top of page
Ancre 1

Phnom Penh : 10 ponts transfluviaux d’ici 2030, un tremplin pour l’immobilier et la croissance économique

Phnom Penh s’apprête à une métamorphose infrastructurelle majeure avec l’édification de 10 ponts franchissant les fleuves Tonle Sap, Bassac et Mékong d’ici 2030, un levier stratégique pour juguler les embouteillages et catalyser le boom immobilier.

Chak Angre Krom–Prek Pra
Chak Angre Krom–Prek Pra

Cette ambition royale, portée par des financements internationaux et une vision urbanistique audacieuse, dope déjà les valeurs foncières dans les zones sud et est, transformant la capitale cambodgienne en un hub régional dynamique et attractif pour les investisseurs étrangers.

Dans un contexte de croissance démographique fulgurante – la population métropolitaine dépassant les 2,5 millions d’habitants – et d’urbanisation accélérée, ces ouvrages s’imposent comme des catalyseurs essentiels pour une mobilité fluide et une économie résiliente.

Les sept ponts actuels : socle historique d’une connectivité renforcée

En ce début 2026, Phnom Penh dispose de sept ponts opérationnels qui structurent la vie quotidienne de la capitale. Parmi eux, le mythique Pont d’Amitié Cambodge-Japon (1999), premier grand franchissement moderne, symbolise les premiers pas vers la modernisation post-Khmer rouge. Suivent le Pont d’Amitié Cambodge-Chine (2015), Prek Pnov (2002), les anciens et nouveaux Ponts Monivong (années 1950 et 2016), le spectaculaire Pont suspendu de Russey Keo (2012) et le récent Koh Pich–Koh Norea (2020), reliant les îles emblématiques de la ville.

Construits au fil des deux dernières décennies, ces sept ouvrages ont multiplié par près de trois le nombre de franchissements fluviaux, passant de deux dans les années 1990 à dix prévues en 2030. Leur impact est tangible : réduction des temps de trajet de 30-40% aux heures de pointe, accélération du fret urbain – Phnom Penh abritant 75% des industries nationales – et baisse des coûts logistiques estimés à 1-2% du PIB local. Ces ponts ont non seulement soulagé les ferries surchargés mais aussi favorisé l’émergence de quartiers dynamiques comme Russey Keo, passé d’une zone rurale à un pôle résidentiel et commercial.

Trois nouveaux ponts phares : coûts précis, calendriers ambitieux et défis techniques

Le paysage infrastructurel s’enrichit de trois projets majeurs, chacun avec des spécificités techniques et économiques distinctes.

Le huitième pont : Chak Angre Krom–Prek Pra, un viaduc de 1 650 mètres sur le Bassac, financé par un crédit concessionnel chinois (montant confidentiel, typiquement 50-100 millions USD pour des projets similaires). Lancés en février 2024 sous l’impulsion du Premier ministre Hun Manet, les travaux ont atteint 50% d’avancement début janvier 2026.

À quatre voies avec accotements piétons, il reliera Chak Angre Krom (Khan Meanchey) à Prek Pra (Khan Chbar Ampov), délestant le Pont Monivong saturé et ouvrant l’accès direct à la Route Nationale 1 et au futur Aéroport International Techo à Takhmao, opérationnel dès 2027. L’achèvement est visé fin 2026 ou début 2027, malgré les défis des moussons.

Le neuvième : Pont d’Amitié Cambodge-Corée du Sud, joyau architectural de 2 375 mètres composé de deux sections via l’île Chroy Changvar. La première franchit le Tonle Sap depuis le Night Market jusqu’à la rive près de l’hôtel Sokha ; la seconde traverse le Mékong vers Arey Ksatr. Budget total : 250 millions USD, dont 235 millions via un prêt de la Korea Eximbank.

Son design suspendu, inspiré des salutations khmères « sampeah », intègre des câbles élégants et une portée record. Travaux programmés début 2026 pour une inauguration en 2030, ce pont renforcera les échanges bilatéraux et fluidifiera le tourisme nocturne.

Le dixième : Koh Norea–Mekong Quay, reliant l’île phnompenoise à la ville satellite Mekong City (Arey Ksatr, Kandal). Estimé à 200-300 millions USD via partenariats public-privé (PPP) impliquant l’OCIC et le TP Moral Group, ce projet fait l’objet d’études intensives. Le 28 janvier 2026, la ministre des Travaux Publics et Transports, S.E. Peng Ponea, a présidé une réunion cruciale avec les administrations locales pour valider la faisabilité, la longueur (environ 2 km) et le calendrier prévisionnel 2027-2030. Il visera à irriguer le développement est du Mékong, zone prioritaire pour l’immobilier haut de gamme.​

Tableau synthétique des projets stratégiques

Pont

Coût estimé (USD)

Avancement/Calendrier

Financement principal

Zones connectées

Chak Angre Krom–Prek Pra

50-100 M (non public)

50% janv. 2026 ; fin 2026-2027

Crédit Chine

Sud : Meanchey-Chbar Ampov-Techo

Cambodge-Corée du Sud

250 M

Début 2026 ; achèvement 2030 ​

Korea Eximbank

Centre-Est : Night Market-Arey Ksatr

Koh Norea–Mekong Quay

200-300 M

Études 2026 ; constr. 2027-2030 ​

PPP (OCIC, TP Moral)

Est : Koh Norea-Mekong City

Impacts immobiliers : une valorisation foncière explosive et structurante

Ces ponts agissent comme des aimants à investissements, boostant l’immobilier dans les zones autrefois périphériques. Historiquement, chaque nouveau franchissement provoque une hausse de 20-50% des prix fonciers dans un rayon de 5 km : terrains passant de 200-300 USD/m² à 700-900 €/m² en quelques années. Les districts sud (Chak Angre, Chbar Ampov) explosent grâce à l’aéroport Techo, attirant projets mixtes résidentiels-commerciaux ; l’est (Arey Ksatr, Mekong Quay) voit naître des villes satellites haut de gamme.

En 2025-2026, plus de 1 000 chantiers de condominiums et bureaux animent Phnom Penh, avec des rendements locatifs de 5-7% dans les quartiers connectés comme Chroy Changvar ou BKK1. Des promoteurs comme l’OCIC intègrent infrastructures et urbanisme : tours de 40 étages, malls et hubs logistiques émergent, stabilisant un marché immobilier reparti après la crise du Covid (baisse de 30% en 2023).

Ces dynamiques pourraient injecter plusieurs milliards USD d’ici 2030, positionnant Phnom Penh comme rivale de Bangkok ou Ho Chi Minh-Ville pour les capitaux asiatiques et occidentaux.

Exemple concret : Le Pont Russey Keo (2012) a triplé les prix immobiliers locaux en cinq ans, transformant rizières en quartiers résidentiels. De même, Chak Angre Krom propulsera Chbar Ampov vers un boom similaire (+30% attendu).

Perspectives macroéconomiques et défis à relever

Au-delà de l’immobilier, ces 10 ponts s’inscrivent dans un plan royal ambitieux – près de 20 ponts nationaux en 20 ans – pour réduire les pertes liées aux embouteillages et accélérer la croissance à 7% annuels. Ils favorisent l’export (textile, agroalimentaire), le tourisme (2 millions de visiteurs prévus en 2026) et l’intégration ASEAN.

Pourtant, les défis persistent : endettement vis-à-vis de la Chine (BRI), risques sismiques/moussons, et surchauffe immobilière. Une gouvernance PPP renforcée et des études environnementales rigoureuses seront cruciales pour un développement durable.

Commentaires

Noté 0 étoile sur 5.
Pas encore de note

Ajouter une note
  • Télégramme
  • Youtube
  • Instagram
  • Facebook Social Icône
  • X
  • LinkedIn Social Icône
bottom of page