Francophonie : à Phnom Penh, les milieux d’affaires se préparent pour un sommet historique
- La Rédaction

- il y a 1 heure
- 4 min de lecture
Réunis mercredi soir au Raffles Hotel Le Royal, une cinquantaine de chefs d’entreprise et de représentants institutionnels ont assisté à une édition spéciale des Rendez-vous de la Chambre de Commerce et d’Industrie France Cambodge, entièrement consacrée au 20e Sommet de la Francophonie, qui se tiendra à Phnom Penh les 15 et 16 novembre prochain.

Dans les salons du Raffles Hotel Le Royal, la Chambre de Commerce et d’Industrie France Cambodge (CCIFC) réunissait mercredi soir une cinquantaine de participants pour une soirée d'information et de rencontre : celle des acteurs économiques et des architectes d’un sommet politique d’envergure mondiale.
À quelques mois du 20e Sommet de la Francophonie — prévu les 15 et 16 novembre à Phnom Penh —, l’événement s’imposait comme une fenêtre d’information et de dialogue entre la communauté des affaires francophones installée au Cambodge et les hauts fonctionnaires chargés de l’organisation de ce rendez-vous diplomatique.

Un honneur trente ans après Hanoï
C’est Bonira Chan, directeur de la Francophonie au ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, qui a ouvert les échanges en rappelant le sens profond de cet événement pour le royaume.
« Le Cambodge est l’un des pays fondateurs de la Francophonie, par le biais de Sa Majesté le Roi Norodom Sihanouk », a-t-il souligné, retraçant un engagement qui remonte à la création même de l’organisation internationale.
Le dernier sommet organisé en Asie remontant à 1997 à Hanoï, la candidature cambodgienne revêt une valeur symbolique particulière. Membre à part entière depuis 1993, le Cambodge a su convaincre les 90 États et gouvernements membres de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) d’accorder à Phnom Penh l’organisation de cette 20e édition — un sommet d’autant plus stratégique qu’il sera électif : un nouveau secrétaire général sera désigné.
M. Chan a évoqué les ambitions diplomatiques considérables du sommet : entre 40 et 45 chefs d’État et de gouvernement sont attendus à Phnom Penh, dont le président de la République française, Emmanuel Macron, qui effectuera une visite d’État au Cambodge à l’issue du sommet. Une affluence qui place Phnom Penh, le temps de quelques jours de novembre, au centre de la scène internationale francophone.
La FrancoTech, vitrine de l’innovation francophone en Asie
Son Excellence Makara Khov, secrétaire d’État au ministère des Postes et Télécommunications, a ensuite présenté la FrancoTech, événement économique organisé en marge du sommet politique. Cette manifestation, dont c’est seulement la deuxième édition mondiale après celle de Paris en 2024, entend faire du Cambodge un « portail » pour les investisseurs francophones désireux d’accéder aux marchés de l’Asie du Sud-Est.
Les ambitions affichées sont significatives, l’équipe cambodgienne vise 5 000 visiteurs et 110 stands. Au programme : pavillons nationaux, vitrines d’entreprises, zones dédiées aux startups, sept sessions thématiques — dont deux consacrées à l’intelligence artificielle et à la gouvernance numérique — ainsi que deux concours d’innovation. Le premier, baptisé « InnoVate », récompensera l’innovation digitale ; le second mettra à l’honneur l’entrepreneuriat féminin à l’échelle de tous les pays membres de la Francophonie.
L’ouverture de la FrancoTech est prévue le 14 novembre, veille du sommet politique, en présence du président Macron, du Premier ministre cambodgien et de plusieurs chefs d’État. Les informations pratiques et officielles seront publiées après le 13 mai, date de la prochaine réunion du comité national de préparation du sommet.

La CCIFC au cœur de l’organisation économique parallèle
Pascal Catry, président de la Chambre de Commerce et d’Industrie France Cambodge, a tenu à clarifier le rôle de la CCIFC dans ce dispositif d’ensemble. Si l’institution ne peut offrir à ses membres une participation directe au sommet politique — réservé aux chefs de gouvernement —, elle co-organise en revanche la Rencontre des entrepreneurs francophones (REF), événement centré sur les échanges B2B entre patronats de toute la sphère francophone.
Pascal Catry a pris soin de dresser un panorama complet des événements auxquels les membres de la CCIFC pourront prendre part. Outre la FrancoTech et la Rencontre des entrepreneurs francophones, il a mentionné le Village de la Francophonie — manifestation grand public s’étalant sur une semaine, qui mettra à l’honneur l’artisanat, la gastronomie, la culture du Cambodge et des pays participants — ainsi que le Forum d’affaires co-organisé par la CCIFC elle-même.
« Il faut qu’ils s’orientent plutôt en marge, sur les événements annexes », a-t-il résumé, encourageant ses membres à saisir ces multiples points d’entrée.
Le défi organisationnel reste entier : articuler l’ensemble de façon cohérente pour qu’un visiteur présent quatre jours puisse circuler entre plusieurs manifestations. « C’est encore pour l’instant une ébauche », a-t-il reconnu — signe que le calendrier définitif des événements parallèles se dessine encore, à quelques mois de l’échéance.
Au total, les organisateurs tablent sur plus de 200 000 participants à l’ensemble des événements parallèles — Village de la Francophonie, FrancoTech et REF — sur la période du sommet, en sus des délégations officielles. Sans oublier le sommet Economique France Cambodge qui succédera au sommet.
Un bureau de coopération économique francophone, voulu par le gouvernement cambodgien comme l’un des livrables concrets du sommet, doit également voir le jour pour faciliter l’accueil de nouveaux investisseurs, notamment en provenance du continent africain et du Canada.

Bonira Chan a également insisté sur la feuille de route que s’est fixée Phnom Penh : ce sommet ne doit pas être un simple événement de prestige, mais produire des résultats tangibles. La création de ce bureau de coopération économique francophone s’inscrit dans une vision plus large, portée par le mandat du secrétaire général actuel de l’OIF, qui a réorienté l’institution vers l’économie numérique, la jeunesse et la culture. Le Cambodge entend incarner cette nouvelle ambition et se positionner comme tête de pont francophone en Asie du Sud-Est.
Il a aussi rappelé le chemin parcouru depuis une première mission francophone conduite il y a quatre ans, au retour de son ambassade à Paris, qui avait contribué à raviver la communauté d’affaires francophones au Cambodge.
« Ça nous donne des ailes, un peu le courage de voir plus grand », avait-il dit alors — une phrase qui résonne ce soir comme un programme accompli.
La soirée s’est prolongée autour d’un cocktail dînatoire. Les échanges, plus informels, ont permis aux quelque cinquante participants de renouer des liens, de discuter du sommet et de transformer la curiosité suscitée par les interventions en premiers contacts concrets. Une atmosphère qui donnait un avant-goût de ce que seront les événements de novembre : des espaces et autant de rencontres.







Commentaires