Parcours : Ritha Saroeurn, informaticienne, « prouver qu’une femme en est capable »

Sans jamais se départir de son joli sourire et de sa bonne humeur, Ritha Saroeurn a aujourd'hui l'entière responsabilité du parc informatique du groupe Thalias. Un métier qu’elle est fière d’exercer, dans un domaine longtemps considéré comme réservé aux hommes.

Entretien :

Ritha Saroeurn, informaticienne
Ritha Saroeurn, informaticienne

CM : Où avez-vous passé votre enfance ? Avez-vous toujours habité à Phnom Penh ?

Non, je suis arrivée à Phnom Penh lorsque j’avais 20 ans. Auparavant, je vivais dans ma province d’origine, Banteay Meanchey, qui jouxte la frontière thaïe. J’y ai grandi en compagnie de mes trois sœurs et deux frères.

« Ce fut une jeunesse marquée par l’amour de mes grands-parents, qui se sont occupés de nous sans relâche depuis la disparition de mes parents. »

Je me souviens tout particulièrement de la grande solidarité dont faisaient preuve les habitants, et puis, Banteay Meanchey est un endroit magnifique, avec sa campagne verdoyante et son fameux temple de Banteay Chhmar, dans lequel je me rendais très souvent.

CM : Qu’est-ce qui vous poussé à venir à Phnom Penh ?

Après la fin de mes études secondaires, j’ai voulu continuer à apprendre, car j’avais envie de mener une carrière dans un secteur assez original, celui de l’informatique. Pour deux raisons : tout d’abord, de plus en plus de monde est amené à se servir d’un ordinateur, c’est donc un métier d’avenir, et qui plus est intéressant.

« Et puis, il y avait aussi une forme de défi qui m’a motivée. La plupart des gens pensent malheureusement encore qu’il s’agit d’un domaine réservé aux hommes, et j’avais terriblement envie de leur prouver le contraire ! »

Mes grands-parents m’ont encouragée, et j’ai été acceptée pour intégrer une formation sur deux ans, à Phnom Penh, proposée par l’association Passerelles numériques.

CM : Comment s’est passée la transition entre Banteay Meanchey et la capitale ?

Difficilement, du moins au début. Phnom Penh est une ville assez déroutante pour quelqu’un qui vient d’une province essentiellement rurale. Mais je n’étais pas toute seule : j’avais la chance de partager une chambre avec l’une de mes sœurs, ainsi qu’avec un colocataire qui, plus tard, est devenu mon mari.

CM : Comment se sont déroulées vos études ?

Nous avons tout d’abord appris les bases de l’informatique, avant de nous plonger dans des aspects plus techniques. J’étais à l’aise avec l’informatique, mais il m’a par contre fallu redoubler d’efforts afin de mieux maîtriser l’anglais.

Cela m’a demandé beaucoup de temps, car, en plus de la langue de base, il s’agissait aussi d’apprendre une multitude de termes techniques. J’ai travaillé dur pour ça ! Ensuite, il y a eu les stages en entreprise, où j’ai dû démontrer à des personnes parfois incrédules qu’une femme pouvait très bien paramétrer ou réparer un ordinateur.

CM : Comment avez-vous intégré votre emploi actuel ?

Une fois ces études terminées, j’ai voulu me perfectionner, ce qui m’a poussée à rejoindre l’université Puthisastra pour 2 années supplémentaires. Après cela, j’ai vu passer une annonce pour un poste au sein du groupe Thalias. J’y ai postulé, et j’ai été retenue ! Pendant 2 ans, je me suis occupée du support technique, avant d’être promue responsable du service.

Ma mission est de veiller au bon fonctionnement des ordinateurs, de prévenir et réparer les pannes, de configurer les logiciels et les périphériques, de maintenir la sécurité… Il y a aussi un volet didactique, qui vise à expliquer aux utilisateurs les bons comportements en matière d’informatique, la manière d’utiliser les logiciels, les choses à faire et celles à éviter… C’est un métier particulièrement intéressant, qui évolue tout le temps.

CM : Quels sont vos passe-temps ?

Je me contente donc d’écouter de la musique et de danser dans ma chambre !

Par Christophe Gargiulo & Rémi Abad

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