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Cambodge : à Samrong, les balais artisanaux se fabriquent en famille

il y a 1 heure
2 min de lecture

À Samrong, près d'Angkor, quelques familles vivent encore de la fabrication de balais. La matière première, deux plantes de forêt, se fait rare autour du village. Pour la trouver, Roeum Saroe part désormais dix jours, jusque dans la province voisine de Kampong Thom.

Roeum Saroe rapporte une brassée de tiges. Derrière lui, son épouse Reum Hav balaie la cour.
Roeum Saroe rapporte une brassée de tiges. Derrière lui, son épouse Reum Hav balaie la cour.

Le balai, chaque foyer en a un. On s'en sert pour la maison, la cour, le bord de la route. Au Cambodge, on en fabrique avec toutes sortes de plantes. À Samrong, dans la commune de Liang Dai, district d'Angkor Thom, on reste fidèle à deux espèces, connues localement sous les noms de puoch et de mrech tonsay.

Dix jours en forêt pour trouver le puoch et le mrech tonsay

Roeum Saroe fait partie des familles du village qui vivent de ce travail. Les tiges, il les coupe lui-même en forêt. Mais les bois autour de Samrong en fournissent de moins en moins.

Il doit maintenant aller jusqu'au district de Stoung, dans la province de Kampong Thom. Il faut près de dix jours, au minimum, pour remplir une remorque motorisée. Pendant tout ce temps, lui et d'autres villageois montent des tentes et dorment en forêt.

Roeum Saroe, fabricant de balais à Samrong
Roeum Saroe, fabricant de balais à Samrong
Les bottes de tiges, rapportées de la forêt
Les bottes de tiges, rapportées de la forêt

De la forêt au balai, un travail à la main

De retour au village, tout se fait dans la cour. Reum Hav taille les tiges à la machette, sur un vieux billot de bois. Elles sont ensuite rassemblées en balais et serrées par un lien.

Reum Hav taille les tiges sur un billot. Au fond, Roeum Saroe assemble un balai
Reum Hav taille les tiges sur un billot. Au fond, Roeum Saroe assemble un balai

Un balai vendu 500 riels

Un seul voyage rapporte entre 500 et 600 bottes de tiges, explique Reum Hav. Quand la plante abonde, on monte jusqu'à 1 000. Les balais terminés partent chez des intermédiaires, qui les paient entre 500 et 600 riels pièce. Soit 12 à 15 centimes de dollar environ.

Pour dix jours de forêt, la somme est maigre. Reum Hav ne le cache pas. Mais le balai aide à faire vivre la famille, avec le riz et les journées de travail payées à la tâche.

Le métier se transmet de génération en génération. Reum Hav vend des balais depuis l'âge de 20 ans.

Le balai traditionnel des temples d'Angkor

Dans le parc archéologique d'Angkor, ce balai est d'usage courant. On le sort surtout là où les feuilles mortes s'accumulent. Pour ce travail, il fait mieux que bien d'autres balais.

Reum Hav balaie la cour avec un balai de sa fabrication
Reum Hav balaie la cour avec un balai de sa fabrication

Texte : Neang Samnang — Photos : Sin Broney

D'après l'Autorité nationale APSARA

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