Tourisme : Le Cambodge mise sur le sur-mesure et la connectivité aérienne pour séduire la clientèle internationale
- La Rédaction

- 13 mars
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A l’occasion du salon professionnel ITB de Berlin, qui s’est tenu du 3 au 5 mars 2026, l’Office du Tourisme du Cambodge (CTB) a déployé une offensive de charme pour reconquérir les marchés occidentaux. Face à une concurrence régionale féroce et à des défis structurels internes, Phnom Penh mise désormais sur le tourisme expérientiel et le renforcement des liaisons aériennes pour attirer une clientèle à plus forte valeur ajoutée.

C’est un traditionnel rendez-vous pour l’industrie mondiale du voyage. Le salon ITB de Berlin a fermé ses portes le 5 mars après avoir réuni près de 97 000 visiteurs et plus de 5 600 exposants venus de 166 pays. Dans ce contexte de foisonnement, la délégation cambodgienne, menée par S.E. Kim Minea, Directeur Général du Cambodia Tourism Board (CTB), a multiplié les rencontres avec quelque 250 partenaires internationaux [citation : document fourni]. Une participation jugée cruciale pour un royaume qui cherche à diversifier ses marchés émetteurs et à s’émanciper de sa dépendance historique aux touristes asiatiques.
Sur place, huit professionnels du tourisme cambodgiens, allant des voyagistes spécialisés dans le patrimoine d'Angkor aux gestionnaires de resorts de luxe sur les îles du Sud, ont présenté une offre touristique élargie.
« Nous avons constaté un vif intérêt des acheteurs européens, en particulier pour les expériences de luxe et les séjours insulaires. De nombreux partenaires étaient curieux de découvrir les zones côtières, comme l'île de Koh Rong », a témoigné Oum Sovathida, directrice des ventes du Royal Sands Koh Rong, citée dans le communiqué de presse du CTB.
Cette opération de séduction intervient dans un contexte économique tendu pour le secteur. Selon une analyse de la mission économique de l'Ambassade de Chine publiée en février 2026, le tourisme cambodgien fait face à neuf défis structurels majeurs . Parmi ceux-ci, un budget de promotion dérisoire (150 millions de dollars annuels, contre plus de 2 milliards pour les voisins directs) et une chute préoccupante de la fréquentation du site d'Angkor. En janvier 2026, le parc a enregistré une baisse de 36,1 % du nombre de visiteurs étrangers par rapport à l’année précédente .
Contrer le déclin par la qualité et les incitations
Le gouvernement cambodgien a pris la mesure du problème. Pour contrer la concurrence du Vietnam et de la Malaisie, qui ont su capter la croissance régionale , le Cambodge entend désormais jouer la carte de la qualité et de l’authenticité plutôt que celle du volume. Lors de l’ITB, S.E. Kim Minea a ainsi présenté une nouvelle initiative forte : un programme de subventions destiné à financer des voyages de familiarisation (FAM Trips) pour 500 agents de voyages internationaux entre mai et octobre 2026. L’objectif est de leur faire découvrir in situ la diversité de l’offre cambodgienne, au-delà des seuls temples d’Angkor.

Cette stratégie s’appuie sur un pilier essentiel : la connectivité aérienne. Le 10 mars, soit quelques jours après la clôture du salon berlinois, le ministre du Tourisme, Huot Hak, rencontrait à Phnom Penh les responsables du groupe français VINCI Airports, gestionnaire des principales plateformes aéroportuaires du pays . L’entretien avec Emmanuel Menanteau, membre du comité exécutif de VINCI Airports, a permis de faire le point sur l’avancée du nouvel aéroport international Techo (proche de la capitale) et sur le développement de l’aéroport de Sihanoukville .
« Le ministre a souligné l'importance de renforcer la coopération entre les secteurs de l'aviation et du tourisme pour améliorer la connectivité internationale », rapporte le communiqué officiel .
Un pari sur l'expérience et la durabilité
Si la mécanique de séduction se met en place, les défis de fond persistent. Le diagnostic dressé par les experts chinois est sévère : qualité de service inégale, image de marque culinaire encore floue, et surtout, une réputation entachée par des problèmes d'arnaques et d'insécurité qui ont conduit certains pays à émettre des avis de vigilance . Thourn Sinan, président de la section cambodgienne de la Pacific Asia Travel Association (PATA), a reconnu que les escroqueries en ligne constituaient un obstacle majeur à la confiance des investisseurs et des visiteurs .
Face à cela, le royaume mise sur un tourisme plus durable et intégré. La participation active du ministre Huot Hak au Forum du tourisme de l'ASEAN, fin janvier aux Philippines, avait déjà souligné cette volonté d’aligner le Cambodge sur les standards régionaux de durabilité . En valorisant le tourisme communautaire et l’écotourisme, le Cambodge tente de se réinventer.
L’accueil réservé à la délégation à Berlin et les annonces faites sur place, notamment le programme de FAM Trips, témoignent d’une stratégie offensive pour transformer l’essai.
Reste à savoir si cette impulsion commerciale, couplée aux investissements dans les infrastructures aéroportuaires, suffira à inverser durablement la tendance et à atteindre l’objectif gouvernemental de 5,6 à 5,8 millions de touristes internationaux en 2026 . La réponse dépendra aussi de la capacité du pays à gommer les aspérités sécuritaires et structurelles que les professionnels du secteur connaissent bien.







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