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Cambodge & Vie Marine : Un quart du chemin parcouru, un projet transforme les côtes cambodgiennes

Sur les rivages du sud du Cambodge, une transformation silencieuse mais profonde est en cours. Le projet Sustainable Coastal and Marine Fisheries (SCMF) vient d’atteindre une étape symbolique : 1 250 structures de productivité halieutique (FPS) ont été déployées, soit 25% de l’objectif total.

@Cambodge Mag
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Porté par le Ministère de l’Agriculture, des Forêts et de la Pêche (MAFF), avec le soutien de la Banque asiatique de développement (ADB) et de l’Agence Française de Développement (AFD), ce programme incarne une nouvelle vision : celle d’une pêche durable, résiliente et profondément ancrée dans les communautés locales.

Restaurer un écosystème en danger

Depuis plusieurs années, les pêcheries côtières cambodgiennes subissent un déclin inquiétant. En cause notamment : le chalutage de fond illégal, une pratique destructrice qui ravage les habitats marins et épuise les stocks de poissons.

Face à cette urgence, le projet SCMF poursuit plusieurs objectifs ambitieux :

  • Restaurer les ressources halieutiques

  • Promouvoir une aquaculture durable

  • Renforcer la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance côtiers

  • Accroître la résilience climatique dans quatre provinces clés : Kampot, Kep, Koh Kong et Preah Sihanouk

Au cœur de cette initiative, Marine Conservation Cambodia (MCC) joue un rôle central, notamment dans le déploiement des FPS.

Des récifs artificiels au service de la vie marine

Les FPS sont de véritables refuges sous-marins. Constituées de blocs de béton de 130 kg assemblés en structures octogonales, ces « tours » immergées offrent abri, nourriture et protection à de nombreuses espèces marines.

Mais leur rôle ne s’arrête pas là. Ces structures agissent également comme une barrière efficace contre le chalutage illégal. Les filets s’y accrochent, rendant cette pratique destructrice impossible dans les zones protégées.

Aujourd’hui, plus de 20 000 hectares d’habitats marins bénéficient de cette protection. Et les résultats sont déjà visibles.

Des signes encourageants de renaissance

Les premières données de suivi révèlent une amélioration significative de l’écosystème :

  • Une abondance de poissons six fois supérieure sur les sites FPS

  • 2 040 poissons recensés appartenant à 55 espèces

  • Une augmentation notable de la biodiversité

  • Le retour d’espèces commercialement importantes, y compris des juvéniles

Sur le terrain, les communautés confirment ces observations. Les bancs de poissons se multiplient, et certaines espèces rares commencent à réapparaître, redonnant espoir aux pêcheurs.

Une mobilisation humaine au cœur du succès

Derrière ces chiffres se cache un travail de terrain exigeant. Les déploiements sont réalisés par des équipes de plongeurs cambodgiens, souvent dans des conditions difficiles.

Mais la véritable force du projet réside dans son approche communautaire. Les pêcheurs locaux participent activement à toutes les étapes : sélection des sites, fabrication des blocs, suivi et déploiement.

Ce modèle participatif renforce l’appropriation locale et crée un sentiment de responsabilité collective envers la protection des ressources marines.

Comme le souligne Rachana Thap, directrice exécutive de MCC :« Ce jalon de 25% représente bien plus qu’un progrès technique. Il reflète l’engagement, les sacrifices et l’unité des communautés et des partenaires pour protéger l’océan cambodgien. »

Une reconnaissance internationale et un impact durable

Les efforts de conservation menés par MCC ne sont pas passés inaperçus. Dès 2018, l’organisation a été récompensée par le prestigieux prix de protection marine de la National Geographic Society. Un an plus tard, l’archipel de Kep est devenu le premier « Hope Spot » du Cambodge, une reconnaissance mondiale de son importance écologique.

Aujourd’hui, le projet SCMF ne se contente pas de restaurer les écosystèmes : il redéfinit la relation entre les communautés et la mer, en construisant un modèle durable où la conservation et les moyens de subsistance avancent main dans la main.

Une dynamique collective pour l’avenir

Ce succès repose sur une collaboration étroite entre :

  • Marine Conservation Cambodia (MCC)

  • Le Ministère de l’Agriculture, des Forêts et de la Pêche (MAFF)

  • La Direction Générale des Pêches (GDFi)

  • Neuf communautés de pêcheurs

Avec le soutien financier de l’ADB et de l’AFD, cette initiative démontre qu’un changement durable est possible lorsque institutions, scientifiques et communautés locales unissent leurs forces.

À mesure que les structures FPS continuent d’être déployées, une certitude émerge : le renouveau des océans cambodgiens est déjà en marche.

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