Phnom Penh : deux jours consacrés au leadership féminin à l’URDSE
Les jeudi 5 et vendredi 6 novembre, l’Université royale de droit et de sciences économiques accueille le Forum des femmes influentes. Magistrates, chercheuses, cheffes d’entreprise et responsables publiques y prendront la parole, dix jours avant l’ouverture du XXe Sommet de la Francophonie.

Un forum dans le sillage du Sommet de la Francophonie
Le rendez-vous aura lieu dans l’amphithéâtre G de l’URDSE. Il est organisé par l’Observatoire francophone pour le développement inclusif par le genre (OFDIG), hébergé par l’Université du Québec à Montréal, avec l’URDSE et le cabinet Confluences. Les deux journées bénéficieront d’une interprétation simultanée khmer-français.
L’objectif est de donner de la visibilité aux femmes francophones actives dans la recherche, l’enseignement supérieur, l’économie et l’éducation en Asie-Pacifique, et de renforcer leurs réseaux. Les débats porteront sur la place des femmes dans les instances de décision, les droits humains et le changement climatique dans la région indo-pacifique.
Le calendrier a été choisi. Phnom Penh reçoit le XXe Sommet de la Francophonie les 15 et 16 novembre, et l’égalité entre les femmes et les hommes figure parmi les thèmes portés par l’institution.
Un pays de contrastes
Les chiffres disent la même chose que le programme du forum : le Cambodge avance, mais de façon inégale. Dans le classement 2025 du Forum économique mondial sur l’égalité des genres, le Cambodge obtient un score de 0,682, derrière les Philippines, Singapour, la Thaïlande et le Vietnam. Le détail est plus parlant. Le pays se classe 57e sur 148 pour la participation économique, mais 119e pour le niveau d’éducation et 127e pour la représentation politique.
Sur le marché du travail, les Cambodgiennes sont pourtant très présentes. Selon le PNUD, 74 % d’entre elles sont actives, le taux le plus élevé de la région, contre 86,5 % des hommes. Le même organisme place le Cambodge au 136e rang sur 193 pays dans son indice d’inégalité de genre, qui mesure la santé reproductive, l’autonomisation et l’accès à l’emploi.
Jeudi 5 novembre : droits, éducation et pouvoir
L’accueil débutera à 8 h 30 dans le hall de l’amphithéâtre. À 9 heures, la cérémonie d’ouverture réunira le recteur de l’URDSE, Luy Channa, la directrice de l’OFDIG, Marie Langevin, l’ambassadeur du Canada au Cambodge, Christian DesRoches, et la ministre des Affaires féminines, Ing Kantha Phavi.
À 9 h 30, un rapport sera présenté par Long Sonita, du Comité cambodgien des droits de l’homme, la magistrate Chaing Sinath, de la Cour suprême, et Mom Sokcha, directeur de l’ONG Legal Support for Children and Women (LSCW). Phal Theany, docteure en droit et enseignante à l’URDSE, animera la séance.
Une table ronde suivra à 10 h 30 sur l’égalité des femmes et des filles devant la loi, au Cambodge et en Asie-Pacifique. Avancées, blocages, perspectives : la consultante Nith Nitikar fera partie des intervenantes.
L’après-midi s’ouvrira à 13 heures sur une question plus délicate : comment les théories et les luttes féministes trouvent leur place dans la société cambodgienne. Or Vandine, secrétaire d’État à la Santé, Sisowath Men Chandevy, vice-rectrice de l’Université royale des beaux-arts, et Rémicard Sereme, doctorante en droit, en débattront. Caterine Bourassa-Dansereau, professeure à l’UQAM et responsable scientifique de l’OFDIG, modérera les échanges.
À 14 h 30, un dernier panel traitera du pouvoir d’influence des femmes. Le sujet n’a rien d’abstrait. Avant les législatives de 2023, 26 des 125 sièges de l’Assemblée nationale étaient occupés par des femmes, soit 20,8 %. Après le scrutin, leur part est tombée à 12,8 %, alors qu’elle tournait autour de 20 % lors des cycles précédents. Le tableau a pourtant ses nuances. Khuon Sudary est devenue la même année la première femme à présider l’Assemblée nationale. Dans la fonction publique, les femmes représentaient 42 % des agents en 2019, mais beaucoup moins aux postes de décision.
Seng Rothsethamony, fondatrice et directrice générale de Bamnang, Chem Srey Oeun, directrice des affaires publiques et institutionnelles de Smart Axiata, et Prum Nysovannak, représentante nationale de France Volontaires, débattront de ces questions. Dara N. Van, responsable de l’accès aux marchés chez Confluences, animera la discussion.
Vendredi 6 novembre : parcours, regards et monde de l’entreprise
La deuxième journée commencera par un café-rencontre à 8 h 30. À 9 heures, quatre femmes raconteront leur parcours dans l’université, l’enseignement et la recherche.
Leur témoignage pèse d’autant plus que les filles décrochent en cours de route. En 2021-2022, sur 206 893 étudiants du supérieur, environ 46 % étaient des femmes. En master, elles n’étaient plus que 28,6 %. Côté enseignants, les femmes ne représentaient que 21,4 % des 16 438 personnels de l’enseignement supérieur. Les sciences et techniques restent le point faible. Une étude de la Banque asiatique de développement et du CDRI montre que les femmes ne forment que 17 % des étudiants en filières scientifiques et techniques, et qu’elles quittent ces carrières plus souvent que les hommes.
Khuon Vichheka, porte-parole du ministère de l’Éducation, de la Jeunesse et des Sports et directrice générale de la formation des enseignants, Prum Sophea, docteure de l’Université de La Rochelle et spécialiste de l’intelligence artificielle, Norng Many, docteure en sciences du langage et chercheuse au musée SOSORO, et Iv Sophea, épidémiologiste à l’Institut Pasteur du Cambodge, prendront la parole. Magali Bigaud, chercheuse associée au laboratoire Arènes du CNRS, assurera la modération.
À 10 h 30, le panel s’intéressera à la place des femmes dans la société cambodgienne, à partir de projets menés sur le terrain. Sovann Vannaroth, secrétaire d’État au ministère du Travail et de la Formation professionnelle, Ann Chansopheak, chargée de programme à la FAO, Leakhéna Des Pallières, directrice générale de Pour un sourire d’enfant (PSE), et Chhay Chhunly, analyste de projets à ONU Femmes Cambodge, partageront leurs retours d’expérience. Eric-Normand Thibeault, de l’OFDIG, animera le panel.
À 13 heures, quatre dirigeantes parleront de leur métier. Elles font figure d’exception dans un paysage où l’entrepreneuriat féminin est massif mais modeste. Selon la Banque asiatique de développement, les femmes détiennent 70 % des entreprises du pays, dont beaucoup sont des microentreprises. La même étude note que leurs entreprises adhèrent moins souvent aux associations professionnelles et sollicitent moins de prêts bancaires.
Tea Kaliane, directrice marketing de SOMA Group, Rapytha Bonamy, directrice générale de Newrest Catering Cambodia, Hep Seka, associée chez DFDL Cambodge, et Tep Mona, à la tête de la Pharmacie de la Gare et de Monaparady Ltd, témoigneront. Soreasmey Ke Bin, directeur général de Confluences, mènera la discussion.
Une séance de synthèse est prévue à 15 heures. Christian DesRoches, Nicolas Mainetti, directeur régional Asie-Pacifique de l’Agence universitaire de la Francophonie, et Caterine Bourassa-Dansereau prononceront les interventions de clôture. Le forum se terminera à 16 heures. La journée sera aussi marquée par la signature symbolique d’un accord-cadre de coopération entre l’OFDIG et l’URDSE.
Informations pratiques
Dates : jeudi 5 et vendredi 6 novembre 2026, de 8 h 30 à 16 heures
Lieu : amphithéâtre G, Université royale de droit et de sciences économiques (URDSE), Phnom Penh
Langues : interprétation simultanée khmer-français
Inscription : https://forms.gle/Npysfu5MdzgM6cPa8








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