Siem Reap & Initiative : Les villageois de Keo Por veulent vivre sans plastique

Sur le Tonlé Sap, les habitants de la commune de Keo Por, sont conscients du lourd impact environnemental causé par les déchets plastiques et tentent de débarrasser le lac de ce fléau.

Siem Reap & Initiative : Keo Por, village flottant sans plastique

Dans une interview accordée à l'Agence Kampuchéa Presse, M. Sea Sophal, président de la Fondation Tamnang Russey, a annoncé un « changement de comportement positif de la part de plus de 300 familles de la communauté », soulignant que sa fondation était à l’origine de cette initiative.

Riz contre plastique

La campagne de sensibilisation aura découragé les habitants de jeter les déchets plastiques dans le lac ou de les brûler, et les ont incités à construire petit hangar rudimentaire pour stocker les déchets qu’ils peuvent échanger contre du riz. M. Sea Sophal ajoute :

« Parallèlement aux séances de sensibilisation qui leur sont proposées, toute la communauté adopte désormais les bonnes pratiques pour promouvoir le lac Tonlé Sap sans plastique »
Collecte de déchets

M. Neth Pheaktra, porte-parole et secrétaire d’État du ministère de l’Environnement, a déclaré que ce projet d’échange de riz contre plastique était une collaboration entre le ministère de l’Environnement et la Fondation Tampaing Snong Russey, une organisation mettant en œuvre des projets dans le cadre de la province de Siem Reap, avec des communautés vivant dans la région du lac.

M. Neth Pheaktra a précisé que le principal objectif de la création d’un hangar en plastique et de la mise en œuvre de ce projet d’échange de riz en plastique était de protéger en urgence la biodiversité dans le lac Tonlé Sap. Dans ce programme de « troc », les villageois qui remettent 5 kg de plastique peuvent les échanger contre 10 kg de riz. Le projet a connu un succès remarquable, il est également mis en oeuvre dans les communes de Kampong Phluk, Kampong Khleang et Chong Phang.

M. Neth Pheaktra, porte-parole et secrétaire d’État du ministère de l’Environnement (à gauche)

M. Sea Sophal a ajouté que le succès de la campagne permettra son extension à d’autres zones le long du lac et de la rivière non seulement à Siem Reap, mais également dans la province de Battambang. Selon une mise à jour récente de S.E. Neth Pheaktra, secrétaire d’État au ministère de l’Environnement, le Cambodge produit plus de 10 000 tonnes de déchets par jour, soit près de 4 millions de tonnes par an, et la quantité de déchets générés augmente entre 10 et 15 % chaque année.

Pollution sur le lac

Entre 65 et 70 % des déchets sont organiques, 20 % sont du plastique et le reste des déchets solides. Le gouvernement royal du Cambodge à travers le ministère de l’Environnement souhaite encourager toutes les activités de gestion des déchets « à travers les 4 R » : refuser, réduire, réutiliser et recycler les déchets plastiques. Le ministère de l’Environnement a déclaré que le but de la création d’un espace de stockage et d’un programme d’échange de riz contre plastique était de réduire drastiquement l’utilisation de plastique et de réduire ainsi la pollution sur le Tonlé Sap.

Villageois contents

Mme Tim Oun, 59 ans, résidente du village de Peam Ta Ou, a exprimé son soutien à l'initiative. Elle ajoute que, même après la fin de la campagne, elle continuera à ramasser et trier les ordures correctement pour « la santé et le bien-être de la population locale ».

Du plastique partout

Mme Mao Pan, bénévole de l’organisation Tampaing Snoung Russey, a déclaré que la raison pour laquelle elle s’était jointe à cette activité de bénévolat était parce qu’elle estimait que le lac Tonlé Sap était aussi une zone touristique et que l’endroit devait rester propre et attrayant. Mme Mao Pan a ajouté que les personnes vivant dans cette communauté comprennent mieux aujourd'hui comment nettoyer, stocker et trier les déchets plastiques.

Lancement de la campagne

Mme Ear Samnang, une jeune bénévole du village de Peam Ta Or, a déclaré qu’à travers ce programme, elle a pu retrouver la beauté du lac une fois la zone débarrassée de ses ordures. Elle a ajouté que le problème des ordures n’est pas de la seule la responsabilité des autorités, « chaque citoyen doit également contribuer à ce travail, en commençant par abandonner les vieilles et mauvaises habitudes, comme jeter les ordures en plein air ou les brûler.

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