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Conseillers des Français de l'Étranger ; Éric Bouhelier, candidat sur la liste Cendy Lacroix — Entretien avec un Français enraciné au Cambodge

Installé au Cambodge depuis 2012, Éric Bouhelier est de ceux que l'on appelle « les Français qui restent ». Après une carrière d'entrepreneur et de manager dans le secteur de l'hôtellerie-restauration, il a choisi de poser ses valises dans ce pays dont il s'est épris, passant de Sihanoukville à Phnom Penh, tout en gardant un lien constant avec les différentes régions du Royaume.

 Éric Bouhelier
Éric Bouhelier

Retraité actif, il s'investit aujourd'hui pour aider ses compatriotes dans leurs démarches administratives et pratiques du quotidien. C'est fort de ce parcours et de cette connaissance du terrain qu'il se présente aux élections des Conseillers des Français de l'Étranger, sur la liste n°5 conduite par Cendy Lacroix. Rencontre avec un homme dont l'engagement se mesure non pas en discours, mais en années vécues au cœur de la communauté française du Cambodge.

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots — votre parcours, votre formation et votre histoire personnelle ?

Je m'appelle Éric Bouhelier. Après des études en économie puis en école hôtelière, j'ai été chef d'entreprise et manager dans le secteur du tourisme et de l'hôtellerie-restauration en France, à l'étranger, ainsi qu'au Cambodge.

Depuis combien de temps vivez-vous au Cambodge, et qu'est-ce qui vous a amené à vous installer dans ce pays ?

Je vis au Cambodge depuis 2012. Je suis tombé amoureux de ce pays et de ses habitants, tant et si bien que je m'y suis installé.

Où résidez-vous au Cambodge, et avez-vous vécu dans d'autres régions du pays ?

J'ai d'abord habité Sihanoukville pendant plusieurs années. Je réside maintenant à Phnom Penh. J'ai le contact facile et j'aime discuter avec les gens, écouter leur parcours de vie. C'est ainsi qu'à travers toutes ces rencontres — dans la capitale ou lors de mes voyages fréquents dans les différentes provinces du Royaume — je rencontre des Français qui ont des préoccupations très diverses.

Quelle est votre situation familiale, et votre famille est-elle également établie au Cambodge ?

Je suis marié et je vis avec mon épouse française dans la capitale.

Quelle est votre activité professionnelle actuelle au Cambodge ?

Je suis retraité et je m'investis pour aider les Français au niveau administratif et même informatique.

Comment décririez-vous votre intégration dans la communauté locale et dans la communauté française expatriée ?

Mon intégration au sein de la communauté locale est excellente, les Khmers étant extrêmement gentils et accueillants. J'ai été invité à participer aux SEA Games il y a trois ans pour le Kun Khmer, et j'ai obtenu mon diplôme d'arbitre international. En quatorze ans de présence au Cambodge, j'y ai noué des amitiés solides, que ce soit avec des Français, des Franco-Khmers ou des Khmers.

Comment vivez-vous le quotidien en tant que Français au Cambodge — les défis administratifs, culturels, pratiques ?

Je vis agréablement dans ce beau pays. À mon arrivée, les démarches ont été un peu difficiles à appréhender, mais à présent je n'éprouve plus aucune difficulté sur le plan administratif. Je n'ai rencontré aucun défi particulier en arrivant au Cambodge. Il faut surtout savoir s'entourer des bonnes personnes, travailler sérieusement, maintenir une bonne hygiène de vie et ne pas se laisser distraire par les ragots ou les polémiques inutiles.

Qu'est-ce qui vous a poussé à vous présenter à cette élection ? Quel est le déclencheur ?

Je me présente aux élections des Conseillers des Français de l'Étranger sur la liste de Cendy Lacroix, car je connais son engagement pour aider les Français résidant au Cambodge, et ce depuis douze ans. J'ai donc décidé de mettre mes compétences au service de la communauté en intégrant cette formidable liste, composée de personnes authentiques et engagées. Il m'apparaissait indispensable que les membres de notre équipe résident dans différentes régions du Cambodge et que certains soient de double nationalité, car leur expérience est précieuse.

Ce qui me plaît, c'est qu'aucune des personnes de notre liste n'a d'ambition politique personnelle : notre volonté est commune — être présents au Cambodge et trouver des solutions concrètes pour améliorer le quotidien de nos compatriotes.

Par exemple, concernant la CFE, les mesures de 2025 sont tout simplement inadmissibles et sans recours possible : le passage de 100 à 80 % de prise en charge des hospitalisations au Vietnam — qui représentait un choix pour certaines opérations — ou encore, depuis juin dernier, l'obligation pour les titulaires d'anciens contrats de choisir entre n'être remboursés qu'à 66 % des frais d'hospitalisation sans bénéficier du tiers payant, ou voir leur cotisation multipliée par quatre pour conserver cette option pourtant indispensable à l'étranger.

De surcroît, malgré ce que l'on peut entendre, rien n'a été efficace : aucun dossier, aucune grande négociation ne nous a été profitable. Le résultat est que, au 1er avril, une hausse de 11 % supplémentaire nous a encore frappés.

Selon vous, quels sont les trois principaux défis auxquels font face les Français établis au Cambodge aujourd'hui ?

Les trois principaux défis sont les tarifs exorbitants des assurances santé, la nécessité d'attribution des bourses scolaires et, pour nos aînés, les difficultés liées à la demande de retraite. Il me semble assez injuste que, même après avoir cotisé trente ans en France, aucune aide à la retraite ne soit accordée au seul motif que l'on vit hors de France et hors d'Europe.

Comment évaluez-vous l'accès aux services consulaires pour les Français au Cambodge — sont-ils suffisants, accessibles, adaptés ?

L'accès et l'efficacité des services consulaires pour les Français au Cambodge dépendent souvent du consul nommé. Il est parfois compliqué d'obtenir un rendez-vous pour un problème particulier, même si la situation semble s'être nettement améliorée.

La communauté française au Cambodge est diverse — entrepreneurs, enseignants, retraités, familles, jeunes expatriés. Comment comptez-vous représenter cette diversité ?

La pluralité de notre liste est ici un atout majeur. Composée d'entrepreneurs, d'un retraité, d'un jeune commercial, d'un jeune Franco-Khmer chef d'entreprise et d'une femme franco-khmère, elle reflète véritablement cette diversité. Les Franco-Khmers rencontrent eux aussi des problèmes spécifiques que nous saurons traiter au mieux. La jeunesse ne réside pas uniquement dans la capitale, et trop souvent les autres régions sont oubliées.

Quels sont, selon vous, les problèmes les plus urgents à porter devant l'Assemblée des Français de l'Étranger (AFE) ?

Les problèmes les plus urgents sont évidemment les tarifs exorbitants de la CFE, multipliés par six depuis 2016. Elle demeure actuellement la seule alternative viable, car elle n'impose pas de questionnaire médical à l'entrée et ne résilie pas les contrats après 65 ans.

Les frais de scolarité des écoles françaises constituent également un problème pour de nombreuses familles résidant au Cambodge. L'obtention d'une bourse scolaire est une solution, mais elle n'est pas toujours accordée, surtout à l'arrivée dans le pays. Il faut absolument aider tous les enfants français et binationaux afin qu'ils puissent suivre un cursus identique à celui proposé en France.

Comment percevez-vous les relations entre la communauté française et les autorités cambodgiennes ? Y a-t-il des points de tension ou de coopération à améliorer ?

Les autorités cambodgiennes sont respectueuses des Français qui se conforment aux règles du pays. La francophonie occupe une place importante au Cambodge, et de nombreux ministres parlent un français parfait, ayant pour beaucoup effectué leurs études en France. De plus, l'accueil du Sommet de la Francophonie en fin d'année sera un événement majeur pour le pays et pour l'ensemble des résidents français au Cambodge.

Avez-vous des propositions spécifiques concernant l'enseignement français au Cambodge — accès, coût, qualité ?

Les frais de scolarité des écoles françaises au Cambodge sont élevés, et nombreux sont ceux qui se tournent vers les écoles internationales. Les bourses scolaires doivent être attribuées de manière à ce qu'aucun enfant français ne soit privé d'un cursus francophone.

De plus, tous les commerçants ne sont pas riches, contrairement à ce que certains pensent encore selon des idées politiques désuètes — et cette vision prive certains enfants d'une aide pourtant indispensable.

Il faudrait également qu'une aide à la scolarité soit étendue au programme FLAM (Français Langue Maternelle), dispositif extrascolaire soutenu par le gouvernement français, qui s'adresse aux enfants français et binationaux vivant à l'étranger et non scolarisés dans le système éducatif français officiel.

Éric Bouhelier
Éric Bouhelier

Que pensez-vous de la protection sociale et de la couverture santé des Français établis au Cambodge ? Avez-vous des pistes d'amélioration ?

Marc, également sur notre liste, saura, dans le cadre de sa profession, apporter les meilleures solutions en matière d'assurance et jouer un rôle essentiel sur ce sujet.

Comment envisagez-vous de soutenir les entrepreneurs et les acteurs économiques français au Cambodge ?

Je m'engage depuis des années pour soutenir les entrepreneurs et les acteurs économiques français au Cambodge. Cendy a créé un club d'affaires dédié aux petites et moyennes entreprises françaises au Cambodge.

Elle préside également, pour la branche France et pays francophones, une association internationale d'entrepreneurs basée au Cambodge, Global G1%. C'est une force considérable pour les PME françaises du pays. Elle a d'ailleurs été la seule Française récompensée d'un Award l'an dernier, figurant parmi les 50 meilleurs CEO d'Asie — distinction à la suite de laquelle G1% lui a proposé d'intégrer le groupe.

Quelle est votre vision pour renforcer le rayonnement culturel et linguistique de la France au Cambodge ?

Renforcer le rayonnement culturel et linguistique de la France au Cambodge est une priorité. Les Alliances françaises, l'Institut français et les centres d'enseignement du français y contribuent activement.

Mettre en avant le Sommet de la Francophonie en fin d'année permettra de renforcer l'attrait pour notre langue, qui a de profondes racines au Cambodge — le Roi-Père du Royaume en a été l'un des membres fondateurs. L'accueil d'artistes français, l'organisation d'événements gastronomiques ou sportifs — comme le Raid Amazones, qui a tenu deux éditions au Cambodge en 2025 — contribuent également à faire rayonner notre culture auprès des jeunes générations khmères.

Comment comptez-vous maintenir un lien régulier et transparent avec les Français que vous représentez tout au long de votre mandat ?

Nous maintiendrons un lien régulier et transparent avec les Français de tout le Cambodge en organisant régulièrement des réunions ainsi que des événements culturels et festifs au sein d'entreprises francophones. Par ailleurs, les membres de notre liste sont présents à Kep, Battambang, Siem Reap, Pursat et Phnom Penh — ils seront donc à l'écoute constante de tous les Français résidant au Cambodge.

Selon vous, quel rôle les Français de l'étranger jouent-ils dans le rayonnement de la France dans le monde ?

Les Français doivent faire rayonner la France à l'étranger en mettant en avant leur culture, leur art de vivre, leur langue — et bien sûr notre gastronomie, grâce aux nombreux restaurateurs, chefs, bouchers et pâtissiers français installés dans le Royaume. Nous comptons aussi beaucoup d'artisans au savoir-faire exigeant et d'artistes remarquables, dont certains sont reconnus à l'échelle mondiale. Ces personnes d'exception méritent également d'être mises en lumière au niveau local.

Comment conciliez-vous votre attachement à la France et votre vie construite au Cambodge ?

Mon attachement à la France est celui de mes racines et de ma famille. La France reste l'un des plus beaux pays au monde. Concilier cet attachement avec ma vie au Cambodge est très naturel, car les Français qui résident ici ont fait le même choix d'existence que moi. Pour certains, en revanche, vivre au Cambodge correspond à un poste ou une mission à durée déterminée, et non au choix d'un pays où s'établir durablement. Ce n'est pas le même engagement.

« Certains passent, d'autres restent. »

Quel message souhaiteriez-vous adresser aux Français du Cambodge qui hésitent encore à aller voter ?

Je vis les mêmes situations et les mêmes problématiques que vous. Je sais que nous pouvons améliorer beaucoup de choses, car nous en avons le réel désir et nous disposons déjà de nombreuses pistes concrètes et d'une solide connaissance du terrain, qui profiteront à tous. Ma vie est au Cambodge, et je souhaite aider mes compatriotes à y être aussi heureux que je le suis depuis ces quatorze ans.

En une phrase, quelle est votre promesse aux Français du Cambodge si vous êtes élu ?

« Voter pour la liste Cendy Lacroix, la liste n°5, c'est choisir des experts au cœur de l'action consulaire — et vous verrez que cette formule résume exactement ce que nous accomplirons durant ce mandat de Conseillers des Français de l'Étranger au Cambodge. »

Pour finir, que pensez-vous de cette campagne électorale ?

Elle est très « polie ». Même si, derrière ces cordialités, une bataille acharnée de communication se déroule en coulisses. Cendy Lacroix s'entend bien avec les autres têtes de liste, notamment avec trois d'entre elles.

C'est une femme de combat, naturelle, authentique et au franc-parler assumé. Elle n'aime pas les bilans ; elle aime que l'on parle de résultats concrets.

Il est très bien d'avoir tenté, d'avoir essayé — mais encore faut-il avoir l'honnêteté de reconnaître que, au final, cela n'a rien changé et n'a strictement rien apporté de concret à la communauté. Prétendre le contraire serait mentir.

S'auto-proclamer à l'initiative de toutes les actions, s'approprier tous les sujets pour gonfler un bilan, sont des procédés destinés à convaincre quand les résultats réels ne parlent pas d'eux-mêmes. Se servir d'un projet social réalisé grâce à des subventions obtenues via le consulat pour le compte d'une association, et le porter au crédit de sa liste, est tout simplement inacceptable.

C'est ce genre de pratiques qui fait perdre la confiance des électeurs — mais heureusement, beaucoup de membres de notre communauté ne sont pas dupes. Sachez toutefois que certaines personnes, souvent de passage avec un contrat à durée déterminée, ne regarderont pas le programme ou les idées des listes : elles voteront selon « la couleur politique » affichée.

En France, elles votent pour X — au Cambodge, elles voteront pour la liste qui affiche son soutien à X. Nos préoccupations locales n'ont pas besoin de politique, elles ont besoin de solutions. Voilà pourquoi il faut voter pour la liste n°5.

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