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Yim Maline et Svay Sareth, deux regards de Battambang à The Gallerist

il y a 11 minutes
3 min de lecture

La galerie de la rue 240 réunit deux figures majeures de l'art contemporain cambodgien. Vernissage le jeudi 5 novembre à partir de 18 h, en présence des artistes.

Grow Up Fast de Yim Maline et Dark Blue de Svay Sareth

Ils sont nés tous les deux à Battambang, à dix ans d'écart. Ils ont tous les deux étudié aux Beaux-Arts de Beauvais puis de Caen. Yim Maline et Svay Sareth exposent ensemble à The Gallerist, à Phnom Penh. Le vernissage a lieu le jeudi 5 novembre, à partir de 18 h.

Chacun présente sa propre série. Leurs travaux partent de l'intime. Mais ils parlent de mémoire, de guerre, d'exil et d'un environnement qui change.

Yim Maline : la nature comme un corps blessé

Sa série s'intitule A Wound That Cannot Cry Out (« Une blessure qui ne peut pas crier »). Yim Maline y traite la nature comme un organisme vivant. Il pousse, se transforme, souffre et tente sans cesse de se régénérer.

Yim Maline devant l'une de ses œuvres textiles
Yim Maline devant l'une de ses œuvres textiles

Les formes s'entremêlent. On croit voir des cellules, des racines, des fibres, des graines, parfois des organes. Le paysage hésite entre le corps humain et le monde végétal. Ce corps a mal, mais il reste muet. Seules ses cicatrices et ses fractures disent ce qu'il traverse.

Sur l'invitation, c'est Grow Up Fast qui la représente : une masse sombre hérissée de centaines de tiges, comme une colonie qui aurait poussé trop vite.

Yim Maline, Sunset at The South of Cambodia, crayon, acrylique, stylo et encre, 208 x 140 cm, 2020
Yim Maline, Sunset at The South of Cambodia, crayon, acrylique, stylo et encre, 208 x 140 cm, 2020

Née en 1982, Yim Maline a été formée à Phare Ponleu Selpak, l'école d'art de Battambang, de 1995 à 2003. Elle a poursuivi en France, à Beauvais puis à Caen, où elle a obtenu son DNSEP en 2010. Elle compte aujourd'hui parmi les artistes cambodgiennes les plus en vue. Son œuvre interroge la perte et les séquelles durables de l'après-guerre au Cambodge, à travers une nature qu'elle vit comme un espace fragile.

Svay Sareth : des têtes de géants devenues jouets

Svay Sareth présente The Decaying Heads, une série de huit sculptures molles. Leurs noms sonnent comme des personnages de légende : Boastful Giant, Dark Blue, Fierce Blue, Hateful Purple, Red Brilliance, Sleepy Guard, The Jealous Head, The Arrogance Crown.

Svay Sareth, The Jealous Head, tissu et rembourrage, 56,5 x 31 x 42 cm, 2025
Svay Sareth, The Jealous Head, tissu et rembourrage, 56,5 x 31 x 42 cm, 2025

Ces figures évoquaient autrefois la force, l'immortalité et le pouvoir absolu. L'artiste les reconstruit avec des chutes de tissu, du camouflage militaire et du rembourrage en coton. Le résultat : des têtes légères et colorées, qui ressemblent à des peluches géantes. Sur The Jealous Head, le motif camouflage couvre le nez et le front. Dark Blue, choisie pour l'invitation, porte une haute coiffe bleue faite de dizaines de petites fleurs de tissu.

Svay Sareth
Svay Sareth

Né en 1972, Svay Sareth a étudié à Beauvais puis à l'École régionale supérieure des Beaux-Arts de Caen, diplômé du DNSEP en 2009. Revenu au Cambodge, il a beaucoup œuvré pour l'art contemporain et l'enseignement artistique dans le pays. Il pratique la sculpture, l'installation, le dessin, la vidéo et la performance de longue durée. Son travail puise dans son propre vécu de la guerre, du déplacement et de la survie.

Infos pratiques

·         Vernissage : jeudi 5 novembre 2026, à partir de 18 h, en présence des artistes

·         Lieu : The Gallerist, 15-17, rue 240, Phnom Penh

·         Réservation : contact@thegallerist.asia, +855 (0)17 700 328 (WhatsApp, Telegram) ou +855 (0)92 700 328

·         Site : www.thegallerist.asia

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