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Phnom Penh, mois de la francophonie : le Cambodge en pleine effervescence culturelle avant le grand rendez-vous de novembre

Alors que le Cambodge s’apprête à écrire une page importante de l’histoire de la langue française en Asie du Sud-Est, le mois de mars bat au rythme de la francophonie. L’Institut français du Cambodge et l’Ambassade de France ont dévoilé une programmation éclectique qui sert à la fois de prélude festif et de répétition générale avant le XXe Sommet de la Francophonie, prévu en novembre à Phnom Penh.

Ladji Diallo
Ladji Diallo

C’est une effervescence particulière qui anime la capitale cambodgienne en ce mois de mars 2026. Dans les allées de l’Institut français, sur les écrans de son cinéma ou dans le cadre intimiste de sa médiathèque, la langue française se vit, se chante et se déclame. Jusqu’au 21 mars, la Semaine de la langue française et de la francophonie bat son plein, transformant Phnom Penh en une scène ouverte sur le monde.

L’affiche 2026 a des allures de « best of » de la création francophone. On y croise le regard pétillant de Ladji Diallo, conteur aux multiples facettes, qui pose ses « Maliroots » sur les planches du cinéma de l’Institut. Sa pièce, récit choc d’un banlieusard en quête d’identité sur les rives du fleuve Niger, est l’un des temps forts de cette quinzaine.

« Nous avons voulu placer cette édition sous le signe du spectacle vivant et de la transmission », confie-t-on du côté de l’Institut.

La preuve avec la tournée de Diallo qui, au-delà de Phnom Penh, fera escale à Siem Reap et Battambang pour des ateliers avec les étudiants.

Le programme est une invitation au voyage et à la découverte de la diversité des accents. La conteuse calédonienne Julie Dupré, soutenue par le CREIPAC et l'OIF, viendra elle aussi partager son univers dans les établissements supérieurs.

Côté grand écran, l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) prête main-forte pour une sélection de films exigeants, avec des réalisatrices comme Kaouther Ben Hania (Les filles d'Olfa, L'homme qui a vendu sa peau) ou Sofia Alaoui (Animalia), offrant un panorama du cinéma francophone contemporain.

Une répétition générale avant l'événement mondial

Cette effervescence culturelle n’est pas un simple feu de paille. Elle est le premier acte d’une année qui s’annonce historique pour le Cambodge sur la scène internationale. Du 14 au 16 novembre 2026, Phnom Penh accueillera le XXe Sommet de la Francophonie, près de trente ans après celui de Hanoï. Une échéance qui donne une résonance particulière à chaque concert, chaque concours d’éloquence ou chaque dictée organisés ce mois-ci.

« La francophonie cambodgienne est particulièrement dynamique dans certains domaines d'excellence », souligne Pierre Vincent, directeur de l'Institut français du Cambodge, rappelant que la maîtrise du français est une clé pour une communauté de 343 millions de locuteurs.

Un message qui fait écho aux préoccupations des acteurs économiques locaux. Pour Catherine Germier-Hamel, fondatrice de Millennium Destinations, ce sommet est bien plus qu'une réunion diplomatique : « C'est une opportunité unique pour le Cambodge de se repositionner comme un hub pour le commerce, les talents et les événements internationaux ». Dans cette optique, le mois de mars agit comme un « soft power » culturel, montrant un visage dynamique et créatif du pays.

Le concours d'éloquence
Le concours d'éloquence

L'éducation, pilier discret mais solide

Derrière la vitrine des spectacles, l’édifice repose sur un socle éducatif solide. Le communiqué de presse le rappelle : ils sont plus de 22.000 élèves et étudiants à apprendre le français dans le Royaume. L'Ambassade de France ne se contente pas d'organiser des fêtes ; elle forme les professeurs et soutient les filières universitaires d'excellence (droit, médecine, ingénierie) où le français reste une langue de travail prisée.

Les événements de mars sont ainsi pensés comme des prolongements naturels de cet apprentissage. Le concours d'éloquence du 12 mars sur le thème du développement durable, la finale du concours de chansons francophones le 18 mars, ou encore la dictée organisée par l'association Phnom Penh Accueil le 21 mars sont autant de « salles de classe » grandeur nature, où l'on apprend à manier la langue avec plaisir et émotion.

Hommage aux pères fondateurs et regards vers l'avenir

Ce sommet de novembre, le deuxième en Asie, sera aussi l'occasion de rendre hommage à sa Majesté le Roi Père, Norodom Sihanouk, l'un des pères fondateurs de la Francophonie multilatérale. Une dimension historique cruciale, qui ancre la langue française non pas comme un vestige colonial, mais comme un choix délibéré de dialogue et d'ouverture sur le monde.

Les préparatifs s'accélèrent d'ailleurs au plus haut niveau de l'État. La visite début mars de Louise Mushikiwabo, Secrétaire générale de l'OIF, a permis de faire le point sur l'organisation. Elle a salué les progrès du Cambodge et la qualité des infrastructures, comme le nouvel aéroport international de Phnom Penh, prêt à accueillir les délégations du monde entier.

Le Premier ministre Hun Manet a également profité de cette visite pour annoncer l'organisation de trois événements parallèles majeurs : un Forum de l'entrepreneuriat francophone, le Village francophone et FrancoTech, qui promettent de faire de novembre un moment de foisonnement économique et culturel sans précédent .

Le contexte géopolitique, notamment les tensions frontalières avec la Thaïlande, est suivi de près, mais les autorités cambodgiennes, par la voix du Président du Sénat Hun Sen, ont tenu à rassurer : la sécurité des délégations sera totale et ce différend n'aura aucun impact sur le bon déroulement du sommet .

La France, par la voix de son envoyé spécial Thomas Lam, a d'ailleurs promis son soutien, qualifiant la relation bilatérale de « nouveau chapitre historique ».

En attendant le ballet des chefs d'État en novembre, ce sont les citoyens, petits et grands, qui sont invités à s'approprier la langue.

Que ce soit en fredonnant les chansons des « Phnompenhers », en riant aux contes pour enfants ou en tremblant pour les candidats de la dictée, le Cambodge prouve ce mois-ci que la francophonie est bien vivante. Elle est un pont entre les générations et les continents, un espace de dialogue joyeux avant les grandes manœuvres diplomatiques de l'automne.

Infos pratiques :Toute la programmation de la Semaine de la langue française et de la francophonie est à retrouver sur le site de l'Institut français du Cambodge : https://www.ifcambodge.com

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