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Escalade meurtrière : La Thaïlande bombarde le Cambodge pour la 3e journée, jusqu’à Pursat

Pour la troisième journée d’affilée, les forces armées thaïlandaises ont déversé un déluge de feu sur le territoire cambodgien, étendant leurs assauts jusqu’à la province de Pursat et infligeant des destructions dévastatrices au temple de Preah Vihear, site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.

L'exode pour des milliers de civils
L'exode pour des milliers de civils

Selon Maly Socheata, porte-parole du ministère cambodgien de la Défense nationale, ces attaques incluent des obus de « fumée toxique » et des salves d’artillerie lourde, visant à la fois des positions militaires et des zones civiles. Tandis que Bangkok accuse Phnom Penh d’avoir initié les hostilités avec des roquettes BM-21 et des drones de reconnaissance, le bilan humain s’alourdit : au moins sept morts confirmés, dont un soldat thaïlandais et six civils cambodgiens, dont deux supplémentaires fauchés dans une attaque sur Banteay Meanchey. Des évacuations massives touchent désormais des centaines de milliers de personnes des deux côtés de la frontière, transformant des villages paisibles en camps de réfugiés improvisés.​

Cette flambée de violence, qui rompt un cessez-le-feu fragile négocié en octobre 2025 sous l’égide du président américain Donald Trump, ravive fortement les tensions. Les autorités cambodgiennes dénoncent des provocations unilatérales de la part de leur voisin thaïlandais, qui aurait mobilisé chars, avions F-16 et artillerie lourde en riposte à des prétendues agressions khmères.

« Le Cambodge maintient une posture de retenue exemplaire, sans riposte offensive, malgré les bombardements incessants », insiste Phnom Penh, appelant la communauté internationale à condamner ces actes.​

Le Briefing Matinal de Maly Socheata : Détails Précis des Assauts

Dès les premières heures du jour, Maly Socheata, lieutenant-général et voix officielle du ministère de la Défense, a convoqué la presse pour un point urgent sur les événements nocturnes et matinaux.

Dans la commune de Thma Da, district de Veal Veng, province de Pursat – relevant de la Région militaire 5 –, les Thaïlandais ont orchestré une offensive méthodique.

« L’armée thaïlandaise a mené des tirs continus presque toute la nuit. De 04h58 à 05h25, de gros drones ont survolé la zone de Phnum Tra Ngol pour des missions de reconnaissance, suivis immédiatement par des obus de fumée toxique. Puis, de 05h30 à 06h10, ils ont pilonné la zone d’O’Phluk Damrei avec des obus d’artillerie conventionnels de 105 mm. Les tirs se poursuivent encore dans Pursat », a-t-elle relaté.

Ces détails, corroborés par des sources officielles cambodgiennes, soulignent une escalade délibérée, loin d’un simple échange de tirs isolés.​​

Socheata a également évoqué les opérations parallèles en Région militaire 4, couvrant les provinces de Preah Vihear et Oddar Meanchey. Les hostilités y ont débuté à 04h45, ciblant initialement Phnum Khmoch avant de s’étendre comme une traînée de poudre à une litanie de sites : Ta Thav, temple Ta Mone, Preah Vihear, Khnar, Veal Intri, Koal 8, Choam Tae, An Ses, Thma Doun, O’Smach, Phnum Anousavary et même devant le Wat Keo Sikha Kirisvara.

Des obus de fumée toxique ont été signalés au temple Ta Krabei, ajoutant une dimension chimique potentiellement létale à ces affrontements. Le Cambodge, fidèle à sa position de non-agression, n’a pas répondu par des tirs, préférant documenter chaque violation pour les instances internationales.​

Destruction Patrimoniale au Preah Vihear : Un Acte de Provocation Calculé

Le ministère cambodgien de la Culture et des Beaux-Arts a lancé une alerte accablante ce matin, accusant l’armée thaïlandaise d’avoir rasé le bâtiment de conservation du Gopura V. Vers 07h00, après des barrages initiaux à An Ses et au temple Ta Mone Thom dès 05h00, les obus lourds ont frappé en plein cœur du complexe temple, détruisant d’autres infrastructures vitales pour la préservation du site.

« Cette attaque vise clairement à provoquer un conflit durable et à torpiller l’accord de paix de Kuala Lumpur », tonne le communiqué officiel, qui rappelle un historique sinistre : depuis l’inscription de Preah Vihear au registre UNESCO le 7 juillet 2008, Bangkok a prétexté des différends territoriaux pour déclencher des conflits armés en 2008-2011, et plus récemment du 24 au 28 juillet 2025.​

Le ministère condamne vigoureusement ces « provocations renouvelées » qui entravent les efforts de conservation, forcent l’évacuation du personnel de l’Autorité nationale de Preah Vihear et des résidents locaux, et portent atteinte à un joyau culturel partagé. Preah Vihear, perché sur une falaise escarpée, symbolise non seulement la grandeur khmère mais aussi les tensions frontalières latentes, exacerbées par des revendications territoriales thaïlandaises persistantes malgré les arbitrages judiciaires internationaux. Cette destruction n’est pas un dégât collatéral : elle s’inscrit dans une stratégie perçue comme visant à effacer les avancées diplomatiques récentes.​

Drame Humanitaire : Réfugiés sous des Tentes de Fortune à Siem Reap

Au milieu de ce chaos militaire, le visage humain de la crise émerge avec une poignante clarté. La nuit du 8 décembre, des familles cambodgiennes ont fui en masse les assauts thaïlandais, cherchant refuge dans le village de Chroy Neang Nuon, commune de Chroy Neang Nuon, district de Srey Snom, province de Siem Reap.

Sous des tentes improvisées en plastique vert nouées à des arbres, personnes âgées, parents et enfants affrontent le froid nocturne. Quelques-uns allument de petits briquets pour éclairer le visage de leurs petits ou préparer des repas frugaux après une fuite éperdue ; d’autres brûlent du bois pour se réchauffer.

Ces scènes, rapportées par des témoins et des médias locaux, s’ajoutent à un exode plus large : plus de 385 000 civils thaïlandais évacués de leurs villages frontaliers, et des milliers de Khmers déplacés vers l’intérieur du pays.

À Banteay Meanchey, deux civils supplémentaires ont perdu la vie dans les dernières heures, portant le bilan à sept morts confirmés et un nombre inconnu de blessés. Les écoles sont fermées, les routes bloquées, et l’économie locale paralysée.

Contexte Historique d’un Conflit Chronique et Réactions Internationales

Ce regain de violence n’est que le dernier chapitre d’une saga frontalière qui empoisonne les relations cambdo-thaïlandaises depuis des décennies. Le temple de Preah Vihear, attribué au Cambodge par la Cour internationale de Justice en 1962, reste un point de friction, avec des heurts violents en 2008-2011 causant des dizaines de morts. Après une accalmie, les tensions ont resurgi en juillet 2025, menant à un cessez-le-feu d’octobre sous médiation trumpienne, vite rompu par des accusations mutuelles : tirs de roquettes cambodgiens pour Bangkok, invasions thaïlandaises pour Phnom Penh.​

La communauté internationale observe avec inquiétude. L’Australie exprime une « profonde préoccupation » et appelle au dialogue ; l’ASEAN, pilier régional, risque d’être marginalisée si les deux membres fondateurs persistent dans l’escalade. Donald Trump, artisan du précédent armistice, réitère son appel à honorer les accords, tandis que des voix à l’ONU évoquent une médiation urgente. La Thaïlande promet des opérations « ciblées jusqu’à la sécurisation de la souveraineté », mais les experts craignent une spirale infernale impliquant plus d’acteurs régionaux.​

Perspectives : Vers une Paix Fragile ou une Guerre Ouverte ?

Alors que les canons tonne encore ce 9 décembre matin, la question brûle les lèvres : ce bras de fer verbal et militaire mènera-t-il à une résolution diplomatique ou à une conflagration plus large ? Phnom Penh, fort de son narratif de victime, multiplie les briefings et les appels à l’ONU pour documenter chaque violation. Bangkok, sous pression interne, justifie ses frappes comme défensives.

Pour les réfugiés de Chroy Neang Nuon, pour les gardiens du Preah Vihear dévasté, et pour les familles endeuillées de Banteay Meanchey à Pursat, l’urgence est humanitaire : un cessez-le-feu immédiat, une aide d’urgence, et un retour à la table des négociations.

Cette crise, au cœur de l’Asie du Sud-Est, teste la résilience de l’ASEAN et la volonté des grandes puissances à prévenir un nouveau foyer de tension. Reste à savoir si la raison prévaudra sur les revendications nationalistes, avant que le bilan ne s’alourdisse davantage. Les regards du monde se tournent vers Bangkok et Phnom Penh, espérant un sursaut de sagesse fraternelle.

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