Le ministère cambodgien de la Santé publie de nouvelles directives pour prévenir le virus Nipah, une menace émergente transmise par les chauves-souris frugivores
- La Rédaction

- il y a 5 heures
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Le ministère de la Santé du Cambodge a récemment diffusé de nouvelles orientations à destination du public afin de renforcer la prévention contre le virus Nipah (NiV), une zoonose rare mais potentiellement létale transmise par les chauves-souris frugivores et certains animaux d’élevage.

Bien en qu’aucun cas humain n’ait été enregistré dans le pays à ce jour, la détection du virus chez des chauves-souris locales a incité les autorités à adopter des mesures préventives accrues.
Découvert pour la première fois en 1999 lors d’une épidémie en Malaisie et à Singapour, le virus Nipah appartient à la famille des Paramyxoviridae, genre Henipavirus. Selon l’Organisation mondiale de la Santé, le taux de mortalité varie entre 40% et 70%, en fonction de la qualité de la prise en charge médicale et de la précocité du diagnostic. Depuis sa découverte, le virus a provoqué des flambées récurrentes au Bangladesh et dans le nord-est de l’Inde, où sa transmission interhumaine est désormais bien documentée.
Le NiV se transmet principalement à l’humain par contact direct avec des animaux infectés — notamment les chauves-souris roussettes (Pteropus spp.) et les porcs — ou par ingestion d’aliments contaminés, tels que les fruits ou le jus de palmier datier contaminé par la salive ou l’urine de chauves-souris. La transmission secondaire entre humains peut survenir à la suite d’un contact étroit avec des sécrétions corporelles ou des fluides biologiques d’une personne infectée.
Les symptômes apparaissent en général entre 4 et 14 jours après l’exposition. La maladie débute souvent par une fièvre, des maux de tête intenses, des douleurs musculaires, des vomissements et une gorge irritée.
Dans les cas graves, les patients développent des troubles neurologiques tels qu’une encéphalite aiguë, des convulsions, une confusion mentale, voire une paralysie. Le décès peut survenir en 24 à 48 heures après l’apparition des signes neurologiques sévères. Les survivants présentent fréquemment des séquelles neurologiques à long terme, comme des troubles de la mémoire ou une instabilité émotionnelle.
Face à cette menace, le ministère cambodgien de la Santé recommande aux citoyens de :
éviter tout contact avec les chauves-souris et les animaux malades ;
porter des équipements de protection (gants, masques, vêtements couvrants) lorsqu’ils manipulent du bétail ;
laver soigneusement les fruits et les éplucher avant consommation ;
appliquer des protocoles d’hygiène stricts dans les hôpitaux et lors des prélèvements cliniques.
À l’heure actuelle, aucun traitement antiviral spécifique ni vaccin homologué n’existe contre le Nipah. La prévention, l’isolement rapide des cas suspects et les soins de soutien demeurent les seules stratégies efficaces pour limiter la propagation du virus. Les autorités sanitaires cambodgiennes, en coordination avec l’Organisation mondiale de la Santé et les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies, poursuivent la surveillance épidémiologique et la sensibilisation communautaire afin de réduire les risques potentiels d’émergence.







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