Lionel Maitrepierre : « La sériciculture et la culture, deux leviers pour un tourisme durable »
- La Rédaction

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À l'occasion du lancement de Destination Eco Talents, initiative portée par l'OIF pour valoriser l'entrepreneuriat vert et responsable dans les pays francophones, nous avons rencontré Lionel Maitrepierre.

Installé à Siem Reap depuis plusieurs années, cet entrepreneur français conjugue expertise en protection des cultures, passion pour la soie cambodgienne et engagement pour la francophonie. Il nous a parlé de ses projets, de ses rencontres et de l'élan que ces deux journées lui ont donné.
Lionel, pouvez-vous vous présenter et nous expliquer ce qui vous a amené à participer à ce lancement de Destination Eco Talents ?
Je suis entrepreneur ici à Siem Reap, dans deux domaines qui peuvent sembler éloignés au premier abord mais qui se rejoignent autour du respect de l'environnement. D'un côté, j'ai une activité de pest control — le contrôle parasitaire — et de l'autre, je développe des projets en sériciculture. Je suis également secrétaire général de la Chambre de commerce France-Cambodge, ce qui m'amène à être très actif dans les échanges économiques entre les deux pays.
C'est dans ce cadre que je suis venu participer à ces deux journées d'information sur le programme Destination Eco Talents. Et très vite, j'ai réalisé que j'avais aussi des projets concrets qui pourraient tout à fait s'inscrire dans cette démarche.
Justement, quels sont ces projets que vous souhaiteriez porter dans le cadre de cette initiative ?
Mon projet principal, c'est de réintroduire des papillons à soie ici, à Siem Reap — dans les resorts, chez les particuliers, dans les espaces verts. Siem Reap dispose d'un certain nombre d'essences végétales locales sur lesquelles ces papillons peuvent se développer naturellement. C'est là un point de départ concret, presque pédagogique, pour sensibiliser résidents et visiteurs.
En parallèle, l'idée est de développer à plus grande échelle, en dehors de la ville, un programme de sériciculture orienté vers la production de soie de type tussah, voire mugah — des soies sauvages très prisées, à la fois pour leur qualité artisanale et leur ancrage dans la biodiversité locale.
C'est un projet à fort potentiel économique, mais qui a aussi une vraie dimension écologique et culturelle.
Qu'est-ce que ces deux journées vous ont apporté, au-delà de la présentation du programme ?
C'était très constructif. Il y avait beaucoup d'idées en circulation, des discussions riches qui permettent de mieux appréhender les enjeux, de confronter ses propres réflexions à celles d'autres acteurs du territoire. Ce genre d'échange, c'est précieux — parce que souvent, on travaille dans son coin, et on perd de vue ce qui se construit autour de soi.
Mais ce qui m'a peut-être le plus marqué, c'est la rencontre avec des acteurs comme ceux de l'autorité Apsara. Ce sont des partenaires incontournables ici, des acteurs majeurs du patrimoine et du territoire de Siem Reap, et ils pourraient jouer un rôle très intéressant dans les projets que nous portons. Ce type de connexions, ça peut vraiment faire avancer les choses.
La francophonie est un pilier de Destination Eco Talents. Est-ce un terrain que vous connaissiez déjà bien ?
Oui, sur cette dimension, j'étais déjà bien informé — parce que je suis déjà fortement impliqué dans la promotion de la francophonie, notamment au travers de la Chambre de commerce.
On organise des marchés de la francophonie, on pousse des actions en ce sens, et c'est vraiment quelque chose qui marche de pair avec le développement économique. La langue française comme vecteur d'échanges commerciaux, ça a une réalité très concrète ici.
Est-ce que vous envisagez de soumettre d'autres projets en dehors de la sériciculture ?
Oui, tout à fait. Ces journées ont justement été génératrices d'idées nouvelles — ça donne du travail, parce qu'il faut maintenant tout mettre en forme ! Mais j'envisage sérieusement de soumettre un deuxième projet, dans le domaine de l'art cette fois.
J'ai une petite galerie vidéo dédiée aux artistes cambodgiens, notamment aux jeunes talents, et je pense qu'il y aurait quelque chose à construire dans ce cadre pour soutenir et valoriser la création artistique locale. Ce serait une belle complémentarité avec le projet de sériciculture : d'un côté la nature, de l'autre la culture.
Propos recueillis lors du lancement de Destination Eco Talents — Siem Reap, fin 2025.







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