Saveurs d'Europe, âme de Phnom Penh : EuroFeast enflamme la capitale
- La Rédaction

- il y a 8 heures
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Des centaines de convives réunis sous les étoiles pour une nuit de gastronomie, de musique et de rencontres inoubliables. Le grand rendez-vous européen du Cambodge a une fois de plus dépassé toutes les attentes.

Il y avait dans l'air de ce samedi soir quelque chose d'électrique — une promesse de fête tenue jusqu'à la dernière note de musique. EuroFeast 2026, organisé par la Chambre de Commerce Européenne au Cambodge (EuroCham), a réuni plusieurs centaines de visiteurs au Coconut Park de Koh Pich pour célébrer, le temps d'une soirée, le meilleur de la table et de la culture européennes au cœur de la capitale khmère.

Dès 15h, les premiers stands prenaient vie sous leurs toiles blanches dressées à l'ombre des grands arbres de Coconut Park. Stands de vins espagnols, boulangeries artisanales, épices de La Plantation, kebabs savamment tournés à la broche, bagels façon Cambodge, bitterballen hollandais, craft beers, espresso français en capsules, glaces « handmade with love » — la scène ressemblait à un marché européen atterri par magie sous les tropiques, avec en toile de fond les premières notes de la sono qui se préparait.
L'Europe en flaveurs, du levain au gin
Ce qui frappe d'emblée à EuroFeast, c'est la densité et la diversité de l'offre. En quelques dizaines de mètres, on passe du pain artisanal chaud aux vins espagnols Torres de Celliers d'Asie, des épices de La Plantation aux bagels ultra-garnis de Cambodia Bagels, des sandwiches et saucisses de Khéma Go des bitterballen néerlandais de Holland House aux plats mijotés d'Eggplant Bear's Kitchen. Chaque stand était tenu avec soin, les équipes en uniforme souriantes sous la chaleur.
La première chose que l'on remarque en s'approchant d'Eggplant Bear's Kitchen, c'est l'odeur. Moussaka fumante, poulet rôti doré, légumes farcis confits, charcuteries maison — la table débordait de plats préparés avec soin par un chef en tablier rayé qui conversait avec les curieux avec la passion d'un cuisinier grec dans sa trattoria de quartier. Le stand portait bien son slogan affiché en rouge : « Let me taste... Eggplant Bear's Baked Goods ».

À quelques pas de là, Holland House arborait fièrement ses couleurs nationales — orange vif sur la nappe, tulipes sur le stand. Sa fondatrice, installée sereinement derrière ses plateaux, proposait des bitterballen croustillants accompagnés de mayonnaise Hellmann's et des stroopwafels, ces gaufres au caramel qui font le bonheur des Néerlandais. Un bout d'Amsterdam planté en plein Phnom Penh.

Pour les amateurs de bière artisanale, Botanico Brewing Company avait apporté son food truck container noir au graphisme industriel — tuyauteries peintes, ampoules Edison suspendues, robinets de pression alignés. Sur la table, des bouteilles de craft beer aux étiquettes colorées et un tonneau en bois doré pour poser son verre. Une adresse qui tranche résolument avec les grandes marques commerciales.

En fin de journée, côté boissons chaudes, le stand Malongo Café s'illuminait dans la nuit tombante. L'enseigne de l'espresso français — « The French Espresso » — avait déployé ses machines à capsules compactes, ses gammes de dosettes colorées et ses deux jeunes équipiers en polo rouge qui servaient avec enthousiasme. Un café bien serré après une longue journée de dégustation : il ne fallait pas chercher plus loin.

La palette des saveurs ne s'arrêtait pas là. Nescafé — « Global Brand from Switzerland » — tenait un stand tout en rouge écarlate, gamme Blend & Brew exposée sur des étagères immaculées, promoteur en uniforme impeccable. La marque suisse s'inscrivait naturellement dans la lignée européenne de l'événement, preuve qu'EuroFeast sait aussi célébrer le quotidien autant que le premium.

Et puis, dans les allées, une image inattendue et charmante : deux jeunes femmes vêtues de hanfu — ces robes traditionnelles chinoises aux broderies délicates, rehaussées de coiffures ornées de bijoux et de fleurs — étaient assises aux tables en bois en grande conversation avec leurs compagnons. Le contraste saisissant entre leurs tenues d'époque et le brouhaha festif du festival illustrait à merveille ce que dit l'ambassadeur Messerer : EuroFeast n'est pas un événement uniquement pour les Européens.

Les visiteurs, eux, se montraient à la hauteur de l'ambition : curieux, aventureux, heureux de passer d'un stand à l'autre, verre à la main. La pelouse, parsemée de tables bistrot et d'ombrelles rouge, prenait des airs de bar à bière tropical. Familles avec poussettes, couples expatriés, professionnels en bermuda, touristes de passage — EuroFeast rassemblait une tranche représentative et colorée de la vie internationale de Phnom Penh.

« De 7 à 77 ans » — Martin Brisson, Directeur d'EuroCham
C'est Martin Brisson, directeur d'EuroCham Cambodia, qui a porté, avec ses équipes, le projet EuroFeast depuis ses premières esquisses. Rencontré en début d'après-midi au milieu de l'effervescence du site, il nous a expliqué la philosophie de l'événement.

Qu'est-ce qui se passe aujourd'hui à Coconut Park ?
Aujourd'hui, c'est la journée de l'Europe. En tant qu'EuroCham, on a voulu organiser un festival vraiment ouvert à tous, qui célèbre la cuisine, les boissons, la culture, la musique européenne.
On a vingt stands qui distribuent des produits alimentaires, des boissons, des bières, du vin européen — évidemment, italien, français. On a aussi plein de membres, Khéma, Bellini, Celliers d'Asie, qui ont pris des stands pour faire découvrir un peu leur cuisine à un public très large, de 7 à 77 ans.
Parlez-moi des animations et de la programmation musicale
Il y a beaucoup de choses pour les enfants, d'abord. Un bouncing castle, des caricatures, du face painting. Et après, il y a toute une programmation de concerts — ça va de 16 h jusqu'à minuit avec un DJ berlinois qui viendra animer la fin de soirée.
Sinon, c'est toute la journée à boire et à manger !
Pourquoi est-ce important de célébrer l'Europe au Cambodge ?
Je pense que de la culture européenne, on voit beaucoup de clichés au Cambodge. Je voulais qu'on puisse faire quelque chose d'un peu plus authentique, et puis qui rassemble.
Pour la Journée de l'Europe, je trouvais qu'organiser un festival très grand public, où on puisse aussi donner des opportunités de visibilité et de vente à nos membres, c'était vraiment la meilleure façon de le faire.
« Je voulais qu'on puisse faire quelque chose d'un peu plus authentique, et puis qui rassemble — pour la Journée de l'Europe. »
« Président heureux ! » — Tassilo Brinzer, Président d'EuroCham
Tassilo Brinzer, Président d'EuroCham Cambodge, rayonnait en ce début de soirée. La foule dépassait toutes les projections, les stands affichaient complet, et la scène se réchauffait. Il nous a confié, avec une franchise désarmante, pourquoi ce moment compte pour lui.
Pourquoi est-il important d'organiser un tel événement ?
Je pense que c'est très important que nous nous unissions — à l'extérieur de notre travail quotidien dans la communauté business, à l'extérieur de l'advocacy, à l'extérieur de tout le travail que nous faisons pour les membres d'EuroCham — pour fournir une plateforme où la communauté européenne peut venir ensemble, célébrer et avoir un bon moment, au moins une fois par an.
Le 9 mai, c'est un bon jour pour ça, parce que c'est le jour de l'Europe. Et nous avons beaucoup d'entreprises européennes, de vendeurs, de restaurants qui forment la scène culinaire de Phnom Penh et du Cambodge — je suis très heureux qu'ils soient tous là.
Qu'est-ce qui vous rend particulièrement fier ce soir ?
En plus des stands gastronomiques, il y a de nombreux groupes européens, des musiciens. C'est vraiment un événement ouvert, pour amener la communauté européenne et la communauté culturelle plus proche de tout le monde à Phnom Penh.
Il n'y a pas beaucoup d'événements similaires. Il y a bien sûr le marché français — mais pour les Européens au sens large, c'est peut-être cet événement. J'espère. Et les gens aiment vraiment, ils viennent. Donc, on est heureux. Président heureux !
« C'est vraiment un événement ouvert pour amener la communauté européenne et la communauté culturelle plus proche de tout le monde de Phnom Penh. »
« Ce n'est pas uniquement un événement pour les Européens » — Stefan Anton Messerer
L'ambassadeur d'Allemagne au Cambodge, Stefan Anton Messerer, n'était pas venu en simple observateur diplomatique. Il comptait bien rester jusqu'en fin de soirée — et il l'a dit avec le sourire.

Pourquoi est-ce important pour vous, en tant qu'ambassadeur, d'être présent ce soir ?
Pour moi, c'est important parce qu'il n'y a que quelques opportunités où on peut rassembler toutes les entreprises connectées européennes. C'est une bonne ambiance, les gens passent du bon temps — la nourriture, les boissons — et c'est ce qui compte, de mon point de vue.
Vous allez rester toute la nuit pour écouter de la musique ?
Bien sûr, je vais rester ! Le programme est vraiment plein. La nourriture, les boissons, mais aussi la musique. C'est un très bon programme.
Je suis surpris par la grande foule présente ce soir. Je n'avais pas prévu une telle affluence — et c'est bien de voir que la coopération des entreprises sous le nom d'EuroCham est si proche.
J'espère vraiment que cet événement sera répété l'année prochaine. C'est la première fois, au moins depuis quatre ans, que je participe à cet événement avec autant d'impatience. Il doit être répété — c'est génial. Je m'amuse autant que les autres !
En tant que diplomate, vous pensez que ce genre d'événements est vraiment utile ?
Absolument, parce que ça amène les gens ensemble. Ce n'est pas uniquement un événement pour les Européens — et c'est ce qui compte.
Quand je regarde autour de moi, il y a tellement de Cambodgiens qui s'amusent avec leurs amis européens, que ce soit les Français, les Allemands, bien sûr — toutes les nations sont représentées ici. Et c'est génial. C'est comme ça que ça doit être.
« Je suis surpris par la grande foule qui est ici ce soir. Ce n'est pas uniquement un événement pour les Européens — et c'est ce qui compte. »
L'espace networking de l'après-midi — et les stands Fantini Wines, Bellini Italian
Celliers d'Asie : « On veut qu'ils soient impressionnés »
Chez Celliers d'Asie, les trois hôtesses en rouge attiraient les regards avec leur sélection espagnole soigneusement choisie pour l'occasion. Vannary Bou Montessuis, commerciale de longue date, nous a présenté sa maison et la cuvée du jour.

Qui êtes-vous et que faites-vous ici ?
Je m'appelle Vannary, je viens de Celliers d'Asie. C'est une compagnie de vin et de spiritueux basée à Phnom Penh, au Cambodge, depuis plus de 30 ans. Nous ne sommes pas seulement à Phnom Penh — nous sommes aussi à Siem Reap, au Vietnam.
Et vous, cela fait combien de temps que vous faites partie de la « famille » ?
Plus de 10 ans. Oui, je suis contente d'en faire partie !
Qu'est-ce que vous proposez aujourd'hui — vos best-sellers ou des nouveautés ?
Ce n'est pas vraiment nouveau, mais c'est quelque chose de spécial. Aujourd'hui, nous utilisons du Torres 10 ans d'âge, combiné avec du Sangre de Toro — un vin d'Espagne. Nous nous concentrons sur des produits espagnols.
Le bon point, c'est que nous avons une sangria élaborée avec du Torres 10 ans. J'espère que beaucoup de gens vont venir et essayer.
Les gens connaissent bien la sangria ici ?
Oui, ils connaissent — mais je veux juste qu'ils soient impressionnés que nous utilisions du Torres 10 ans. Normalement, c'est un produit de haute gamme, une marque premium. On veut juste promouvoir et que les gens viennent essayer nos produits.
Et ce n'est pas que la sangria ! Nous vendons du vin, du sparkling, du cava, du rosé — la sélection est complète.
« Je veux juste qu'ils soient impressionnés que nous utilisions du Torres 10 ans. C'est un produit de haute gamme, une marque premium. »
La Plantation : quand les épices du Cambodge séduisent l'Asie
La Plantation de Kampot est une institution de la gastronomie cambodgienne, connue pour son poivre de renommée mondiale. Mais ce jour-là, Vannarith Kim, responsable du shop de Phnom Penh, misait sur une nouveauté : des moutardes et vinaigrettes aux épices locales, développées avec la Maison Clarence. Et son bilan, après un an et demi en poste, témoigne d'une évolution remarquable.

Qu'est-ce que vous présentez comme nouveautés aujourd'hui ?
Nous voulons faire découvrir nos moutardes et nos vinaigrettes, faites avec des épices du Cambodge. Pour la moutarde, c'est une collaboration avec la Maison Clarence — une recette française. On est très content de présenter ça ici.
On me disait que les Cambodgiens commencent à découvrir les produits de La Plantation, alors qu'avant c'était surtout les expatriés ?
Oui, c'est tout à fait ça. Moi, ça fait un an et demi que je suis en poste au shop de Phnom Penh. Les premiers six mois, on voyait vraiment des clients européens, américains, ou venant de Russie.
Et là, sur les six derniers mois, on commence à avoir aussi des Cambodgiens, des Japonais, des Coréens, des Malaisiens — qui se regroupent dans l'Asie. Pas forcément pour le poivre, mais pour les mangues, le sucre, beaucoup pour le curcuma aussi.
Quel produit marche le mieux en ce moment ?
La mangue. La mangue séchée — c'est notre best-seller du moment.
« Les six premiers mois, c'était des Européens, des Américains. Aujourd'hui, on commence à avoir des Cambodgiens, des Japonais, des Coréens. Pas forcément pour le poivre — pour les mangues séchées, le curcuma. »









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