White Mansion : Mon Évasion Hors du Temps et en Famille à Phnom Penh
- Duong Thi Hang
- il y a 14 heures
- 7 min de lecture
Je m'appelle Duong Thi Hang, cadre exécutive dans un hôpital à Phnom Penh. Récemment, épuisée par le rythme effréné de mon travail en fin d'année, j'ai décidé d'offrir à ma famille un moment de détente bien mérité au White Mansion Hotel dans la capitale.

Accompagnée de mon mari et de notre fils Antonio, âgé de neuf ans et fan inconditionnel de découvertes, nous avons décidé de poser nos sacs pour un weekend dans cet établissement emblématique de la rue 240, dans le quartier de Wat Langka. Ce boutique-hôtel nous promet — d'après les avis que j'ai consultés — « un univers de luxe discret et d'élégance intemporelle, loin du tumulte urbain de la capitale ».
La Découverte du White Mansion
Tandis que notre taxi s'engage dans la ruelle étroite bordée de murs assez hauts et de quelques grands arbres, je me demande si nous avons pris le bon chemin. Mais derrière un accès discret se cache une authentique surprise : l'entrée dévoile un jardin tropical avec palmiers, bambous et frangipaniers. La façade est assez impressionnante : murs blancs, hauteurs démesurées, style réellement colonial ou vintage (dans le sens noble du terme), l'impression d'un petit voyage dans le temps.

De la Diplomatie au Design : Une Métamorphose Réussie
D'après ce que j'ai pu lire, cette demeure d'exception, qui aurait été construite dans les années 90 a probablement vu défiler les grandes figures de la géopolitique régionale de ces années là alors que le bâtiment servait de résidence pour l'ambassadeur américain. Ses salons ont peut-être accueilli des réceptions historiques, témoins des liens étroits — et parfois tumultueux — entre Washington et le gouvernement du royaume.
Après des années de transformations urbaines, la propriété a entamé sa seconde vie en 2011. Une rénovation méticuleuse a permis de convertir ce sanctuaire politique en un hôtel boutique de luxe. L'enjeu était de taille : préserver l'âme ancienne et néoclassique du bâtiment tout en y insufflant un minimalisme khmer contemporain.

Un Héritage Architectural Préservé
Franchir le seuil de la White Mansion, je me répète, c'est un peu remonter le temps. Les architectes ont conservé les éléments structurels qui faisaient la fierté de la résidence diplomatique : l’escalier monumental en teck, pièce maîtresse du hall d'entrée ; les hauts plafonds et les volumes généreux, inspirés de l'architecture indochinoise de prestige.
Mon mari, toujours pragmatique, est impressionné par la propreté des lieux — pas un grain de poussière sur les sols de granit— et un personnel khmer souriant qui nous accueille avec un jus de fruit frais, nous informe des horaires du restaurant, de la possibilité de s’offrir un massage et d'autres détails pratiques. Tous les hôtels ne le font pas forcément. L'enregistrement à la réception se déroule sans accroc.
Il y a un ascenseur, mais j'ai bien trop envie de monter les marches de cet escalier plutôt impressionnant !

Notre suite familiale est assez surprenante par sa taille. Spacieuse, la suite accueille deux lits king-size moelleux, un balcon privé et une salle de bain digne d'un spa : douche à effet pluie et produits de toilette aux senteurs de lotus.
L'isolation acoustique est trés convenable ; malgré la proximité de la rue, quasiment aucun bruit ne parvient jusqu'à la suite.
Le groupe Maads gère l'établissement depuis 2019 et y imprime donc sa marque, principalement dans la décoration jouant sur des contrastes de couleurs fortes, des pointes d'exotisme et d'antiquités et, bien entendu, la qualité du service.

L'Atmosphère
Ce qui me séduit vraiment, c'est cette atmosphère d'antan assez bien préservée. Marcher sur des parquets d'époque, sous des plafonds à caissons ornés de motifs floraux, avec des ventilateurs en palmier qui tournoient paresseusement, on pourrait se croire dans un vieux film, ou un roman de Marguerite Duras.
On croise quelques antiquités dans le lobby, un vieux ventilateur, un cyclo-pousse près de la piscine, ce qui ajoute à l'ambiance rétro sans excès..

L'hôtel compte une trentaine de chambres seulement, ce qui renforce une intimité appréciable : pas de foules bruyantes, juste une poignée d'hôtes privilégiés savourant le calme.
Dans la suite, peu à redire au niveau du mobilier, tout y est, y compris ces bancs de lit que j'adore et qu'Antonio va rapidement encombrer de toutes ses affaires. Je teste l'internet : largement suffisant pour nos trois appareils. Côté télévision, c'est un peu vintage et l'image n'est pas de la meilleure qualité. Peu importe, nous ne sommes pas là pour regarder la télévision.
Calme, Piscine et Déjeuner
Avant le déjeuner, je m'installe sur une chaise-longue confortable, sous un soleil modéré, au bord de la piscine. L'eau, d'un bleu limpide mais un peu fraîche, ondule contre les bordures. Un cocktail de fruits frais en main, j'observe le calme environnant ; le temps s'écoule paisiblement, m'invitant à une détente mesurée dans ce havre de paix bien réelle.

J'aime bien le concept : bien que l’hôtel soit entouré de quelques bâtiments en hauteur, l’atmosphère demeure suffisamment intime grâce à l'abondante végétation alentour. J'essaierai de faire trempette, mais l'eau est un peu froide alors que le soleil se fait désirer. Mon fils et mon mari n'hésitent pas, et c'en est fini de ma tranquillité...

Il existe plusieurs espaces de restauration : le Café lui-même, avec un mobilier de type cafétéria mais bien décoré ; une véranda-pavillon jardin assez élégante ; et le côté purement jardin.
Nous choisissons le côté extérieur en nous promettant d'essayer la véranda ce soir, car cela doit être encore plus agréable avec le jardin et ses éclairages.
La carte ressemble à celles des autres établissements gérés par Maads : un bon équilibre entre plats occidentaux, asiatiques, typiquement cambodgiens et originaux, sans oublier l'option vegane-végétarienne. Les prix oscillent entre 6 et 15 dollars US. Je vois deux plats de viande qui me font envie, mais j'opte pour un saumon de Norvège frit avec asperges.

Mon fils semble oublier qu'il y a des plats plus intéressants que les spaghettis carbonara ; idem pour mon époux, qui se contente d'une salade méditerranéenne en tortillas. Le service est rapide et je suis ravie de goûter une préparation différente de mon quotidien.
Le poisson est vraiment bien cuit et l'accompagnement bien pensé. En général, je ne suis pas très desserts, mais lorsque je lis « crème brûlée » au menu, j'ai envie d'essayer. Elle est servie avec un coulis que je n'utilise pas, préférant ce dessert nature. Là encore, c'est assez réussi. Quant à mon gamin, vu la vitesse avec laquelle il a englouti ses spaghettis, le chef n'a apparemment pas failli dans sa recette. Mon époux ne commente pas son plat, signe que ça va...

L'après-midi sera farniente : nous n'avons pas envie de quitter ce cocon, et cette chambre est tellement vaste et aérée qu'on y passe du temps à se prélasser, bouquiner, bref, à ne presque rien faire. Une petite promenade alentour toutefois pour se dégourdir les jambes en fin d’après-midi.
Étonnamment, le quartier est calme ce weekend. Peut-être la foule s'est-elle déplacée vers Riverside, à présent très fréquentée depuis qu'elle est devenue piétonne. Quelques chauffeurs de tuk-tuk nous interpellent, mais sans insister.

Dîner en véranda
Nous nous dirigeons alors vers la véranda. Le décor y est vraiment agréable en soirée. Je vais enfin pouvoir me régaler avec la côte que j'avais repérée : une côte d'agneau de Nouvelle-Zélande, très bien préparée, avec sauce au vin et l'incontournable poivre de Kampot.
Je suis presque jalouse du cuisinier, car je n'ai jamais réussi à cuisiner convenablement ce type de viande. La sauce comprend un peu d'ail, de vinaigre et de citronnelle ; cet assortiment de saveurs me convient tout-fait.

Côté gamin, mon fils refait la même commande : des spaghettis carbonara, preuve qu'ils doivent être vraiment bons car il est malgré tout assez exigeant. En entrée, nous partagerons une salade de saumon, fraîche et sans reproche.
Quant au mari, qui adore les quiches, il essaie celle au fromage et au jambon. Il la finit, mais ajoute un bémol : pas assez de note salée en comparaison des quiches lorraines, toujours relevées grâce au bacon.

En dessert, je me reprends une crème brûlée, et mon fils décide de faire de même. Lui aussi, ne touchera pas au coulis mais se régalera. Pour ce dîner, le service a été assez rapide, et attentionné.
La nuit sera paisible, sur une literie très confortable et dans une chambre décidément parfaitement conçue pour le calme.
Petit-déjeuner
Le Café est aussi un espace assez agréable avec une façade de verre qui donne sur la rue. Tout comme dans le lobby – qui accueille une boutique de vêtements –, quelques étagères sont consacrées à des produits locaux : poivre de Kampot, chocolat, produits de beauté et boissons naturelles. Seulement du Made in Cambodia, avec qelques marques que l'on ne trouve pas dans le commerce.

Le Café propose de nombreuses viennoiseries, meringues et macarons. Il est aussi possible de commander à la carte plusieurs types de sets, occidental ou asiatique.
Je me suis tellement régalée la veille que je me suis contentée d'un jus de fruits et de quelques madeleines, un produit français que je découvrais et curieusement assez proche de certains gâteaux locaux.

La directrice de l'hôtel, Sengcheang Kuy, viendra, tout sourire s'enquérir de notre court séjour et nous demander si tout s'était bien passé. Nous y avons bien évidemment répondu de façon positive. Elle nous mentionnera que nous aurions du essayer le spa avant le départ pour boucler la boucle de cet interlude de détente.

Conquis
Repos : c'est le mot qui convient pour illustrer ce séjour. Repos de l'esprit grâce au calme et au dépaysement – pas simple de trouver ce genre d'oasis à Phnom Penh à des prix raisonnables –, repos gastronomique car nous avons beaucoup et plutôt bien mangé, repos et déconnexion car il est très difficile de totalement décrocher des soucis professionnels lors de vacances courtes.
Et là, j'y suis parvenue.

Ensuite, je me suis dit que l'endroit était bien adapté pour les touristes découvrant la capitale, car le White Mansion est proche de tout : des Quais, du Marché Central et du Musée. Enfin, si de la famille ou même des relations professionnelles de l'extérieur cherchaient un hôtel de luxe à des prix raisonnables et totalement dépaysant, alliant élégance à un service attentionné et une atmosphère sereine, je les y enverrais avec peu d'hésitation.




