Cambodge & Parcours : Eva Berlinson est venue pour un stage, elle est restée pour un pays
- La Rédaction

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Elle est arrivée au Cambodge par curiosité, « sans vraiment connaître le pays », comme elle le dit elle-même. Quelques années plus tard, Eva siège au board de la French Tech Phnom Penh, pilote des projets RSE et culturels au sein d’un grand conglomérat cambodgien, et s’apprête à représenter l’écosystème tech francophone lors du Sommet de la Francophonie de 2026 à Phnom Penh.

Entre communication, engagement culturel et violoncelle, portrait d’une expatriée qui a fait du mouvement sa méthode.
Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Je m’appelle Eva. Ce qui me caractérise le mieux, c’est sans doute ma curiosité et mon goût pour les nouveaux défis. J’aime apprendre, explorer et sortir de ma zone de confort. J’ai grandi dans un environnement très artistique, influencée notamment par ma mère, une grande curieuse et artiste. La musique a toujours fait partie de ma vie : je joue du violoncelle depuis l’enfance, en orchestre et en musique de chambre, et aujourd’hui uniquement pour le plaisir.
Parlez-nous de votre parcours scolaire et universitaire
J’ai développé très tôt une sensibilité assez forte pour la culture, nourrie notamment par des cours de cinéma et de théâtre. J’ai ensuite poursuivi un cursus de Master en communication et marketing à Paris. Plus tard, une fois installée au Cambodge, j’ai souhaité approfondir ma compréhension du contexte local et j’ai repris mes études en parallèle de mon activité professionnelle, préparant un double Master entre la Royal University of Law and Economics et Lyon Lumière 2, en Droit, Économie et Gestion, avec une spécialisation en économie sociale et solidaire.

Parlez-nous de vos débuts professionnels
Mes premières expériences se sont faites en agence de communication, avec des missions en marketing et en organisation d’événements, qui m’ont donné le goût du travail concret et du contact. J’ai ensuite eu l’opportunité de vivre une expérience à Amsterdam, au sein d’un acteur leader du fitness numérique, ce qui m’a permis d’évoluer dans un environnement international et innovant. Par la suite, j’ai réalisé mon stage de fin d’études au Cambodge, dans une agence web et en conseil IT. À l’époque, je ne connaissais pas le pays, mais j’ai décidé de me lancer par curiosité et envie de découverte. Cette expérience a été déterminante et m’a rapidement donné envie de m’y installer.
Donnez-nous des détails sur votre relation avec le Cambodge
Dès mon arrivée, j’ai été fascinée par Phnom Penh, son énergie constante et son développement rapide. J’ai aussi développé un réel intérêt pour l’histoire du pays, notamment la période de l’Empire khmer. Le Cambodge est un pays qui ne laisse pas indifférent : il a une richesse culturelle, humaine et historique incroyable. C’est ce mélange entre modernité et héritage qui m’a profondément attachée à lui.
Comment êtes-vous arrivée à rejoindre la French Tech au Cambodge ?
Je suis devenue membre de la French Tech Phnom Penh dès mon arrivée, en février 2023. J’ai tout de suite accroché avec l’énergie de la communauté et l’envie de rassembler les acteurs de la tech dans un pays où tout va très vite. Petit à petit, je me suis impliquée davantage, et en août 2024 j’ai rejoint le board. Aujourd’hui, je contribue à la communication, à l’organisation d’événements et aux relations publiques. J’ai également eu la chance de représenter la French Tech Phnom Penh lors d’événements internationaux à Paris, notamment à Station F lors du Forum de la FrancoTech, pendant le XIXᵉ Sommet de la Francophonie en 2024.
Quelles sont vos ambitions au sein de cette structure, qu’en attendez-vous ?
À travers les contacts que j’ai pu développer dans le cadre de mon activité professionnelle, j’aimerais contribuer à renforcer les liens entre les différents acteurs. Mon objectif est de faciliter les échanges entre les institutions françaises et cambodgiennes, mais aussi entre les sphères publiques, privées, professionnelles et éducatives.
Le Cambodge regorge de talents, notamment parmi les jeunes entrepreneurs, qui développent des projets très prometteurs. J’aimerais créer davantage de synergies entre acteurs locaux et internationaux, afin d’accompagner le développement de l’écosystème tech. Je crois profondément à la force des rencontres et des collaborations.
Dans cette dynamique, un projet me tient particulièrement à cœur et que j’attends avec impatience : le pavillon French Tech lors de la FrancoTech, organisée dans le cadre du Sommet de la Francophonie en novembre 2026 à Phnom Penh. C’est une formidable occasion de mettre en lumière l’écosystème tech et de créer des passerelles concrètes entre les talents locaux et la communauté internationale.

Décrivez-nous vos activités professionnelles
Je travaille depuis trois ans chez OCIC (Overseas Cambodian Investment Corporation), un conglomérat cambodgien impliqué dans le développement du pays. J’ai commencé dans le marketing digital et la communication, avant d’élargir progressivement mon rôle vers les initiatives RSE, les partenariats et les projets culturels. Mon travail couvre l’ensemble du cycle de projet, de la conception à l’implémentation, jusqu’à la communication et le suivi. C’est un environnement extrêmement stimulant, où l’impact est concret.
Détaillez l’un de vos projets
J’ai la chance de travailler sur des projets que j’apprécie vraiment, qu’ils soient institutionnels — la mise en place de partenariats — ou plus culturels et artistiques. Récemment, j’ai participé à l’organisation d’une exposition temporaire d’artefacts khmers tout juste rapatriés au Cambodge et présentés au public pour la première fois.
J’étais impliquée à la fois dans l’organisation, la communication et les événements liés à l’exposition, avec un lancement lors d’un concert, puis une clôture comprenant un panel de discussion et la projection d’un film.
Un peu plus tôt, à la fin de l’année dernière, j’ai aussi eu l’opportunité de créer et de développer un espace d’exposition, comprenant une exposition principale et deux expositions temporaires autour du regard sur le Cambodge, de l’environnement et de la santé des femmes. Voir ces projets prendre vie et toucher la communauté est particulièrement motivant.
Quelles sont vos activités en dehors du travail ?
En dehors du travail, j’aime continuer à apprendre et à explorer. Je profite de mon temps libre pour découvrir la région, voyager dès que possible et m’immerger dans la culture et la gastronomie locales. Chaque sortie est une occasion d’en apprendre un peu plus sur le Cambodge et ses voisins, ce qui nourrit autant ma curiosité personnelle que mon regard professionnel.
Qu’est-ce qui vous plaît le plus et le moins au Cambodge ?
Ce que j’apprécie le plus, c’est l’énergie et le dynamisme du pays, en particulier dans la capitale, qui ne dort jamais. On sent une vraie dynamique de transformation et de création. J’aime aussi beaucoup la bienveillance des gens. Dès l’arrivée, on se sent très bien accueilli. Ce que j’apprécie un peu moins, c’est parfois le rythme effréné qui laisse peu de place à la pause — mais c’est aussi ce qui rend la vie ici si singulière.







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