Cambodge : S.E. Mol Vibol, « Grâce à la francophonie, j'ai pu faire évoluer ma carrière et servir mon pays »
- Christophe Gargiulo

- il y a 4 heures
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Rencontré en marge du lancement du programme Destination Éco Talents de l'OIF, S.E.M. Mol Vibol, Sous-secrétaire d'État au ministère du Travail et de la Formation professionnelle du Cambodge, nous livre un entretien sans détour sur son parcours, les liens franco-cambodgiens et les défis de l'emploi au royaume.

Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre parcours ?
« Je suis Sous-secrétaire d'État au ministère du Travail et de la Formation professionnelle du Royaume du Cambodge. J'ai étudié le français à l'Université royale de Phnom Penh, puis le droit international à l'Université royale de droit et de sciences économiques. »
Son parcours ne s'arrête pas aux frontières cambodgiennes. « Grâce à la bourse canadienne de la francophonie, j'ai pu poursuivre mes études à Moncton, au Nouveau-Brunswick. Et avant cela, j'avais déjà étudié en Tunisie. » Il ajoute avec fierté : « J'ai également été Volontaire international de la francophonie de l'OIF, promotion 2011. »
Une conviction résume tout son parcours :
« C'est grâce à la langue française que j'ai pu évoluer professionnellement et personnellement. »
Quelle est la nature des relations entre le Cambodge et la France aujourd'hui ?
« Nos deux pays entretiennent une relation profonde, durable et historique », affirme-t-il d'emblée. Il rappelle les jalons fondateurs : « Depuis le protectorat de 1863 jusqu'à l'indépendance obtenue en 1953 sous Sa Majesté le roi Norodom Sihanouk, nos liens sont tissés dans l'histoire. »
Sur le plan diplomatique, la coopération est bien vivante. « Il y a une ambassade de France à Phnom Penh et une ambassade du Cambodge à Paris. La France a joué un rôle essentiel dans l'inscription d'Angkor au patrimoine mondial de l'UNESCO. »
L'axe économique est tout aussi solide.
« La France figure parmi les partenaires commerciaux majeurs du Cambodge dans les secteurs du tourisme, de l'agriculture et de l'industrie. Des entreprises françaises comme Total, BRED Bank ou AccorHotels sont présentes dans le royaume. »
Et sur le plan éducatif, l'engagement est personnel : « J'ai moi-même obtenu un diplôme de maîtrise en droit privé comparé en coopération avec l'Université Lyon 2. Cela illustre concrètement ce que la coopération franco-cambodgienne peut produire. »
Quelles sont les priorités du ministère du Travail et de la Formation professionnelle ?
« Notre ministère joue un rôle central dans la promotion de l'emploi, la protection des travailleurs et le renforcement des compétences de la population cambodgienne », pose-t-il comme cadre général.
Il détaille ensuite ses axes d'action : « Nous élaborons des politiques pour stimuler la création d'emplois à travers l'investissement et le développement industriel. Mais cela ne suffit pas — nous veillons aussi à l'application rigoureuse du droit du travail afin de garantir des conditions sûres et équitables. »
Le dialogue social est une autre priorité :
« Nous encourageons activement la concertation entre employeurs et salariés pour prévenir les conflits et instaurer un climat de travail harmonieux. »
Sur la formation professionnelle, il insiste : « Nous développons des programmes directement adaptés aux besoins du marché, et nous renforçons nos partenariats nationaux et internationaux pour améliorer les qualifications de notre main-d'œuvre. »
La modernisation est également en cours : « Nous investissons dans la digitalisation de nos services et dans le renforcement des capacités institutionnelles, parce qu'un ministère efficace, c'est d'abord un ministère moderne. »
Quel rôle joue le tourisme durable dans cette stratégie ?
« Le développement du tourisme durable est une priorité stratégique pour le Cambodge », affirme-t-il sans hésitation. « C'est un levier essentiel pour préserver notre patrimoine culturel et naturel, tout en créant des emplois durables. »
Il voit dans ce secteur bien plus qu'une source de revenus : « Le tourisme durable nous permet de valoriser nos identités locales et de promouvoir un modèle de développement équilibré et respectueux de l'environnement. C'est précisément pour cela que des programmes comme Destination Éco Talents sont si importants. »
Un dernier message ?
Il conclut avec une note de gratitude et un appel à l'action : « Je souhaite que la France continue à soutenir l'apprentissage du français au Cambodge. Comme dans mon cas — j'ai étudié le français depuis le collège, et c'est cette langue qui m'a ouvert toutes les portes. »
Puis, simplement : « Merci à la France. Merci à la francophonie. »
Entretien réalisé à l'occasion du lancement du programme Destination Éco Talents, initiative de l'Organisation Internationale de la Francophonie.







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