La Plantation à Kampot franchit un cap : Le poivre cambodgien s'invite en Europe avec une certification bio
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Dans les collines de Kampot, au sud du Cambodge, le poivre – surnommé "l'or noir" local – s'apprête à conquérir les marchés européens grâce à une certification biologique majeure.

La Plantation Kampot, exploitant familial pionnier, a obtenu l'accréditation bio européenne (règlement UE 2018/848) pour son entrepôt central en Europe. Cette étape, validée par Ecocert, simplifie l'exportation de ses épices IGP vers l'Union européenne, un marché en pleine expansion pour les produits durables.
Des racines dans un terroir préservé
La Plantation Kampot, implantée depuis plus de dix ans sur les rives de la Prek Chhak, cultive ses épices selon des principes biologiques stricts dès l'origine. Certifiée Ecocert, l'exploitation – qui emploie une trentaine de journaliers locaux – privilégie la rotation des cultures, les engrais organiques et la lutte intégrée contre les nuisibles. Son fleuron, le poivre de Kampot (IGP depuis 2016, sous égide de l'OMPI), se distingue par ses arômes complexes : fraîcheur mentholée, notes d'agrumes et de sous-bois, issus de sols volcaniques et d'un climat monsoonique.
Face au réchauffement climatique, qui a réduit les rendements de 15% en Kampot ces cinq dernières années (données FAO, 2025), ces pratiques bio assurent une résilience accrue, avec une biodiversité 40% supérieure à l'agriculture conventionnelle (étude Université royale de Phnom Penh, 2024).
Un entrepôt européen, clé de la traçabilité
Le cœur de cette avancée est l'entrepôt européen, désormais certifié, qui centralise les flux logistiques. Équipé de systèmes de traçabilité blockchain et de stockage isotherme, il élimine les risques de contamination croisée et les formalités douanières complexes.
Dans un contexte où les importations d'épices bio en UE ont progressé de 8,2% en 2025 (Eurostat), cette certification positionne le Cambodge – deuxième producteur mondial de poivre (1 500 tonnes exportées annuellement) – face à des concurrents comme le Vietnam ou l'Inde. Elle s'inscrit dans l'accord de libre-échange UE-Cambodge (2020), qui réduit les droits de douane sur les produits agroalimentaires durables.
Bio et conventionnel : deux visages d'une même excellence
L'entreprise propose ses épices en versions bio et non certifiée, issues des mêmes parcelles mais avec des protocoles d'export distincts pour garantir la séparation. Disponibles en ligne (poivre noir bio IGP : 15 euros les 250 g), ces produits ciblent chefs et consommateurs exigeants. La gamme bio s'élargira en 2026 à d'autres rhizomes, dopée par des partenariats avec des enseignes comme Biocoop.
Enjeux géoéconomiques pour le Cambodge
Au-delà du commercial, cette réussite illustre la transition agroécologique du Cambodge, pays en développement où 70% de la population dépend de l'agriculture (Banque mondiale, 2025).
Elle génère des revenus stables pour les petits producteurs – le poivre se vend trois fois plus cher que le conventionnel – et promeut un modèle exportable. Reste la question des infrastructures : routes précaires et ports surchargés freinent encore les volumes.
La Plantation Kampot incarne ainsi un pont entre terroirs ancestraux et standards mondiaux.
Pour plus d'informations : https://laplantation.com/



