Cambodge : Protestation virulente du ministère des Affaires étrangères contre la « visite » du chef du renseignement thaïlandais
- La Rédaction

- il y a 6 heures
- 2 min de lecture
Phnom Penh, 5 février 2026 – Le ministère cambodgien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale a adressé une protestation formelle et solennelle à la Thaïlande suite à une visite sur le terrain menée sans autorisation le 2 février par une délégation d'attachés militaires étrangers et d'officiels policiers, dirigée par le lieutenant-général Teeranan Nandhakwang, directeur général du renseignement de l'armée royale thaïlandaise, dans deux hôtels situés à O'Smach, district d'Oddar Meanchey.

Contexte
Cette incursion s'est déroulée dans les hôtels O'Smach Resort et Royal Hill, à seulement 397 mètres du poste frontalier international d'O Smach, adjacent au pilier frontalier n°15, une zone sous contrôle forcé thaïlandais depuis l'offensive militaire bilatérale du 7 au 27 décembre 2025.
Du côté thaïlandais, la délégation – incluant des représentants de 20 pays comme les États-Unis, la Malaisie et le Vietnam, ainsi que des agents du FBI – visait à inspecter des sites présumés de centres d'escroquerie transnationale, découvrant des preuves alléguées de faux bureaux gouvernementaux et d'équipements frauduleux.
Violation de la souveraineté cambodgienne
Le gouvernement royal du Cambodge dénonce une atteinte flagrante à sa souveraineté et à son intégrité territoriale, qualifiant cette opération d'exercice illégitime de souveraineté thaïlandaise, en contradiction avec la Charte des Nations unies et la Charte de l'ASEAN. Phnom Penh rejette catégoriquement toute tentative de légitimer l'occupation militaire persistante dans cette enclave reconnue internationalement comme cambodgienne depuis 2002.
Racines du conflit frontalier
Ce différend s'inscrit dans une escalade tendue née fin 2025, marquée par des affrontements armés à O'Smach impliquant drones explosifs et mouvements militaires massifs, suivis d'un cessez-le-feu sous l'égide du Comité de coordination frontalière (GBC) le 27 décembre. Le Cambodge accuse Bangkok d'avoir profité de la lutte contre la cybercriminalité pour consolider son emprise, malgré des demandes répétées de coopération ignorées.
Position ferme de Phnom Penh
Tout en condamnant fermement ces agissements, le Royaume réaffirme son engagement inébranlable pour une résolution pacifique des différends frontaliers avec tous ses voisins, conformément au droit international, refusant toute modification des frontières par la force.
Des réunions bilatérales, comme celle du Comité régional des frontières le 3 février à Choam-Sa Ngam, soulignent les efforts diplomatiques en cours, mais la vigilance reste de mise face à ces provocations.







Commentaires