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Siem Reap : Laque & Saveurs, quand l'art s'invite dans l'assiette

Le jeudi 30 avril 2026, le restaurant Mouhot’s Dream du Sofitel Angkor convie ses hôtes à une soirée singulière, suspendue entre matière et goût, entre geste artisanal et création culinaire. Un dîner exceptionnel signé par deux Eric, deux artisans de l’excellence : Eric Stocker, maître laqueur, et Eric Berrigaud, chef cuisinier de l’hôtel.

De gauche à droite : Eric Berrigaud, chef cuisinier de l’hôtel et Eric Stocker, maître laqueur
De gauche à droite : Eric Berrigaud, chef cuisinier de l’hôtel et Eric Stocker, maître laqueur

Il y a des soirées où le temps s'évapore lentement comme une brume. Où l’on entre dans un restaurant comme on entre dans un musée, et où l’on quitte la table comme on quitte une galerie, l’esprit encore vibrant des images et des saveurs entremêlées. C’est exactement ce que promet « Lacquer & Textures », le dîner-événement imaginé par le Sofitel Angkor Phokeethra Golf & Spa Resort, à Siem Reap.

Tout commence dans le grand salon Mouhot’s Dream transformé pour l’occasion en « mini musée » éphémère. Des plateaux aux reflets d’encre, des bols aux galbes silencieux, des panneaux d’une profondeur hypnotique — les œuvres d’Eric Stocker se déploient, muettes et souveraines, avant même que l’on s’installe à table. Un apéritif de l’œil, avant celui du palais.

Eric Stocker
Eric Stocker

Eric Stocker : l’homme qui murmure à la sève

Tout commence pour lui à seize ans, au Musée Guimet, sous la conduite d’un grand maître.

« J’ai appris le métier de laqueur comme on apprend une langue », confie-t-il simplement.

Une langue ancienne — la première laque connue remonte à 7 000 ans, au Japon —, mais dont Stocker parle aujourd’hui avec une flué encore rare en Occident.

Après des années de restauration de mobilier asiatique au sein du Mobilier national, c’est l’Union européenne qui l’envoie au Cambodge en 1998 pour relancer toute une filière disparue : la récolte de la sève, la formation des laqués, la mise en route des ateliers. En 2008, il crée sa propre équipe dans un petit atelier de Siem Reap et n’en est jamais vraiment reparti.

Aujourd’hui, 80 % de sa production part vers les États-Unis — la côte est, la côte ouest, les amateurs d’Art déco des années 1920-1930 qui retrouvent dans ses laques la sophistication élégante de l’Empire State Building et des grands paquebots. Il crée aussi pour les intérieurs de yachts de luxe en Chine, pour de grandes maisons françaises, et expose régulièrement ses textures lors des salons nautiques de Shanghai. Paravenus, têtes de lit, tables basses, art de la table — son vocabulaire est immense, sa technique, inépuisable.

« On est toujours recherchés à travers nos spécialités », dit-il sans fanfare. « Ça fait cinquante-deux ans que ça dure, et ça passe les modes. »

L’humble formule dit tout. Stocker ne court pas après la tendance — c’est elle qui finit par le rattraper.

Eric Berrigaud
Eric Berrigaud

Eric Berrigaud : la Bretagne à l’hôtel des dieux khmers

À Carnac, en Bretagne, Eric Berrigaud a grandi sans que la cuisine soit une affaire de famille. C’est une vocation strictement personnelle, nourrie d’un tour de France des maisons étoilées — de Biarritz à Paris, de Paris en Bretagne. « Quand on travaille avec passion, on ne compte pas ses heures », dit-il. Une déclaration qui, venant d’un chef, sonne moins comme une résignation que comme un privilège.

Il y a plus de vingt-cinq ans, on lui demande de rejoindre le Sofitel Silom de Bangkok en quarante-huit heures, depuis les Caraïbes. Il dit oui. L’Asie du Sud-Est ne l’a plus lâché. Singapour, les Maldives, le Vietnam, le Laos — avant de poser ses couteaux à Siem Reap, où il officie depuis huit ans au Sofitel Angkor, présidant à la destinée de plusieurs points de restauration, dont le Mouhot’s Dream et le Citadel.

C’est lui qui, le premier, a eu l’idée de cette collaboration. « Ça m’intéresse d’associer des disciplines qui ne se croisent pas toujours », explique-t-il.

« Eric est un artiste. Il faut le mettre en avant. Utiliser ses plateaux, ses assiettes pour en faire quelque chose de sublime. »

Et comme Stocker est natif de Nantes, la conclusion s’imposait d’elle-même : il préparera lui-même son beurre blanc, sauce-étendard d’une ville et d’une culture.

Une soirée à la frontière des arts

Le dîner débutera par un cocktail d’une demi-heure, servi autour des plateaux laqués d’Eric Stocker. Puis viendra la présentation personnelle de l’artiste — un moment rare où il partagera les secrets de son métier : les matériaux, les techniques centenaires, les inspirations qui guident chaque pièce.

« La laque, c’est avant tout de la patience et de la précision », résume-t-il. « Chaque couche doit sécher avant la suivante. On ne peut pas forcer. »

Ensuite, le dîner en trois actes, imaginé par Berrigaud pour faire écho, en cuisine, aux profondeurs et contrastes de la laque. Chaque plat est pensé comme une pièce dans une exposition — un dialogue entre l’œil et le palais, où les bols et plateaux de Stocker deviennent la scène. Et au cœur de ce dîner, ce moment d’exception : l’artiste revêtira la toque et préparera lui-même son beurre blanc nantais, ce classique de la gastronomie française, réimaginé dans le cadre d’un soir de laque et de lumière.

Estelle Legrand
Estelle Legrand

Estelle Legrand, l’architecte de l’invisible

Derrière cet événement, il y a une jeune femme qui ne figure pas sur l’affiche, mais sans laquelle rien ne se ferait : Estelle Legrand, 29 ans, originaire de Nancy, Marketing & Communications Manager du Sofitel Angkor depuis bientôt trois ans. C’est elle qui tissera les liens entre les deux Eric, qui imagine la scénographie, qui construit la narration visible et invisible de la soirée.

« Je me rends régulièrement à l’atelier d’Eric Stocker, et à chaque fois je suis surprise de tout ce qu’ils font », confie-t-elle.

Son rôle dépasse largement la communication traditionnelle : elle déniche les artistes — cambodgiens pour la plupart, dont le talent reste souvent trop discret —, conçoit des expositions tournantes dans le lobby de l’hôtel, et veille à ce que l’art soit présent dans chaque recoin de l’espace : des verres à champagne soufflés aux côtés des œuvres exposées, des œuvres accrochées dans les chambres jusqu’aux pièces disposées dans les bars.

La marque a beau avoir changé de slogan — de « C’est magnifique » au plus contemporain « ''Where life lives'' with a French Zest » —, l’esprit, lui, reste intact : faire du Sofitel Angkor un espace vivant, porté par la créativité et l’hospitalité à la française. « Travailler avec des artistes, c’est quelque chose qui me plaît vraiment », dit-elle, et l’enthousiasme sonne juste.

Voir, goûter, ressentir

« Lacquer & Textures » n’est pas un simple dîner gastronomique. C’est une invitation à ralentir, à regarder une cuillère autrement, à se demander combien de couches de savoir-faire recouvrent le bol dans lequel on porte ses lèvres.

C’est la rencontre de deux formes d’excellence française exercées au loin, loin de Paris mais jamäis loin de la rigueur. Et c’est, peut-être, la preuve que le vrai luxe n’est pas dans l’opulence — il est dans l’attention portée au détail, dans le temps donné à chaque geste, dans la conviction que beauté et goût peuvent, ensemble, dire quelque chose de vrai.

LACQUER & TEXTURES DINNER

Jeudi 30 avril 2026 · Mouhot’s Dream · 18h00

53 USD net par personne (dîner 3 services, canapés cocktail inclus)

65 USD net par personne (avec accord mets & vins)

Réservations : h3123-fb3@sofitel.com · +855 (0) 63 964 600

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runongw
05 mai

La soirée au Mouhot’s Dream s’annonce unique, mêlant l’art culinaire et la tradition du laquage. Une expérience qui semble transcender la simple dégustation. Pour plus de divertissement, essayez ce jeu captivant : スイカゲーム Suika Game.

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