Une journée de découverte et de conservation sur Koh Ach Seh, le sanctuaire marin de MCC au large de Kep
- La Rédaction

- il y a 2 heures
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À quelques dizaines de minutes de la côte de Kep, un ancien poste militaire renaît en sanctuaire pour la vie marine du Cambodge. Marine Conservation Cambodia, partenaire du programme Art for Kep de Kep West, y a installé sa base de recherche — et Kep West organise des excursions sur l'île pour les visiteurs curieux de découvrir ce travail de près.

Pour ma dernière sortie avec l'équipe de Kep West, je mets le cap sur Koh Ach Seh — un confetti de terre inhabité, à peine visible depuis le continent, à moins d'une heure de bateau. C'est ici, sur cette île tranquille cernée de hauts-fonds turquoise, que Marine Conservation Cambodia a implanté l'une de ses bases de recherche. MCC est un partenaire de longue date d'Art for Kep, le programme de résidences d'artistes de Kep West, et Kep West organise régulièrement des excursions sur l'île pour les visiteurs souhaitant découvrir de près ce travail de conservation. J'embarque tôt, à la recherche de la fraîcheur du matin et, je l'avoue, plus que curieuse de ce que je vais trouver.
L'île se dévoile en douceur : le clapotis des vagues contre le calcaire, quelques toits de chaume entre les arbres, les sourires détendus de l'équipe de MCC qui nous attend. Tanguy Frénéat, le responsable du projet, m'accueille au bord de l'eau. En quelques minutes, il me présente le travail de l'organisation dans la région, avec la conviction particulière de ceux qui croient, sans réserve, en ce qu'ils construisent.
GARDIENS D'UN LITTORAL FRAGILE
Marine Conservation Cambodia œuvre depuis des années à la protection et à la restauration des eaux autour de Koh Ach Seh, à environ 13 kilomètres au sud de la ville de Kep. Depuis cette base unique, l'organisation supervise aujourd'hui treize récifs environnants et près de 30 kilomètres carrés d'herbiers marins — un vaste écosystème, largement invisible, qui fait vivre aussi bien les alevins que les dugongs qui refont parfois surface au large.
Le cœur du travail de MCC ici tient en un mot, presque trop simple : le béton. Les équipes immergent ce qu'elles appellent des Structures de Conservation et Anti-Chalutage — les CATS — en des points stratégiques du fond marin autour de l'île. Leur rôle est double. En tant que récifs artificiels, elles offrent aux coraux et aux coquillages de nouveaux points d'ancrage. En tant que barrières, elles accrochent physiquement les filets des chalutiers illégaux, une pratique qui a raclé les fonds côtiers du Cambodge pendant des décennies.
« Les récifs artificiels que nous créons attirent des espèces rares et vulnérables dans la zone. Nous construisons quelque chose qui commence à ressembler à un écosystème naturel. » — Tanguy Frénéat, MCC
Plus de 200 blocs ont déjà été immergés, et MCC prévoit d'en déployer 5 000 de plus à Kampot, Preah Sihanouk et Koh Kong au cours des cinq prochaines années — un pari ambitieux : que le béton, contre toute attente, puisse contribuer à réparer des décennies de dégâts sur le littoral cambodgien.
Tanguy me fait passer devant les bungalows où vivent le personnel et les volontaires — simples, fonctionnels, pensés pour des gens qui passent le plus clair de leur journée dans l'eau ou à proximité — puis m'emmène dans un pavillon ouvert qui fait office de salle de réunion. Photographies, schémas dessinés à la main et échantillons de fonds marins tapissent les murs. « Au-delà de la restauration des habitats, cette base nous donne un lieu pour mener de vraies recherches, un vrai suivi, une vraie formation », explique-t-il. Les récifs autour de Koh Ach Seh sont peu profonds et calmes, ce qui permet à l'équipe de MCC et à ses volontaires, qui se relaient, de plonger directement depuis le rivage plutôt que de perdre des heures en transit — du temps gagné pour suivre le retour, lent mais porteur d'espoir, d'espèces comme les dauphins et les dugongs.
Je m'attarde devant un mur de photographies montrant les créatures qui peuplent ces récifs, et l'espace d'un instant, il est facile d'oublier tout ce qui repose sur le rétablissement de cette petite île. Ce que MCC a bâti ici n'est pas un simple poste de recherche — c'est un modèle concret de ce à quoi peut ressembler la conservation lorsque restauration des habitats, lutte contre le braconnage, recherche scientifique et implication communautaire avancent dans la même direction. Un modèle que l'administration cambodgienne des pêches a remarqué, et qui a suscité des partenariats avec des organisations de conservation bien au-delà des frontières du pays — Art for Kep parmi elles.
CE QUE LA JUNGLE GARDE EN MÉMOIRE
Après cette présentation, Tanguy m'emmène explorer l'île. Le chemin vers le premier poste d'observation longe une poignée de bunkers en béton, à moitié engloutis par la végétation — vestiges d'une guerre qui a longtemps fait de cette île reculée un point stratégique. Pendant le conflit entre le Cambodge et le Vietnam, les Khmers rouges ont utilisé Koh Ach Seh comme avant-poste militaire, prisée pour être l'île cambodgienne la plus éloignée du continent et la plus proche de la frontière vietnamienne. Son isolement offrait une couverture ; sa proximité avec Kep assurait le ravitaillement.

Les arbres fruitiers plantés par ces soldats pour nourrir leurs troupes poussent aujourd'hui encore, sauvages, parmi les bunkers — écho étrange et silencieux du passé de l'île. Depuis le premier poste d'observation, la vue s'ouvre sur la mer dans toutes les directions, mais c'est le second poste — situé plus haut, de l'autre côté de l'île — qui m'arrête net. C'est de là que l'équipe de MCC observe les dauphins et les dugongs, m'explique Tanguy, et surveille l'horizon pour repérer les bateaux qui s'aventureraient dans le sanctuaire.
DANS L'EAU
Le temps d'atteindre la plage, la chaleur m'a rattrapée, et la mer fait exactement ce qu'on attend d'elle. Je m'y glisse et l'eau m'engloutit tout entière — claire, chaude, étonnamment vivante. Des bancs de poissons se dispersent puis se reforment autour de moi ; le fond sableux est constellé de coquillages disposés presque comme à dessein. C'est une expérience rare, à la fois grisante — parce que le récif semble véritablement sauvage — et apaisante — parce que tout, sous la surface, avance à son propre rythme, sans hâte. Pour les amateurs de snorkeling, difficile de trouver mieux : une eau limpide, une vraie biodiversité, et aucune foule.
ROBINSON DE LUXE
Une heure plus tard, la peau salée et le soleil encore sur moi, je regagne le camp pour le déjeuner — et c'est là que les cuisiniers de Kep West prennent le relais. Ils ont installé un barbecue à même le sable, et je grille moi-même mes fruits de mer sur les braises pendant qu'une bière fraîche transpire dans la chaleur. La table est dressée avec du vrai linge, face à la mer, et je partage ce repas avec Tanguy et les enfants de Paul Ferber, le fondateur de MCC et la force motrice du projet.
La cuisine de Kep West s'est surpassée : tartare de crabe, poisson grillé, viande et légumes d'origine locale, dressés avec plus de finesse qu'un déjeuner de plage n'en exigerait. C'est une contradiction que Kep West maîtrise bien — la simplicité insulaire d'un côté, un vrai savoir-faire culinaire de l'autre. Entre deux plats, les enfants de Paul racontent avoir grandi autour de ce projet, cet amour de la mer hérité de leur père, et combien ils préféreraient passer leurs vacances scolaires ici plutôt que presque n'importe où ailleurs.
UNE DERNIÈRE BAIGNADE
Rassasiée et sans me presser, je décide d'une dernière baignade avant l'arrivée du bateau. Le vent s'est levé, hachant l'eau de petits moutons blancs, mais cela n'entame en rien la bonne humeur. Les enfants de Paul, qui s'éclaboussent non loin, me lancent un avertissement amical à propos d'un courant plus fort près des rochers — le genre d'attention discrète et naturelle qui semble définir cet endroit. J'aperçois quelques poissons filer dans l'eau plus trouble, rapides et argentés, avant qu'il ne soit enfin temps de partir.

Je quitte les lieux, sans surprise, à contrecœur, et je me fais une promesse silencieuse : je reviendrai. Tandis que le bateau s'éloigne, le soleil amorce sa lente descente vers l'eau, nimbant l'île derrière moi d'un éclat doré.
UNE LEÇON À RETENIR
Cette journée fut bien plus qu'une simple visite. Elle a offert un aperçu concret de ce que peuvent accomplir des individus et des organisations pleinement, obstinément engagés à protéger quelque chose de plus grand qu'eux-mêmes. Le travail de Marine Conservation Cambodia sur Koh Ach Seh prouve qu'une passion, soutenue dans la durée, peut réellement inverser la tendance sur un littoral abîmé — et rappelle pourquoi Kep West continue d'y emmener ses visiteurs, ainsi que des partenaires comme Art for Kep. J'en suis repartie avec une conscience plus vive de la fragilité de l'océan, et une urgence renouvelée à le protéger, un bloc de récif à la fois.
VENEZ LE CONSTATER PAR VOUS-MÊME
Kep West organise des excursions à la journée sur Koh Ach Seh pour les visiteurs souhaitant rencontrer l'équipe de Marine Conservation Cambodia, plonger ou faire du snorkeling sur les récifs, et partager un barbecue sur l'île. Les places sont limitées et réservées directement auprès de Kep West.
Organisez votre visite sur kepwest.com · Suivez l'avancement du projet via Art for Kep - www.artforkep.org







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