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Cambodge : Le musée SOSORO décroche un troisième Travellers' Choice Award d'affilée

Le musée consacré à l'histoire économique et monétaire du Cambodge confirme son statut d'attraction incontournable de Phnom Penh, porté par une fréquentation en pleine croissance et une programmation qui ne faiblit pas.

@Sosoro
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Trois ans, trois trophées

C'est devenu une habitude. Pour la troisième année de suite, le musée SOSORO de Phnom Penh vient d'être distingué par le Travellers' Choice Award de Tripadvisor, une récompense qui le place parmi les 10 % d'attractions les mieux notées du monde par les voyageurs eux-mêmes. Concrètement, ce classement n'a rien d'un simple coup de projecteur ponctuel : il se calcule sur douze mois glissants, en croisant le nombre d'avis laissés par les visiteurs et leur note moyenne.

Après une première distinction décrochée peu après l'ouverture, puis une deuxième l'année suivante, ce nouveau sacre confirme surtout une chose : l'intérêt du public ne faiblit pas. Le musée devrait franchir cette année le cap des 200 000 visiteurs cumulés, une croissance attribuée à ses expositions interactives et à ses programmes pédagogiques.

Une fréquentation qui grimpe

Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Le musée avait atteint les 100 000 visiteurs quelques années après son ouverture, avant de dépasser les 150 000 entrées fin 2025 — la moitié d'entre elles des élèves et étudiants, précisait alors Cambodge Mag à l'occasion de l'exposition sur les fresques retrouvées de la Pagode d'Argent. Approcher les 200 000 en 2026 marque donc une nette accélération, tirée aussi bien par le public cambodgien que par les groupes scolaires et les touristes de passage dans la capitale.

Une pièce d'or à l'origine du projet

Son nom complet, on l'oublie souvent : musée Preah Srey Içanavarman de l'Économie et de la Monnaie. SOSORO n'est que l'acronyme khmer. L'institution, entièrement financée par la Banque nationale du Cambodge, a ouvert ses portes en 2019 dans un bâtiment colonial de 1908, ancienne résidence du maire puis siège de la municipalité de Phnom Penh, restauré pour l'occasion.

Le nom rend hommage au roi Içanavarman Ier, qui régnait sur le Chenla au début du VIIe siècle — et l'histoire de ce choix mérite d'être racontée. En 2012, alors que le projet de musée n'en était qu'à ses balbutiements, un jeune archéologue tombe par hasard sur une pièce d'or ancienne dans une échoppe du marché russe de Phnom Penh. Gravée au nom du roi et de sa capitale, Isanapura, la pièce est authentifiée par les experts de la Banque nationale. Cette trouvaille inattendue deviendra la pièce maîtresse de la collection et influencera durablement la conception du musée, comme l'a raconté son co-directeur franco-cambodgien Blaise Kilian au média Focus Cambodia.

Douze modules, deux mille ans d'histoire

Le parcours permanent couvre près de deux mille ans, du Funan à aujourd'hui, en passant par Angkor, le protectorat français et la période khmère rouge — le tout raconté par le prisme de la monnaie et de l'économie. Douze modules thématiques, des artefacts, des écrans tactiles, des jeux et des projections : la muséographie mise clairement sur l'edutainment plutôt que sur la vitrine classique. Comptez une à trois heures de visite, avec un audioguide disponible en khmer, anglais, français, japonais et chinois.

Des expositions temporaires qui font le plein

Le musée ne se repose pas sur son parcours permanent. Sa dernière exposition en date, « Into the Light », consacrée aux fresques longtemps disparues de la Pagode d'Argent, a déjà attiré 8 000 visiteurs à mi-parcours, selon Cambodge Mag et Cambodia Investment Review. Rendue possible par une autorisation royale et menée par le professeur Olivier de Bernon de l'École française d'Extrême-Orient, l'exposition s'appuie sur d'anciennes plaques de verre photographiques pour faire revivre numériquement des peintures que l'on croyait perdues depuis les restaurations des années 1960. À cela s'ajoutent régulièrement des conférences sur des sujets bien plus contemporains — inclusion financière, paiements numériques, commerce régional — qui élargissent le public bien au-delà des seuls amateurs d'histoire.

Ce que veut vraiment dire ce prix

Le Travellers' Choice Award n'a rien d'un simple trophée symbolique. Tripadvisor l'attribue selon des critères précis : volume et qualité des avis sur douze mois, note moyenne minimale à tenir, et au moins un an de présence sur la plateforme. Pour un musée financé par une banque centrale, sur un thème qu'on pourrait croire aride — l'histoire monétaire —, décrocher cette reconnaissance trois années de suite en dit long sur sa capacité à séduire un public loin d'être acquis d'avance.

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