e-Cyclo Cambodia : réinventer le cyclo pour sauver ceux qui le font encore vivre
- La Rédaction

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Il fut, pendant des décennies, l’un des visages les plus reconnaissables de Phnom Penh : le cyclo. Aujourd’hui menacé de disparition, ce moyen de transport emblématique pourrait bien connaître une seconde vie grâce à une jeune association franco-cambodgienne, e-Cyclo Cambodia, qui mise sur l’électrification pour préserver le patrimoine tout en soulageant ses derniers conducteurs.

Un patrimoine en voie de disparition
Introduit au Cambodge dans les années 1930, le cyclo a longtemps rythmé le quotidien des grandes villes du royaume. On en comptait autrefois plus de 10 000 rien qu’à Phnom Penh, sillonnant les avenues coloniales et les ruelles du centre-ville. Aujourd’hui, il n’en resterait plus qu’environ 300. Concurrencé par les tuk-tuks, les motos-taxis et désormais les applications de VTC, le cyclo a peu à peu disparu du paysage urbain cambodgien, entraînant avec lui un pan entier de l’histoire et du patrimoine du pays.
Des conducteurs oubliés
Derrière les derniers cyclos en circulation se trouvent presque exclusivement des hommes âgés — des conducteurs qui, en France, seraient pour la plupart déjà à la retraite. Ils travaillent de longues heures, dans des conditions physiquement éprouvantes, pour des revenus très faibles, et beaucoup n’ont qu’un accès limité aux soins de santé. Certains, faute de logement, vont jusqu’à dormir dans leur propre cyclo. C’est pour ces hommes, autant que pour l’objet lui-même, qu’est née e-Cyclo Cambodia, jeune association franco-cambodgienne portée par Channatra et son équipe.
Le pari de l’électrification
La mission de l’association tient en une phrase : préserver le cyclo, symbole de l’histoire cambodgienne, tout en améliorant concrètement les conditions de vie et de travail de ses conducteurs. Le moyen retenu est l’électrification. e-Cyclo Cambodia travaille actuellement au développement d’un système d’assistance électrique adapté aux cyclos cambodgiens, conçu pour réduire la pénibilité physique du métier sans dénaturer le véhicule ni priver les conducteurs de leur activité. Le projet prévoit également la création d’un réseau de points de recharge, installés chez des commerçants, des hôtels et d’autres partenaires locaux, afin que les conducteurs puissent recharger facilement leur batterie au fil de leurs courses. À plus long terme, l’association ambitionne de former des jeunes Cambodgiens à ces nouveaux métiers liés à l’électrification, à la maintenance et à la réparation des systèmes électriques — une manière de transmettre un savoir-faire et de créer des emplois autour du cyclo de demain.
Une mission de terrain à Phnom Penh
Pour lancer concrètement ce programme pilote d’un an, e-Cyclo Cambodia organise un voyage technique à Phnom Penh du 9 au 23 septembre 2026. Cette mission sur le terrain doit permettre à l’équipe de rencontrer les conducteurs de cyclo et les responsables locaux qui travaillent quotidiennement à leurs côtés, d’étudier les différents modèles de cyclos en circulation, de poursuivre le développement du prototype d’électrification et d’identifier les futurs partenaires susceptibles d’accompagner le projet.
Un appel aux mécènes et aux partenaires
e-Cyclo Cambodia n’en est qu’au tout début de son aventure. L’association recherche aujourd’hui des mécènes et des partenaires, sous toutes leurs formes : réseau, savoir-faire, compétences techniques, matériel ou soutien financier. C’est dans cet esprit qu’elle a contacté Cambodge Mag, avec l’ambition de donner de la visibilité au projet et de susciter des rencontres avec des personnes, entreprises et organisations en mesure de l’aider à se développer. L’objectif affiché reste simple : permettre au cyclo cambodgien d’évoluer pour mieux se préserver, tout en améliorant concrètement les conditions de travail de ceux qui le font encore vivre aujourd’hui.
Pour suivre les avancées du projet, notamment lors de la prochaine mission à Phnom Penh, l’association est à retrouver sur Instagram et les réseaux sociaux sous le nom @e-cyclo Cambodia.







C’est une belle idée pour sauver le patrimoine, mais qui de ces cyclistes pourra ce payer un tel vélo.