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Le Cambodge enregistre une croissance commerciale vigoureuse de 17% au T1 2026 peut-on rester optimiste ?

Le commerce extérieur du Cambodge a bondi à près de 17 milliards de dollars au premier trimestre 2026, soit une hausse de 17,2% par rapport à l’année précédente, selon le Département général des douanes et des excises.

Ces chiffres, datant d’avant la guerre en Iran et la crise énergétique mondiale qui a suivi fin février‑mars 2026, illustrent une dynamique précoce robuste. Cette performance, dopée par des exportations et importations dynamiques, confirme la résilience de l’économie khmère face aux tensions géopolitiques.

Une expansion tirée par les exportations et importations records

Les exportations ont grimpé de 17,7% à 8,10 milliards de dollars, contre 6,88 milliards au T1 2025, tandis que les importations ont progressé de 16,7% à 8,84 milliards de dollars (contre 7,57 milliards un an plus tôt). Ce bilan positif réduit le déficit commercial à 740 millions de dollars, contre plus d’un milliard au trimestre correspondant de 2025, d’après les données officielles du ministère du Commerce.

Cette croissance s’inscrit dans une trajectoire ascendante : en 2025, le Cambodge avait déjà enregistré une hausse de 12,4% de ses échanges totaux, portés par la reprise post‑pandémie et les accords commerciaux régionaux comme l’ASEAN‑China Free Trade Area (ACFTA), selon le rapport annuel de la BNC.

La Chine en tête, suivie des États‑Unis et du Vietnam

La Chine domine largement, avec un volume d’échanges dépassant 5,15 milliards de dollars, représentant plus de 30% du total. Viennent ensuite les États‑Unis (3,48 milliards), le Vietnam (2,26 milliards), la Thaïlande (796 millions) et le Japon (750 millions).

Les exportations vers les États‑Unis, principalement des vêtements et chaussures, ont bondi de 22%, grâce à l’accord de libre‑échange bilatéral et aux exonérations douanières, comme l’indique le rapport T1 2026 du ministère du Commerce. Vers la Chine, les envois de produits agricoles (riz, caoutchouc) et textiles ont progressé de 19%, soutenus par les quotas préférentiels de l’ACFTA.

Des secteurs phares à l’origine du dynamisme

Le textile et l’habillement, piliers de l’économie cambodgienne, représentent 70% des exportations (5,7 milliards de dollars au T1), en hausse de 20%. L’agroalimentaire (riz, fruits) et l’électronique émergent, avec une croissance de 15% des exportations électroniques vers le Japon et la Thaïlande.

Côté importations, les matières premières (coton, engrais) et machines en provenance de Chine et du Vietnam alimentent cette vitalité industrielle. La BNC prévoit une poursuite de cette tendance, avec un PIB attendu en hausse de 4,3% en 2026 selon le World Bank (contre 6,1‑6,2% selon l’ADB), dopé par ces flux commerciaux.

Impact de la guerre en Iran et de la crise énergétique

La guerre en Iran, déclenchée fin février 2026 par des frappes israéliennes et américaines, a déclenché une crise énergétique régionale : les prix du carburant au Cambodge ont bondi de 10‑15% en mars‑avril 2026, passant de 3,850 à 4,400 riels par litre d’essence ordinaire. La facture pétrolière, déjà à 1,68 milliard de dollars en 2025, pourrait grimper de 20% en 2026 si le conflit persiste. Le Cambodge, importateur net de 3 millions de tonnes annuelles via Sihanoukville, dépend à 80% des livraisons chinoises et vietnamiennes, désormais perturbées par les restrictions exportatrices.

Cette inflation des coûts pénalise les transports (20% du PIB), le tourisme et les textiles, mais la forte croissance pré‑crise (17,2%) offre une marge de manœuvre. La BNC prévoit un ralentissement au T2 2026, avec des exportations potentiellement à –5% et un PIB à +4‑5%, compensé par une hausse des investissements énergétiques.

Perspectives optimistes mais nécessitant vigilance

Malgré les incertitudes tarifaires américaines, la concurrence régionale, et désormais la guerre en Iran et la crise énergétique, le Cambodge reste modérément optimiste, grâce à sa faible dépendance aux hydrocarbures et à sa diversification asiatique.

La guerre a accéléré la transition vers les énergies renouvelables (cible de 70% d’hydro‑solaire d’ici 2030).

Des investissements chinois dans les zones économiques spéciales (Sihanoukville) et l’adhésion renforcée à l’OMC soutiennent cette trajectoire. « Même dans un contexte de chocs, la compétitivité cambodgienne reste soutenue par la robustesse pré‑crise », note un rapport récent du ministère du Commerce. Pour le T2 2026, les analystes prévoient une croissance à +4‑5%, avec un rebond à +5,1% en 2027 si la paix revient.

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