Une nuit à l'Arunreas : dans l'ancienne ambassade américaine, le meilleur de Phnom Penh se dîne et se dort
- Voyageuse Passion

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À deux pas du fleuve, au croisement des rues 51 et 228, un bâtiment blanc aux frontons khmers cache une histoire singulière : celle d'une ancienne ambassade américaine devenue, douze chambres plus tard, l'une des adresses les plus discrètes et les plus courues de la capitale. Cambodge Mag y a passé la nuit.
Il y a des hôtels que l'on choisit pour leur skyline, et d'autres pour leur histoire. L'Arunreas appartient à la seconde catégorie. Le bâtiment, qui abritait autrefois les services de l'ambassade des États-Unis, a gardé de cette époque ses proportions généreuses, ses plafonds hauts et une allure qui ne ressemble à aucune autre adresse du quartier. Douze chambres seulement, réparties sur trois étages, au-dessus d'un rez-de-chaussée qui, dès potron-minet, sent le beurre et le café fraîchement moulu.
Une façade qui ne passe pas inaperçue
Sur la rue Pasteur, à l'angle de la rue 228, la façade blanche à frontons rouges détonne dans le paysage de béton environnant. Corniches ouvragées, motifs khmers sculptés en façade, frangipaniers en fleurs sur le trottoir : l'Arunreas — « l'aube » en khmer — porte bien son nom, avec une entrée orientée à l'est. On est à dix minutes à pied du Palais Royal, et tout aussi près du front de rivière, ce qui en fait une base idéale pour explorer le Phnom Penh colonial sans jamais avoir à sortir la voiture.

Les chambres : le luxe sans l'esbroufe
Trois catégories de chambres se partagent les douze suites de l'hôtel — City Petite, City Grande et la Majestic Suite, la plus spacieuse, avec sa baignoire à immersion et ses murs sculptés d'inspiration angkorienne. Partout, le même vocabulaire décoratif : bois sombre, appliques dorées en forme de motifs khmers, tapis épais, linge blanc rehaussé de touches bordeaux. Une chambre où l'on pourrait facilement passer la journée entière, canapé et bureau compris.

La salle de bain, elle, est presque une pièce à part entière : bas-relief en grès sculpté représentant des apsaras, larges baies vitrées à claire-voie, sol en bois sombre et vasque suspendue. Certaines suites disposent même d'une baignoire à ciel ouvert, nichée dans un renfoncement de pierre éclairé par la lumière du jour filtrée à travers les stores.

Le souci du détail se retrouve jusque dans les vasques et les éclairages, pensés pour un moment de calme après une journée passée à arpenter la ville.

Un instant suspendu, à l'heure où la lumière du jour décline encore par les stores et où l'on prend le temps de se préparer avant de redescendre dîner.

Khéma Pasteur : le restaurant qui a fait la réputation de la maison
Impossible de parler de l'Arunreas sans parler de Khéma Pasteur, le restaurant français installé au rez-de-chaussée, qui affiche aujourd'hui plus de 1 500 avis et une note de 4,6 sur Tripadvisor. Boulangerie, pâtisserie et restaurant gastronomique à la fois, Khéma est autant l'adresse des résidents de l'hôtel que celle des Phnompenhois eux-mêmes, venus pour un café ou un repas d'affaires, sous les vitrines chargées d'entremets et de macarons multicolores.
Côté assiette, la maison ne fait pas dans la demi-mesure : tartare de bœuf accompagné de sept petites coupelles de condiments, saumon fumé maison dressé avec câpres, citron et une touche de caviar, terrine de foie gras servie avec une salade vive et croquante. Une cuisine française classique, exécutée avec la précision d'une vraie brigade — plusieurs clients sur Tripadvisor n'hésitent pas à comparer les dîners de l'Arunreas aux meilleures tables parisiennes.



Le petit-déjeuner : la vraie signature de la maison
C'est peut-être là que l'Arunreas marque le plus de points. Le petit-déjeuner en formule buffet à volonté, servi chaque matin dans la même salle, est unanimement salué par les clients — et l'on comprend pourquoi en découvrant le buffet : charcuteries, salades composées, crudités multicolores, betteraves, fruits frais empilés en pièce montée, viennoiseries tout juste sorties du four. Le service, en costume noir impeccable, veille sur chaque plat avec une discrétion toute professionnelle.

Les habitués ne s'y trompent pas : nombre d'avis en ligne évoquent un petit-déjeuner « parmi les meilleurs jamais pris dans un hôtel », copieux au point de faire office de brunch pour la journée entière.
Le buffet, en détail
Sous l'enseigne Khéma, le long du mur vitré où reposent les bouteilles, la longue table du buffet se déploie chaque matin comme une nature morte : betteraves en dés, maïs doux, carottes râpées, mesclun et laitues variées, œufs mimosa piqués de tomate et de ciboulette, salade composée au jambon et au comté. Au centre, une pièce montée de fruits de saison — mangue, fruit du dragon, pomme, ananas — sert de point d'orgue coloré à l'ensemble.





Une adresse pensée pour la ville
Ce qui frappe, en somme, c'est la cohérence de l'ensemble : un bâtiment historique respecté plutôt que dénaturé, un service évoqué avec constance sur les plateformes d'avis, un emplacement qui met à la fois le Palais Royal, le Monument de l'Indépendance et le front de rivière à portée de marche. On y dort bien, on y mange encore mieux, et l'on repart avec le sentiment d'avoir vécu Phnom Penh depuis l'intérieur, plutôt que depuis la vitrine d'un grand hôtel de chaîne.
Plus d'informations et réservations : https://arunreas.thalias.com.kh







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