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Cambodge : Le Colosse de Koh Ker retrouve la lumière, odyssée d'une restauration de quinze ans

Après quinze années d'un travail de fourmi franco-cambodgien, le Shiva dansant, chef-d'œuvre unique du Xe siècle, renaît de ses milliers de fragments. Une cérémonie célébrait son achèvement le 18 mars 2026 à Siem Reap.

@EFEO
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Il y a des images qui semblent condenser plus d'histoire que d'autres. Elles ne sont pas toujours les plus célèbres, ni nécessairement celles qui, indifférentes aux tumultes et aux fureurs humaines, traversent les siècles sans dommage. Ce sont souvent celles dont les cicatrices mêmes témoignent du lourd tribut payé aux soubresauts de l'histoire. La statue monumentale du Shiva dansant du Prasat Thom – le grand temple du Xe siècle édifié au cœur de l'ancienne rivale d'Angkor, la cité de Koh Ker – est une de ces images exceptionnelles. Incontestablement un chef-d'œuvre unique et emblématique de l'histoire angkorienne.

Le 18 mars 2026, au Conservation d'Angkor à Siem Reap, une cérémonie présidée par Son Excellence le Docteur Phoeurng Sackona, Ministre de la Culture et des Beaux-Arts du Royaume du Cambodge, et placée sous l'autorité de Son Excellence Monsieur Kong Puthikar, Directeur général de l'Autorité nationale pour Preah Vihear (NAPV), marquera l'aboutissement de ce projet franco-cambodgien hors norme.

Un colosse de grès

La statue monumentale du Shiva dansant a été érigée pendant la première moitié du Xe siècle dans le grand temple royal du Prasat Thom, fondé par le roi Jayavarman IV à Koh Ker – une capitale éphémère du royaume khmer qui, pendant deux décennies, éclipsa Angkor, située à quatre-vingts kilomètres de là.

L'image du dieu est taillée dans un seul bloc, à l'origine haut de près de cinq mètres. Selon toute vraisemblance, la statue fut érigée avant la construction de la tour qui l'abrite aujourd'hui. Le dieu lui-même, jambes fléchies, mesurait 3,60 mètres de hauteur et près de 3 mètres de largeur. Le poids total de la statue peut être estimé entre sept et neuf tonnes. Ce ne sont pas seulement les proportions colossales de la sculpture qui impressionnent, mais aussi l'exploit technique et artistique remarquable qui a rendu son exécution possible. Il n'existe pas vraiment d'équivalent au Cambodge ancien d'une image taillée dans un seul bloc d'une telle ampleur tout en transmettant une posture aussi dynamique que celle de la danse victorieuse de Shiva.

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Comme une scène de théâtre

La sculpture ne se dressait pas comme une image isolée, mais faisait partie d'un groupe sculpté dans lequel les différents « acteurs », comme sur une scène de théâtre, participaient à la danse du dieu. Shiva était ainsi entouré de quatre autres divinités de taille humaine. Elles étaient disposées selon deux principes combinés : les déesses précèdent les divinités gardiennes mâles ; les formes paisibles sont placées à la droite du dieu, tandis que les formes terribles se tiennent à sa gauche.

Ainsi sont représentées les deux consortes de Shiva, Uma et Kâlî-Câmundâ. La belle et souriante Uma (à la droite du dieu), elle aussi représentée dans une posture dansante, est actuellement conservée au musée Guimet à Paris. Kâlî-Câmundâ, la forme féroce et assoiffée de sang de la déesse, est représentée assise, tournée vers le couple dansant, tenant les restes d'un corps démembré. Elle est désormais exposée au Musée national du Cambodge à Phnom Penh.

Légèrement en retrait, et ayant subi d'importants dommages dus au pillage, se trouvent les deux « commandants des troupes de Shiva », Mahâkâla et Nandikeśvara. Le premier, aux yeux exorbités et aux crocs proéminents, affiche les mêmes traits féroces que Kâlî-Câmundâ, tandis que le second joue joyeusement du tambour au rythme de la danse divine. De chaque côté du dieu sont ainsi évoqués deux aspects complémentaires de la danse de Shiva – ou plus précisément, deux moments distincts : celui de la destruction (des forces du chaos et des ennemis de l'ordre cosmique), correspondant à la projection des forces martiales de la déesse ; et celui de la victoire et de l'harmonie restaurée, incarné dans l'union du dieu et de la déesse, dont le pas de deux est en définitive un euphémisme.

Une iconographie sans parallèle

Bien qu'il ne s'agisse pas de la plus ancienne image d'un Shiva dansant au Cambodge ancien, c'est la première – et, à bien des égards, la seule – à combiner des traits iconographiques aussi hautement spécifiques, même en élargissant la comparaison au sous-continent indien, berceau de la danse de Shiva.

Dans la profusion des productions artistiques des royaumes indiens et indianisés, on ne trouve nulle part ailleurs cette forme originale et hybride d'un Shiva à dix bras à la fois dansant et pourvu de cinq têtes. Les représentations de la danse de Shiva sont nombreuses, parfois avec dix bras ; les représentations d'un dieu à cinq têtes ne sont pas rares non plus. Cependant, ces deux formes ne sont jamais combinées en une seule image.

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Une image-palladium du royaume khmer

Pour l'historien, cette singularité doit être comprise à la lumière du rôle central que cet ensemble sculpté a joué dans l'histoire religieuse et politique du Cambodge. Elle établit, pour les siècles qui suivent, la formule iconographique par laquelle le dieu se manifeste et devient visible sur terre en tant que « Seigneur des Mondes », c'est-à-dire comme divinité tutélaire de l'action humaine et, surtout, du roi.

La même danse est reproduite en bas-relief sur les frontons des temples des principaux sites sacrés du royaume, notamment Banteay Srei, Preah Vihear et Vat Phu. Cette image est probablement restée un palladium du Cambodge ancien – une image protectrice et symbolique du royaume – jusqu'à ce que la statue soit abattue, probablement au XIVe ou XVe siècle, lors de l'incendie de la tour, comme l'ont documenté les fouilles archéologiques menées en 2012.

La fabrique d'un Neak Ta : un génie tutélaire territorial

Une fois tombée, au fil des siècles, le piédestal et les fragments de la statue sont devenus, dans la nouvelle proximité d'images de Bouddha en bois, associés à un culte du Neak Ta – un de ces génies territoriaux qui, à certains égards, sont les héritiers des cultes antérieurs.

Le Neak Ta du Prasat Kraham reste particulièrement réputé pour sa puissance jusqu'à ce jour. Le transport à Siem Reap des fragments recueillis sur le site en 2012 et 2013 a nécessité d'informer cet esprit et de solliciter son autorisation. Par l'intermédiaire d'une médium – elle-même danseuse – le Neak Ta a exprimé le vœu que la statue, une fois restaurée, retourne à Koh Ker, ce qui est effectivement le projet actuel.

La dispersion à l'époque moderne

À l'époque moderne, la statue d'Uma était déjà signalée à la fin du XIXe siècle lors des expéditions organisées par Louis Delaporte, qui décida de l'envoyer à Paris (mais sans ses pieds ni son piédestal). C'est cependant dans les années 1920 et 1930, grâce aux travaux d'Henri Parmentier, que le groupe sculpté fut photographié et correctement documenté pour la première fois. Un pied et plusieurs mains de Shiva, ainsi que le torse de la déesse Kâlî, entrèrent alors dans les collections du musée de Phnom Penh.

Pendant les années troubles qui précédèrent l'indépendance, et jusqu'en 1960, le conservateur du musée Jean Boisselier décida à nouveau de transférer à Phnom Penh plusieurs pièces remarquables de la statuaire de Koh Ker restées in situ. C'est à cette occasion que la tête sommitale et l'une des quatre faces inférieures de Shiva furent mises à l'abri.

Le pillage

Jusqu'à la fin des années 1960, le site et ses sculptures restèrent relativement préservés. Mais dans les décennies qui suivirent – particulièrement avant et après l'arrivée au pouvoir des Khmers rouges, et jusqu'au milieu des années 1990 – Koh Ker devint la cible d'un pillage systématique et hautement organisé, dont l'ampleur réelle n'a pu être évaluée qu'au cours de la dernière décennie.

Au Prasat Thom, les pilleurs ciselèrent le torse de Shiva pour détacher les trois têtes laissées par Jean Boisselier. Les tenons du piédestal, ainsi que les statues de Mahâkâla et Nandikeśvara, subirent le même traitement. Comme d'autres sculptures de Koh Ker, ces pièces empruntèrent les filières du trafic d'antiquités pour atterrir dans des collections privées – européennes, asiatiques, et surtout américaines – ou, dans certains cas, dans des collections publiques, à l'instar de l'un des lions du piédestal aujourd'hui conservé au Dallas Museum of Art.

2012 : lancement d'une mission archéologique de l'EFEO à Koh Ker

C'est en 2012 que l'histoire bascule à nouveau. Sous l'impulsion d'Éric Bourdonneau, maître de conférences à l'École française d'Extrême-Orient (EFEO) et chef de la mission archéologique à Koh Ker, et en étroite collaboration avec l'Autorité nationale pour Preah Vihear (NAPV), une fouille systématique est entreprise à l'intérieur du Prasat Kraham.

Plus de 10 000 fragments sont recueillis, dont plusieurs milliers portant des surfaces sculptées appartenant au Shiva dansant et aux quatre divinités qui l'accompagnent. Environ 2 750 fragments correspondant aux surfaces sculptées sont précisément inventoriés et font l'objet d'une base de données comprenant 5 860 photographies.

Des traces de polychromie sont observées sur le corps et le sampot (pagne) de Shiva. Examinées au microscope par Esther von Plehwe-Leisen du German Apsara Conservation Project (GACP), elles révèlent des couches complexes. Le géochimiste Christian Fischer identifie du plomb, du mercure et du cinabre dans les pigments.

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Préparer les fragments : sécuriser, documenter, classer (2012-2018)

À l'exception des grands piédestaux de Shiva et de Mahâkâla, restés in situ, tous les fragments sont transférés au musée Preah Norodom Sihanouk de Siem Reap en 2012-2013, les soustrayant ainsi aux risques permanents de vol ou de détérioration.

À partir de 2013, une importante campagne de documentation et de conservation est entreprise. Des traitements de stabilisation et de consolidation sont menés en parallèle. Le GACP intervient sur le nâga à têtes multiples du piédestal de Shiva. Un nettoyage minimal est effectué sur environ 150 pièces. L'atelier de restauration du Musée national du Cambodge nettoie également des blocs et le piédestal resté in situ.

Deux campagnes de numérisation 3D (2011-2013 / 2022)

Des premières campagnes de numérisation 3D sont menées en 2011 et 2013, en partenariat avec l'université de Heidelberg, incluant la numérisation de 13 fragments conservés au Musée national du Cambodge à Phnom Penh et de 62 fragments découverts lors des fouilles de Koh Ker. Ces premiers scans permettent de visualiser ce « puzzle » tridimensionnel et d'évaluer les hypothèses avant d'entreprendre des assemblages d'essai à grande échelle nécessitant des équipements de levage lourds.

La numérisation est ensuite entièrement reprise et complétée par l'équipe du projet en 2020, produisant un ensemble de données plus complet et plus précis intégrant les connexions vérifiées entre les fragments.

Étude technique : du modèle virtuel au remontage physique (2018-2019)

En 2018, une mission préliminaire est confiée au restaurateur de sculptures Benoit Lafay, et en 2019, un atelier dédié est installé au Conservation d'Angkor à Siem Reap pour réaliser l'étude technique préalable à la restauration.

Cette phase se concentre sur trois objectifs : l'assemblage d'essai des plus grands blocs ; la recherche systématique des raccords entre fragments parmi des milliers de pièces ; et l'assemblage temporaire et réversible d'éléments sélectionnés pour faciliter la manipulation et l'étude.

La question centrale concerne la proportion de la surface du torse qui pourrait être réalistement remontée après le pillage des années 1990. Après huit mois de travail quotidien, des résultats significatifs sont obtenus. Parmi les fragments à surface sculptée identifiable, 575 présentent au moins un joint confirmé. Près de 100 fragments supplémentaires sans surface sculptée sont réintégrés dans le noyau interne du torse, contribuant à restaurer son volume. Au total, entre 70 % et 75 % de la surface du torse peut être repositionnée, permettant de restituer la continuité formelle de la sculpture.

La perspective du projet change fondamentalement. Ce qui semblait presque impossible devient techniquement réalisable. L'accent se déplace alors vers la stabilité structurelle, le renforcement des fragments principaux, les solutions techniques et les choix éthiques concernant le niveau d'intervention.

Le comité de restauration : un cadre collégial (2019)

Compte tenu de l'ampleur et de la complexité du projet, un comité scientifique et technique est constitué. Réuni en décembre 2019, il valide le principe de la restauration, sous réserve d'études structurelles complémentaires. Tout au long du processus, le comité examine les choix techniques de remontage, l'étendue de la restitution et l'approche de réintégration esthétique. L'objectif reste de restaurer la lisibilité et la monumentalité d'une sculpture unique tout en veillant à ce que les traces matérielles de son histoire restent perceptibles.

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Concevoir la stratégie de support

À mesure que le remontage progresse, il devient clair que la restauration des volumes n'est qu'une partie du défi. La question centrale est d'assurer la stabilité à long terme des principaux blocs – en particulier les bras et les jambes – compte tenu des fissures internes et des contraintes structurelles associées au perçage et à la charge nécessaires à l'assemblage.

Des tests aux ultrasons menés par le GACP en 2020 et 2022 identifient l'étendue et l'emplacement des faiblesses internes, ce qui s'avère décisif pour définir la stratégie de support. Deux options sont examinées : un cadre de support externe agissant comme un fond structurel, ou un système interne organisé autour d'un mât central avec des supports ramifiés pénétrant dans la sculpture.

Alors qu'une structure externe aurait transféré la charge à un châssis périphérique, elle aurait également introduit un support lourd et visuellement intrusif, compromettant la perception de la sculpture en ronde-bosse – essentielle pour un Shiva dansant à cinq têtes. Le système interne a donc été développé avec des garanties rigoureuses, incluant des calculs mécaniques détaillés et une distribution contrôlée des charges, ainsi que la consolidation des fragments les plus fragiles. Cette solution sécurise la statue tout en préservant sa lisibilité, sa monumentalité et sa présence spatiale.

Consolider avant de monter

Une fois l'option structurelle définie, les fragments les plus fragiles sont consolidés pour stabiliser les fissures et restaurer la cohésion de la pierre avant l'assemblage, garantissant que les fragments puissent supporter leur propre poids en toute sécurité.

Parallèlement, les éléments principaux sont préparés pour le montage sur la structure interne. Un perçage précis permet l'insertion de supports en acier inoxydable, tandis qu'un guidage laser assure un positionnement précis en trois dimensions. Cette étape nécessite une précision millimétrique pour garantir un alignement correct et une stabilité à long terme.

Construire la structure interne

Le système de support est conçu comme une structure métallique interne capable de supporter le poids total de la sculpture – estimé à plus de sept tonnes – tout en restant largement invisible à l'intérieur de la statue. Un socle carré en acier répartit la charge uniformément, d'où s'élève un mât vertical placé au centre de gravité de la sculpture. Soigneusement dimensionné, ce mât remplace la chute de tissu sculptée manquante du sampot entre les jambes, assumant son ancien rôle structurel.

Le noyau du torse repose sur un berceau en acier de forme personnalisée, surmonté d'un « chapiteau » métallique qui ancre les blocs des épaules et des bras et stabilise la structure supérieure. Des supports indépendants supplémentaires sont introduits pour chaque jambe, garantissant que le poids est transféré en toute sécurité à la structure plutôt que supporté par la pierre elle-même. Au fur et à mesure de l'avancement du remontage, des mesures précises révèlent une légère asymétrie entre les deux jambes pliées, confirmant une pose plus dynamique que supposée précédemment.

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Réintégrer les parties manquantes

Le projet se tourne ensuite vers la définition de la manière dont les parties manquantes devraient être complétées. Plutôt que d'appliquer une solution unique et globale, l'équipe adopte une série de décisions précises, au cas par cas.

La restauration – entendue ici comme la restitution des parties perdues – n'est entreprise que lorsqu'elle est soutenue par des preuves matérielles (fragments conservés, lignes de cassure significatives, logique structurelle) et par une connaissance approfondie de la statuaire de Koh Ker. En même temps, une attention particulière est portée au maintien d'un niveau d'intervention cohérent sur l'ensemble de la sculpture. L'objectif est de retrouver une cohérence formelle et une lisibilité, tout en garantissant que les zones ajoutées restent distinguables du matériau original à l'examen rapproché.

Ces principes conduisent à plusieurs décisions concrètes. Le traitement du sampot reflète cette approche. Le mât interne assume désormais le rôle structurel autrefois joué par la chute sculptée entre les jambes. Comme aucun fragment de cet élément ne subsiste, sa décoration sculptée n'a pas été recréée ; le mât est simplement habillé pour l'intégrer visuellement.

En revanche, le bas des jambes et les pieds se sont révélés essentiels à l'équilibre, au dynamisme et aux proportions de la statue. Leur réintégration a été soutenue par des fragments conservés, des lignes de cassure clairement lisibles et de forts parallèles formels au sein du corpus de Koh Ker.

Les avant-bras n'ont été réintégrés que là où des poignets ou des mains originaux sont conservés, permettant de repositionner des mains et des attributs authentiques. Certains attributs ont été entièrement restitués lorsque la documentation le justifiait – comme le lasso, connu par des photographies d'archives – ou lorsque des fragments conservés permettaient une reconstruction cohérente, comme dans le cas de la massue.

Enfin, les trois faces inférieures manquantes ont été reproduites à partir d'un moulage de la face originale conservée (droite), suivant fidèlement la disposition originale des multiples faces de la statue, documentée par des photographies d'avant le pillage et par des faces inférieures identiques sur d'autres sculptures à têtes multiples dans le style de Koh Ker. Ce choix assure une lecture cohérente de l'iconographie à cinq têtes tout en maintenant une cohérence dans le niveau global d'intervention.

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Techniques et matériaux de restauration

Les volumes manquants ont d'abord été reconstitués à l'aide de coques légères en résine, conçues pour limiter le poids supplémentaire sur une structure déjà fragile tout en offrant une base stable pour le traitement de surface. Ces coques ont ensuite été recouvertes de mortiers de restauration composés principalement de poudre de grès mélangée à de la chaux.

Une attention particulière a été portée à l'intégration colorimétrique. Des pigments naturels ont été incorporés au mortier, et des ajustements finals ont été réalisés à l'aide de fines patines à base de chaux appliquées au pinceau pour obtenir une harmonisation tonale subtile. Toutes les additions restent identifiables à l'examen rapproché par une légère différenciation de surface, tout en préservant l'unité et la lisibilité globale de la sculpture.

Un projet de coopération exemplaire

Le projet est mené sous le haut patronage de Son Excellence le Docteur Phoeurng Sackona, Ministre de la Culture et des Beaux-Arts du Royaume du Cambodge, et sous l'autorité de l'Autorité nationale pour Preah Vihear (NAPV), dirigée par Son Excellence Monsieur Kong Puthikar. Il est dirigé par l'École française d'Extrême-Orient (EFEO), sous la responsabilité d'Éric Bourdonneau en coopération avec la NAPV.

L'équipe de restauration est dirigée par Benoit Lafay, restaurateur de sculptures, avec la collaboration étroite de M. Chhan Chamroeum, directeur adjoint du Conservation d'Angkor et chef de son équipe de restauration. De nombreux experts internationaux ont contribué au projet, notamment le German Apsara Conservation Project (GACP) dirigé par le Professeur Hans Leisen.

Le projet a bénéficié du soutien financier de l'Alliance internationale pour la protection du patrimoine dans les zones de conflit (ALIPH), ainsi que de nombreux autres partenaires dont la Fondation Simone et Cino Del Duca – Institut de France, GFC Pharma, et l'ambassade de France au Cambodge.

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La Fondation ALIPH au Cambodge

ALIPH est engagée au Cambodge depuis l'adoption de son premier projet dans le pays en octobre 2020. Depuis, la Fondation a soutenu un portefeuille de projets reflétant la diversité et la richesse du patrimoine cambodgien, allant de la conservation de sculptures monumentales à la restauration de grands temples et à la sauvegarde d'importantes collections muséales. Ces initiatives combinent le soutien aux institutions nationales, le renforcement des capacités locales et la transmission des savoir-faire traditionnels.

À ce jour, ALIPH a engagé près d'un million de dollars américains pour soutenir cinq projets au Cambodge. Outre la restauration du Shiva dansant, ALIPH soutient également la restauration du Prasat Kraham à Koh Ker, le temple d'où provient la sculpture, ainsi que la restauration du temple du Mébon occidental et de la statue du Vishnu couché qui en provient.

Un nouveau chapitre

Le 18 mars 2026, le colosse de Koh Ker dansera à nouveau. Non pas comme il y a onze siècles, dans la pénombre de son sanctuaire, mais dans la lumière retrouvée du Conservation d'Angkor, porteur de toutes les strates de son histoire millénaire. Comme l'écrit si justement le dossier de presse : « l'accueillir dans notre temps présent, cette création extraordinaire du Cambodge ancien – le colosse de Koh Ker – et lui offrir un espace nouveau où il puisse à nouveau danser : pas exactement comme il y a 1 100 ans, mais danser tout de même. »


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