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Cambodge & Culture : Le célèbre musicien khmer Kong Nay est décédé à l'âge de 80 ans

Kong Samay, fils de Kong Nay, a annoncé cet après-midi que M. Kong était malheureusement décédé à son domicile dans le village de Doung, dans la province de Kampot.

La dépouille de Kong Nay a été conservée pour une cérémonie traditionnelle dans le district de Kampong Trach, province de Kampot, son décès a été attribué à une longue maladie.

Kong Nay est né le 15 mars 1944 dans la province de Kampot, au Cambodge. C’était un musicien réputé pour son jeu sur le luth traditionnel à long manche fretté et pincé appelé chapei dang veng.

Kong Nay est communément appelé Maître Kong Nay et était un maître du genre chrieng chapei (Khmer : ច្រៀងចាប៉ី), dans lequel un chanteur soliste interprète des sujets semi-improvisés au sein d’épopées traditionnelles, en s’accompagnant lui-même avec le chapei.

Il était l’un des rares grands maîtres à avoir survécu à l’époque des Khmers rouges et était surnommé le « Ray Charles du Cambodge ».

Le parcours de Maître Kong Nay dans le monde de la musique a été aussi humble que les villages qui parsèment le paysage cambodgien. Il a grandi à une époque de troubles et de bouleversements, et a trouvé du réconfort dans les cordes du chapey, cette guitare traditionnelle cambodgienne à long manche. Ces cordes étaient devenues plus qu’un instrument ; elles constituaient un refuge contre le chaos, un canal pour ses émotions et le fondement d’un héritage musical.

Le choix du chapey dong veng par Maître Kong Nay était délibéré. Il ne voyait pas en lui un simple instrument, mais un objet porteur du poids de l’histoire et de la culture cambodgiennes.

Les jours sombres du régime des Khmers rouges ont eu un impact profond sur le Cambodge, et la musique de Master Kong Nay n’y a pas échappé. Le régime a cherché à éliminer les activités culturelles et créatives, les considérant comme une menace pour son idéologie. Maître Kong Nay, en tant que gardien du patrimoine musical cambodgien, a continué à se produire, maintenant ainsi une bouée de sauvetage culturelle qui s’est avérée vitale dans le processus de guérison de la nation. Le courage dont il a fait preuve pendant cette période l’a fait passer du statut de musicien à celui de symbole de la résistance.

Kong Nay n’était pas seulement un musicien, il était aussi le gardien du patrimoine musical du Cambodge. En vieillissant, il a continué à jouer un rôle actif dans la préservation du patrimoine musical cambodgien. Il s’est activement engagé à transmettre ses connaissances à la jeune génération, assurant ainsi la résonance continue des airs enchanteurs de chapey dong veng. Ce faisant, il a renforcé sa position d’interprète et de gardien de l’identité culturelle cambodgienne.

Les talents de Master Kong Nay ont attiré l’attention au-delà des frontières du Cambodge. Ses prestations au niveau international lui ont valu d’être reconnu comme ambassadeur culturel, mettant en valeur la résilience et la richesse de l’art cambodgien.

Les contributions de Master Kong Nay à la culture cambodgienne ont été récompensées par un certain nombre de prix prestigieux. En 2007, le Premier ministre cambodgien Hun Sen lui a décerné la Grand-Croix d’or de la reconnaissance culturelle du Cambodge, en hommage à son rôle de gardien de la culture et d’ambassadeur du patrimoine musical cambodgien. En 2017, Kong Nay a reçu la plus haute reconnaissance internationale en se voyant décerner le prix des arts et de la culture lors des célèbres Fukuoka Awards.

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