l'histoire nationale, implique le déplacement de volumes de terres considérables sur l'ensemble de son tracé. La première section était déjà en cours de réalisation ; l'entrée en chantier de la deuxième marque une accélération sensible du calendrier.
"Une artère économique appelée à transformer durablement la logistique, l'industrie et le tourisme le long de son corridor."
Au-delà du transit : un corridor de développement
Les autorités cambodgiennes insistent sur la portée économique globale de l'infrastructure, bien au-delà de la simple réduction des coûts d'expédition. Le long des berges du futur canal, des zones industrielles, commerciales et touristiques sont en cours de planification, avec l'ambition de créer de nouveaux pôles d'activité dans des régions encore peu connectées aux circuits économiques nationaux.
La baisse attendue des coûts de transport maritimes pourrait par ailleurs renforcer la compétitivité des exportations cambodgiennes — textile, riz, produits manufacturés — sur les marchés internationaux. Les délais d'acheminement vers les ports d'embarquement seraient, selon les estimations officielles, considérablement raccourcis.
Une ambition aux résonances géopolitiques
La présence de représentants chinois à la cérémonie de lancement n'est pas anodine. Pékin, partenaire stratégique de Phnom Penh depuis plusieurs décennies, est largement associé au financement et à la réalisation du chantier, dans le cadre plus large de sa politique d'investissements en Asie du Sud-Est. Pour certains observateurs, le canal illustre la manière dont le Cambodge s'appuie sur cette alliance pour consolider ses infrastructures nationales et affirmer une autonomie croissante dans la gestion de ses flux commerciaux.
Le calendrier de mise en service complet du canal n'a pas encore été officiellement précisé pour l'ensemble des trois sections. Mais l'accélération des travaux laisse entrevoir une inauguration possible avant la fin de la décennie — un horizon que les autorités entendent transformer en symbole d'une transformation économique durable.







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