Cambodge & Élections consulaires : Mona Hard — Une femme de terrain au service des Français du Royaume
- La Rédaction

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Mona Hard est directrice marketing et événementiel dans le tourisme. Installée au Cambodge depuis quatorze ans, après huit années en Chine, elle a fait de ce pays sa terre d'adoption et y élève ses deux filles, scolarisées au Lycée français René Descartes.

Engagée de longue date auprès des familles françaises — comme représentante des parents d'élèves, puis au sein de l'AEFC dont elle a été vice-présidente —, elle a coordonné des actions d'aide durant la crise sanitaire et initié des colonies de vacances pour les enfants issus de familles en difficulté, reconduites chaque année depuis. Présidente de Français du Monde-ADFE depuis septembre 2025, elle porte également un projet de lutte contre les violences faites aux femmes et le cyberharcèlement.
C'est forte de cet engagement de terrain qu'elle se présente aujourd'hui aux côtés de Florian Bohême, au service de l'ensemble des Français du Cambodge.
Entretien avec une femme de terrain
Pouvez-vous vous présenter en quelques mots — votre parcours, votre formation et votre histoire personnelle ? Quels liens avez-vous tissés avec les institutions françaises présentes au Cambodge (ambassade, lycée français, Alliance française, chambre de commerce, etc.) ?
Je m'appelle Mona. Je suis directrice marketing et événementiel dans le secteur du tourisme et je vis en Asie depuis plus de vingt-deux ans : huit années en Chine, puis quatorze ans au Cambodge.
Maman de deux filles franco-khmères scolarisées au Lycée français René Descartes de Phnom Penh, je suis particulièrement attentive aux enjeux qui touchent les familles françaises à l'étranger, qu'il s'agisse d'éducation, de protection sociale, d'accès aux services publics ou encore du soutien aux enfants issus de familles vulnérables.
Mon histoire avec le Cambodge a commencé en 2005, lors d'un premier voyage qui a profondément marqué ma vie. J'ai immédiatement été séduite par la richesse culturelle du pays, la bienveillance de ses habitants et la beauté de ses paysages. Cette rencontre a été un véritable coup de cœur et j'ai très vite su qu'un jour j'y poserais mes valises !
Vie et travail au Cambodge
À mon arrivée au Cambodge, j'ai intégré un groupe cambodgien et travaillé pendant près de huit ans dans les cosmétiques. Cette expérience m'a permis de m'immerger pleinement dans la société cambodgienne, d'en comprendre les codes culturels et de tisser des liens durables avec la population. Quelques années plus tard, à travers mon activité professionnelle et la scolarisation de ma fille au Lycée français René Descartes, j'ai découvert plus largement la communauté française et franco-cambodgienne. J'ai alors rencontré de nombreuses familles confrontées à des difficultés administratives, notamment dans leurs demandes de bourses scolaires. C'est naturellement que j'ai commencé à les accompagner bénévolement.

Cet engagement m'a conduite à devenir représentante élue et bénévole des parents d'élèves au Conseil d'établissement, fonction que j'exerce toujours aujourd'hui afin de défendre les intérêts des familles et de faire entendre leur voix.
De 2020 à 2025, je me suis investie auprès de l'AEFC. Tout d'abord membre bénévole, j'ai très vite intégré le CA en tant que trésorière, puis vice-présidente. Le but était au départ d'être rattachée à une structure pour mieux aider les parents dans leurs démarches administratives. Avec l'arrivée du Covid, de nouvelles urgences sont apparues pour soutenir notre communauté :
Distribution d'aides financières et rapatriements en France pour les plus démunis.
Suivi des personnes les plus vulnérables.
Aides alimentaires opérées grâce à la constitution d'un groupe de bénévoles issus des métiers de la restauration et de petites mains comme les miennes : tous les matins, dans les cuisines de restaurants français de Phnom Penh, nous préparions des repas ou des cartons de victuailles que nous distribuions ensuite en ville, aussi bien à des Cambodgiens qu'à des Français dans le besoin. Nous retournions ensuite chez nous travailler en ligne pour notre entreprise et pour trouver des fonds destinés aux distributions de nourriture.
La pandémie passée, j'ai continué mes actions au sein de l'AEFC, tout particulièrement auprès des familles. C'est à ce moment que l'association, ayant reçu une subvention, m'a demandé d'organiser des colonies de vacances pour les enfants issus de familles en situation de vulnérabilité ou fortement impactées par la crise sanitaire (enfants français orphelins d'un parent — malheureusement nombreux au Cambodge — ou bénéficiaires de bourses importantes).
Devant le succès rencontré auprès des familles et l'impact très positif de ce projet sur les enfants, il est rapidement apparu qu'il ne pouvait se limiter à une seule édition (les enfants sont demandeurs et très convaincants !).
Depuis, cette initiative est renouvelée chaque année grâce au soutien de subventions françaises et à la générosité de plusieurs mécènes, parmi lesquels mon employeur, qui a permis de maintenir les activités lorsque les ressources venaient à manquer.
En 2025, j'ai rejoint l'association Français du Monde-ADFE, dont j'ai été élue présidente en septembre. J'y porte notamment un projet qui me tient particulièrement à cœur : la prévention et la lutte contre les violences faites aux femmes et aux jeunes filles, ainsi que contre le cyberharcèlement, à travers le déploiement au Cambodge de l'application d'entraide The Sorority-SAVE YOU.
Qu'est-ce qui vous a poussée à vous présenter à cette élection ? Quel est le déclencheur ?
Je me présente aujourd'hui, comme en 2021, aux côtés de Florian Bohême, parce que cette candidature s'inscrit naturellement dans la continuité de l'engagement que nous partageons et du travail que nous menons depuis de nombreuses années au service de la communauté française du Cambodge.
Au fil de mes expériences associatives, de mon implication auprès des familles, des parents d'élèves et des personnes en situation de fragilité, j'ai constaté à quel point les besoins restent importants : accompagnement dans les démarches administratives, accès aux bourses scolaires, questions liées à la santé, à la retraite, à l'emploi, ou encore soutien lors de situations d'urgence.
Notre collectif est présent sur le terrain depuis longtemps. Nous connaissons les réalités vécues par les Français du Cambodge et nous souhaitons poursuivre ce travail d'écoute, d'accompagnement et de représentation auprès des institutions françaises.
Cette candidature est donc avant tout une démarche de continuité et de service.
Que représente pour vous le titre de Conseiller des Français de l'Étranger — une responsabilité, un honneur, un outil d'action ?
C'est avant tout une responsabilité.
Le mandat de Conseiller des Français de l'Étranger n'est pas une distinction honorifique ; c'est un engagement concret au service de nos concitoyens établis hors de France.
Un conseiller a pour mission de représenter les Français de sa circonscription auprès des autorités consulaires et des institutions françaises. Il doit être à l'écoute des préoccupations de la communauté et relayer fidèlement les réalités du terrain, qu'il s'agisse d'éducation, de protection sociale, de fiscalité, d'emploi, de sécurité ou encore de démarches administratives.
Il participe également aux travaux du conseil consulaire et contribue aux réflexions et décisions concernant notamment les bourses scolaires, l'aide sociale ou le soutien au tissu associatif.
Mais au-delà des aspects institutionnels, un conseiller doit être disponible, accessible et capable d'accompagner les Français lorsqu'ils rencontrent des difficultés. Il doit agir avec intégrité, impartialité et dans l'intérêt général.
C'est précisément cette conception du mandat qui m'anime et qui a guidé l'action de Florian Bohême tout au long de son mandat. Son sérieux, sa disponibilité et son engagement constant ont permis de faire avancer de nombreux dossiers essentiels pour les Français du Cambodge, qu'il s'agisse des bourses scolaires ou des questions liées à la Caisse des Français de l'Étranger.
Selon vous, quels sont les trois principaux défis auxquels font face les Français établis au Cambodge aujourd'hui ?
Les Français établis au Cambodge forment une communauté très diverse. Les réalités d'un entrepreneur, d'un retraité ou d'une famille avec enfants ne sont pas les mêmes. Toutefois, plusieurs préoccupations reviennent régulièrement.
Le premier défi concerne l'éducation. Le coût de la scolarité dans le réseau français représente un effort financier important pour de nombreuses familles, alors même que les critères d'accès aux bourses scolaires tendent à se renforcer.
Le deuxième enjeu est l'accès à la santé. Les assurances santé internationales et les cotisations à la Caisse des Français de l'Étranger représentent un coût élevé, qui peut constituer un frein pour certaines familles, indépendants ou retraités.
Enfin, l'emploi et la stabilité économique demeurent une préoccupation croissante dans un contexte international incertain. De nombreux Français installés au Cambodge doivent faire face à des évolutions du marché du travail, à des difficultés entrepreneuriales ou à des situations de précarité parfois méconnues.
Notre rôle est d'être attentifs à ces réalités et de défendre des solutions concrètes adaptées aux besoins de chacun.
Comment évaluez-vous l'accès aux services consulaires pour les Français au Cambodge — sont-ils suffisants, accessibles, adaptés ?
Les équipes consulaires accomplissent un travail remarquable avec des moyens qui restent contraints.
L'un des défis particuliers du Cambodge réside dans le fait qu'une part importante des Français résidant dans le pays n'est pas inscrite au registre des Français établis hors de France. Or les moyens humains attribués au consulat sont notamment calculés en fonction du nombre d'inscrits.
Cette situation crée mécaniquement une charge de travail importante pour les agents consulaires, qui doivent répondre aux besoins d'une communauté plus large que celle officiellement recensée.
C'est pourquoi il est essentiel d'encourager l'inscription consulaire. Au-delà de son intérêt individuel pour chaque Français, elle contribue également à une meilleure prise en compte de notre communauté et de ses besoins auprès de l'administration française.







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