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Le Cambodge en haut de l'affiche : Angoulême rend hommage au cinéma khmer

Neuf films, quatre décennies, un seul pays à l'honneur : la 19ᵉ édition du Festival du Film Francophone d'Angoulême a choisi le Cambodge comme invité d'estime, et c'est depuis Paris, dans les salons de l'ambassade royale, que la nouvelle a été officialisée le 9 juillet.

La Joie de vivre (1969), réalisé par le roi Norodom Sihanouk, ouvre la rétrospective consacrée au cinéma cambodgien à Angoulême
La Joie de vivre (1969), réalisé par le roi Norodom Sihanouk, ouvre la rétrospective consacrée au cinéma cambodgien à Angoulême

Une annonce faite depuis l'ambassade du Cambodge, à Paris

Le choix du lieu n'avait rien d'anodin. C'est dans les salons de la Résidence Charles Floquet, siège de l'ambassade royale du Cambodge dans le 7ᵉ arrondissement parisien, que Marie-France Brière et Dominique Besnehard, délégués généraux du Festival du Film Francophone d'Angoulême (FFA), ont dévoilé le 9 juillet les grandes lignes de leur prochaine édition. Autour d'eux, l'ambassadeur du Royaume en France, Luy David, a exprimé sa fierté de voir le Cambodge distingué de la sorte, une reconnaissance qui prend un relief particulier à quelques mois du XXᵉ Sommet de la Francophonie, que Phnom Penh accueillera en novembre.

L'ambassadeur a tenu à replacer cet hommage dans une filiation plus large : celle de Samdech Preah Norodom Sihanouk, le Roi-Père, l'un des pères fondateurs de la Francophonie et lui-même cinéaste prolifique. C'est d'ailleurs par l'un de ses films, La Joie de vivre, tourné en 1969, que s'ouvre la rétrospective angoumoisine — un choix qui relie d'emblée le septième art cambodgien à l'histoire politique du royaume.

Neuf films, du Cambodge des rois à celui d'aujourd'hui

Concrètement, l'hommage prendra la forme d'une programmation de neuf films cambodgins ou tournés au Cambodge, dont quatre signés Rithy Panh, cinéaste franco-cambodgien dont l'œuvre a fait de la mémoire du pays — et de ses blessures — une matière de cinéma. Aux côtés des Gens de la rizière, d'Un soir après la guerre et d'Un barrage contre le Pacifique, Angoulême présentera Rendez-vous avec Pol Pot, son long métrage le plus récent, sélectionné à Cannes en 2024 et porté par Irène Jacob et Grégoire Colin.

Rendez-vous avec Pol Pot (2024), le dernier long métrage de Rithy Panh présenté dans la rétrospective
Rendez-vous avec Pol Pot (2024), le dernier long métrage de Rithy Panh présenté dans la rétrospective

La sélection ne s'arrête pas à Rithy Panh. Elle donne aussi à voir une génération plus jeune de cinéastes, avec Diamond Island de Davy Chou (2017), plongée dans le Phnom Penh des promoteurs immobiliers et de la jeunesse ouvrière, et White Building de Kavich Neang (2020), chronique de la disparition d'un immeuble emblématique de la capitale. Deux films français inscrivent enfin le Cambodge dans un regard croisé : Le Chemin de Jeanne Labrune et La Beauté du geste de Xavier de Lauzanne, ce dernier consacré à la dansaeuse Suppya Nut et à la transmission du ballet royal khmer.

Un festival, deux hommages

Le Cambodge ne sera pas la seule figure honorée à Angoulême cet été. Le festival rendra également un hommage appuyé à Nathalie Baye, disparue en avril, à travers onze films retraçant sa carrière. Un rapprochement que les organisateurs assument : deux mémoires, deux cinémas, réunis sous un même toit du 24 au 29 août prochains.

Une compétition tournée vers toute la francophonie

Reste que le Cambodge n'occupe qu'une part de la programmation d'une édition par ailleurs très internationale. Présidé par l'acteur Franck Dubosc, entouré notamment de Marie-Christine Barrault, Déborah Lukumuena et Jean-Paul Salomé, le jury officiel départagera dix longs métrages venus du Rwanda, de République centrafricaine, du Québec, de Belgique et de France. Une trentaine de films au total, en compétition et en avant-première, sont d'ores et déjà annoncés — la liste devant être complétée d'ici la fin du mois de juillet — aux côtés des sections parallèles habituelles : Les Flamboyants, Les Nouveaux Regards, Les Premiers Rendez-vous ou encore les Bijoux de famille, puisés cette année dans le catalogue du distributeur KMBO.

Cette 19ᵉ édition affiche également une ambition médiatique renouvelée : un générique original composé par Benjamin Biolay pour les cérémonies d'ouverture et de clôture, une web-radio télévisuelle lancée en partenariat avec France Télévisions, et une soirée de clôture retransmise en direct sur France 3 Nouvelle-Aquitaine et TV5Monde.

Rendez-vous à quelques mois du Sommet de la Francophonie

Pour le Cambodge, cette mise à l'honneur à Angoulême ne se limite pas à une vitrine cinématographique. Elle s'inscrit dans une séquence diplomatique et culturelle plus large, à quelques mois d'un XXᵉ Sommet de la Francophonie que Phnom Penh accueillera en novembre — deux rendez-vous qui, chacun à leur manière, rappellent le lien ancien et singulier unissant le royaume khmer à la langue française, de Norodom Sihanouk aux cinéastes d'aujourd'hui.

Le Festival du Film Francophone d'Angoulême se tiendra du 24 au 29 août 2026, dans plusieurs lieux emblématiques de la ville : le Cinéma CGR, le Théâtre d'Angoulême et l'Espace Carat.

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Baptou
il y a 18 heures
Noté 5 étoiles sur 5.

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