Phnom Penh & Arts : Musica Felice chante pour l'avenir des enfants
- La Rédaction

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Le 16e concert caritatif du chœur international de Phnom Penh réunit musique, théâtre et solidarité pour la Journée de l'Europe

Il y a des soirées qui transcendent le simple spectacle. Le dimanche 10 mai 2026, le Sofitel Phnom Penh accueillera pour la seizième fois le concert caritatif annuel de Musica Felice, le chœur international de la capitale cambodgienne. Intitulé The Great Adventures of Being Me, cet événement promis à l'émotion célèbre l'individualité, l'imagination et le courage d'être soi — autant de valeurs qui résonnent bien au-delà de la salle de concert.
Miwako Fujiwara : une vie entière au service de la musique

À l'origine de cette aventure humaine et artistique hors du commun, il y a une femme : Miwako Fujiwara, pianiste et cheffe de chœur japonaise, figure incontournable de la vie culturelle à Phnom Penh. Selon Cambodge Mag, qui lui a consacré un portrait en profondeur en janvier 2025, Miwako a étudié le piano et appris le clavecin au Conservatoire Royal de La Haye, aux Pays-Bas, auprès de deux maîtres réputés, Ton Koopman et Tini Mathot, entre 1989 et 1995. Elle y a préparé le diplôme Docente Muzicus, le plus haut grade d'interprétation de l'établissement.
Sa carrière l'a conduite sur les scènes d'une dizaine de pays — Pays-Bas, Allemagne, Belgique, France, Angleterre, Suisse, Italie, États-Unis et Japon. En 1995, elle fonde l'ensemble Il Quadrifoglio, actif dans les domaines du concert, des enregistrements discographiques et des productions télévisuelles et radiophoniques. En 1997, elle se produit au North Sea Jazz Festival à La Haye, preuve de sa polyvalence artistique qui va bien au-delà du répertoire classique. En 2002-2003, elle rejoint le Music Sacrum Leiden, où elle interprète Royal Entertainment avec le Netherlands Historisch Dans en Theater Ensemble.
Installée à Phnom Penh depuis 2010, Miwako s'y est d'abord consacrée à l'enseignement du piano, tout en s'impliquant dans la scène culturelle locale. Elle rejoint Bella Voce, ensemble qui fonctionnera pendant sept ans, et contribue à la compagnie de théâtre amateur des Phnom Penh Players. Mais c'est en 2016 qu'elle franchit un cap décisif, en fondant Musica Felice.
« Pour chaque nouveau spectacle, je cherche à proposer un programme un peu différent pour attirer le public, les habitués et les nouveaux venus. »
Cette exigence artistique constante — conjuguée à une humilité que Cambodge Mag souligne à plusieurs reprises — est sans doute ce qui explique la fidélité du public de la capitale.

Musica Felice : quand la diversité devient harmonie
Fondé en 2016, Musica Felice réunit aujourd'hui 37 chanteurs bénévoles de 20 nationalités différentes, tous résidents de Phnom Penh, tous animés par la même passion pour la musique classique. Le chœur est accompagné par Miwako au piano et par un orchestre khmer, auquel s'ajoutent parfois des danseurs traditionnels cambodgiens, créant une alchimie unique entre Orient et Occident.
Son répertoire embrasse plusieurs siècles d'histoire musicale : de la Renaissance et du baroque aux classiques romantiques, en passant par des créations contemporaines pour instruments khmers traditionnels — une particularité que souligne Cambodge Mag. Au fil des concerts, le chœur a abordé des œuvres ambitieuses comme Captain Noah and his Floating Zoo de Flanders et Horovitz, Les Misérables de Schönberg et Boublil, ou encore les cycles Adiemus et Peace Maker de Karl Jenkins.
Au programme : Europe, cinéma et Notre-Dame de Paris
Pour cette 16e édition intitulée The Great Adventures of Being Me, le public sera convié à un voyage musical entre classiques européens et bandes originales cinématographiques, couronné par une présentation scénique de The Hunchback of Notre Dame. Sur scène se succéderont les couleurs orchestrales, l'énergie chorale et la narration théâtrale, dans une mise en scène célébrant l'individualité et l'imagination.
Ce concert s'inscrit dans le cadre des célébrations de la Journée de l'Europe et bénéficie du soutien de la Délégation de l'Union européenne au Cambodge, renforçant ainsi la dimension résolument internationale d'un projet profondément ancré dans la réalité cambodgienne.
Ptea Clara : une maison pour les enfants sans famille
Parmi les bénéficiaires de ce 16e concert figure l'association Ptea Clara — dont le nom signifie en khmer « maison de Clara ». Cette structure, portée par l'association française D'une famille à l'autre, prend en charge une cinquantaine d'enfants confiés, abandonnés ou en danger au sein de familles en grande détresse sociale, que les institutions locales ne peuvent pas accompagner. Ces enfants y trouvent hébergement, alimentation, éducation et soins médicaux.
Ptea Clara gère également une crèche accueillant au quotidien une dizaine de tout-petits, permettant ainsi à leurs mères d'exercer une activité professionnelle en toute sérénité. Des nounous attentives y assurent éveil par le jeu, alimentation équilibrée et sécurité des nourrissons. C'est une structure à taille humaine, mais dont l'impact sur les familles les plus vulnérables de Phnom Penh est considérable.

Taramana : vingt ans au cœur du quartier de Boeng Salang
L'association Taramana est une ONG franco-cambodgienne fondée en 2005, dont l'histoire commence de façon très personnelle : le soutien à l'éducation de deux orphelins cambodgiens, Tara et Mana — dont les prénoms ont donné naissance au nom de l'association. Reconnue officiellement comme ONG au Cambodge en 2007, et enregistrée en France sous la loi 1901, Taramana accueille aujourd'hui plus de 200 enfants issus du quartier défavorisé de Boeng Salang, dans le nord de Phnom Penh.
Chaque jour, ces enfants fréquentent le centre médico-éducatif Taramana Magdalena, situé à proximité du bidonville. Ils y alternent entre leur demi-journée à l'école publique et une demi-journée au centre, où ils bénéficient de cours de soutien en khmer, anglais et français, de repas équilibrés, d'un suivi médical régulier, et d'activités sportives et culturelles variées — rugby, football, danse, guitare et ateliers de théâtre francophone avec la troupe des Petits chenapans.
Taramana intervient dans un contexte où la pauvreté contraint de nombreuses familles à sacrifier la scolarisation de leurs enfants. Comme l'explique l'association sur son site, envoyer un enfant à l'école représente en réalité une double charge financière pour les foyers les plus démunis : uniformes, fournitures, transports et cours privés complémentaires représentent des dépenses inaccessibles pour beaucoup. Sans compter que l'enfant scolarisé ne peut plus contribuer aux revenus familiaux. C'est précisément dans ces situations que Taramana intervient — à condition que l'enfant soit régulièrement scolarisé à l'école publique voisine.
Depuis 2019, Taramana a développé des partenariats avec l'Institut Français du Cambodge (IFC) et le Centre Bophana, élargissant encore les perspectives culturelles offertes aux enfants. L'association veille également à la santé des bénéficiaires : programme de vaccination, distribution de repas équilibrés, et suivi médical individuel. Sa mission repose sur trois valeurs cardinales : action locale, transparence et respect.

Informations pratiques
Date : Dimanche 10 mai 2026, de 16h30 à 18h30
Lieu : Sofitel Phnom Penh
Tarifs : Premier : 30 $ | Régulier : 12 $ | Enfant (moins de 12 ans) : 5 $ | Étudiant khmer : 3 $ | Moins de 3 ans : gratuit
Billets et dons : https://bit.ly/3OwjEGh







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