Parcs agro-industriels : le Cambodge mise sur l'Australie pour un développement économique de plusieurs milliards de dollars
Le Cambodge accélère la mise en œuvre de son nouveau cadre pour les parcs industriels agroalimentaires (Agri-Food Industrial Park, AIP), avec le soutien de l'Australie. Une réunion s'est tenue fin août à Phnom Penh entre le Conseil pour le développement du Cambodge (CDC) et l'ambassade d'Australie, réunissant investisseurs agro-industriels et partenaires au développement autour des opportunités qu'ouvre ce nouveau cadre.

Présidée par Sun Chanthol, vice-Premier ministre et premier vice-président du CDC, la rencontre visait à présenter aux investisseurs les modalités concrètes du dispositif, approuvé le 29 mai 2026 par le Premier ministre Hun Manet. Le cadre repose sur un modèle « porté par le secteur privé, adossé à l'État » : l'objectif est d'accélérer l'industrialisation du secteur agricole cambodgien tout en générant de l'emploi et en renforçant la compétitivité des exportations.
Sun Chanthol a détaillé les grandes lignes du dispositif — objectifs de politique publique, critères d'éligibilité des projets et surtout les avantages accordés via le statut de « Projet d'investissement qualifié Plus » (QIP Plus). Ces incitations et mesures de facilitation doivent encourager des investissements de qualité dans l'implantation et le développement des parcs agro-industriels sur le territoire cambodgien.
Sur le plan juridique, le CDC agit comme guichet unique pour la gestion des investissements privés et des zones économiques spéciales, y compris les futurs parcs agro-industriels, enregistrés comme projets d'investissement qualifiés (QIP) au titre de la loi cambodgienne sur l'investissement. Ce statut ouvre droit à des incitations fiscales et douanières spécifiques, auxquelles s'ajoutent désormais les mesures complémentaires du QIP Plus destinées aux investisseurs agro-industriels.
Le secteur agricole reste un pilier de l'économie du royaume : il emploie plus d'un tiers de la main-d'œuvre nationale et a généré plus de 3 milliards de dollars de recettes d'exportation sur les sept premiers mois de 2026. Le CDC a identifié la transformation agroalimentaire comme un secteur d'investissement prioritaire, avec l'ambition de faire progresser la valeur ajoutée locale plutôt que l'exportation de matières premières brutes. Les autorités cambodgiennes ciblent en particulier la transformation de la noix de cajou, du caoutchouc, ainsi que les filières bois et produits dérivés du bois, comme axes prioritaires pour les investisseurs australiens.
Le développement des parcs agro-industriels constitue également l'un des piliers de la coopération économique entre le Cambodge et l'Australie. Canberra accompagne l'élaboration de ce cadre depuis 2022, en lien étroit avec le CDC, le ministère de l'Économie et des Finances, ainsi que différents acteurs publics et privés du secteur. Cette coopération s'inscrit dans la continuité de programmes plus anciens, du Cambodia Agricultural Value Chain Program (CAVAC) à l'actuel Cambodia-Australia Partnership for Resilient Economic Development (CAPRED), qui structure aujourd'hui l'essentiel de l'appui technique australien au secteur.
La dynamique s'est prolongée fin août à Sydney, où Sun Chanthol a rencontré des investisseurs australiens dans le cadre d'un roadshow consacré à l'investissement au Cambodge, aux côtés de représentants du ministère australien des Affaires étrangères et du Commerce. L'ambassade d'Australie a réaffirmé à cette occasion son engagement à accompagner les entreprises cambodgiennes pour renforcer leur compétitivité et générer une croissance plus inclusive et résiliente.
Selon une étude de faisabilité réalisée par le gouvernement cambodgien en 2022, ces parcs devraient générer jusqu'à 5,1 milliards de dollars pour l'économie nationale d'ici 2045, tout en créant environ 100 000 emplois — dont plus de la moitié destinés aux femmes. Trois provinces sont pressenties pour accueillir les premiers sites : Battambang, Kampong Speu et Kampong Thom.
Cette coopération s'inscrit dans la stratégie plus large de diversification économique du Cambodge, qui cherche à réduire sa dépendance aux exportations de produits agricoles bruts au profit d'une industrie de transformation à plus forte valeur ajoutée.








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