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Diaspora cambodgienne & Sports : Po Sunny, au sommet du K1

Dernière mise à jour : 7 août 2023

Auréolé d’un récent titre de champion de France de K1, le boxeur Po Sunny nous explique son attrait pour la boxe ainsi que la fierté qu’il tire de ses origines cambodgiennes.

Po Sunny, au sommet du K1
Po Sunny, au sommet du K1. Photo fournie

Cambodge Mag : Tout d’abord, pouvez-vous vous présenter en quelques mots à nos lecteurs ?

Je m’appelle Po Sunny, j’ai 34 ans. Je suis éducateur sportif et papa de 2 enfants de 13 et 5 ans.

C.M : Vous avez remporté, le 3 juin dernier, le titre de champion de France de K1. En quoi consiste ce sport ?

Le K1 est une variante du kickboxing, qui a vu le jour au Japon au début des années 1990. Il est possible d’effectuer des coups de genoux directs ou avec saisie de l’adversaire, en plus des techniques de poings et de jambes propres au kickboxing.

« S’il s’agit d’un sport bien connu des boxeurs, il ne l’est pas forcément auprès du grand public, qui le confond parfois avec le kickboxing et/ou la boxe thaï. »

En Europe, nous sommes pourtant nombreux à pratiquer le K1, et le niveau des compétiteurs se montre très élevé. Nous avons parmi nous en France et même au sein de mon entourage de très grands champions mondialement connus.

C.M : Quelle est l’ambiance au cours d’un combat ? Est-elle identique à celle qui prévaut en Asie, où la salle semble chauffée à blanc ?

L’ambiance en France est différente de celle, par exemple, qu'on peut trouver en Thaïlande. Ici tout dépend des supporters qui vous accompagnent tandis qu’au pays de Siam, tout le monde encourage tout le monde.

C.M : Comment avez-vous vécu votre couronnement de champion de France ?

Ce fut un véritable honneur et une grosse fierté pour moi que de remporter ce titre. C’est l’aboutissement d’un long travail acharné. Il y a en effet, comme dans tout sport, une face cachée de l’iceberg, qui comprend beaucoup de sacrifices, d’efforts, de joies comme de déceptions. Plus jeune, j’avais déjà participé et échoué à plusieurs reprises, notamment en finale du championnat de France pro de muay thaï en 2014.

Po Sunny au combat. Photo fournie
Po Sunny au combat. Photo fournie

C.M : Comment en êtes-vous venu à pratiquer ce sport ?

Tout a commencé avec les films ! J’ai été bercé par les arts martiaux dès mon plus jeune âge grâce aux cassettes de mon père. Bruce Lee et Jackie Chan ont déclenché ma vocation. J’ai toujours pratiqué les sports d’opposition en commençant par le taekwondo, le kung-fu, la boxe anglaise, et d’autres encore.

« Quelle que soit la forme, ce sont les valeurs qu’apportent ces sports qui m’ont immédiatement plu. La discipline, la patience, la persévérance, le respect et la détermination. »

Peu importent les circonstances, nous devons toujours trouver la force de nous relever. Cela nous apprend et nous aide à faire face aux aléas de la vie. Et puis, la sensation que l’on éprouve en montant sur le ring est inexplicable. Tout se mélange alors dans la tête : le stress, la peur de ne pas être assez préparé, auxquels s’ajoute le plaisir qu’on prend à boxer… Et, surtout, on éprouve une grosse montée d’adrénaline. Mais en vérité, les toutes premières pensées qui nous viennent à l’esprit sont : « Qu’est-ce je fous ici ? ».

C.M : Vous sentez-vous inspiré par le kun khmer, dont le témoignage figure sur les bas-reliefs des temples d’Angkor ?

Oui bien sûr. Lorsque je boxe, je me dis toujours que je représente les miens, ma famille, mes amis, mais aussi mes origines, puisque ce sont mes ancêtres qui ont donné naissance au kun khmer. En tant que pratiquant cambodgien, je me dis que je contribue peut-être à faire perdurer la boxe telle qu’elle était pratiquée autrefois dans le royaume d’Angkor.

C.M : Quels sont vos liens avec le Cambodge ?

Lorsque Pol Pot et le régime des Khmers rouges ont pris le pouvoir, mes parents ont dû fuir le pays et ont été accueillis en France. J’ai toujours été fier de mes origines et ai toujours voulu connaître l’histoire du Cambodge.

Faisant partie d’une famille composée de cinq enfants, je n’ai jamais eu l’occasion, par faute de moyens, de visiter le Cambodge avec mes parents. J’ai grandi dans un quartier populaire de Seine Saint-Denis, dans lequel nous ne sommes qu’une minorité de Khmers, dont certains ne connaissent même pas le Cambodge. Ce n’est qu’après avoir acquis une certaine indépendance financière que j’ai pu m’envoler à la découverte de ma terre d’origine, accompagné de ma femme et de mon premier fils, en 2016. J’ai retrouvé durant mon séjour quelques membres de ma famille, notamment mon cousin le très célèbre footballeur Thierry Chantha Bin.

Ce voyage m’a permis de découvrir la richesse de notre culture et de développer mon amour envers celui-ci. Je souhaite depuis lors contribuer à valoriser et faire rayonner du mieux possible nos couleurs à travers la France.

Avec ses parents. Photo fournie
Avec ses parents. Photo fournie

C.M : Quelles seront les prochaines étapes de votre carrière ?

Rien n’est fixé encore pour la suite, j’aimerais combattre les meilleurs de ma catégorie si je peux me le permettre avec mon humble niveau. Boxer dans plusieurs pays, et pourquoi pas au Cambodge, est ce que je souhaite au-delà de tout. Si l’occasion se présente, je voudrais bien entendu remporter un titre européen, voire même mondial par la suite.

C.M : Quels sont vos autres passions et centres d’intérêt ?

J’aime le voyage, la découverte des différentes cultures, surtout la culture asiatique. Mais ce que j’aime par-dessus tout, c’est la boxe et mon rôle d’entraîneur sportif. J’apprécie également faire de la photo et réaliser des vidéos.

« Si vous me le permettez, j’aimerais en profiter pour remercier ma femme qui me soutient et supporte depuis toute ces années. Elle connait toute mon histoire… Dire merci et pardon à mes enfants, car je ne les vois que très peu entre mes entraînements et mon travail. »

Remercier aussi ma team Eragny Fight Club et le SBC Sarcelles, car sans eux je n’y arriverais pas. Enfin, un grand merci à Gérard Bonio et ses enfants qui nous entraînent ainsi qu’à mes frères d’armes, James Condé le prodige et Fabrice Gnedre Daligozo.

 
Instagram: Tong.po 10

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