Phnom Penh, capitale éphémère du spectacle vivant : retour sur les rencontres Chakto II
- La Rédaction

- il y a 9 heures
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Pendant six jours, début juin, Phnom Penh a changé de rythme. Entre le 5 et le 11, la ville a vu converger près d'une centaine de programmateurs, diffuseurs, artistes, auteurs et journalistes venus du Cambodge, de France et d'Asie pour les Rencontres professionnelles Chakto II, premier rendez-vous entièrement dédié au spectacle vivant contemporain dans la capitale cambodgienne.

Un programme pensé comme un accélérateur
Porté par l'Institut français du Cambodge et l'Ambassade de France, en partenariat avec Cambodian Living Arts et l'Acting Art Academy le programme est organisé par l'Institut français du Cambodge et l'Ambassade de France au Cambodge en partenariat avec Cambodian Living Arts et l'Acting Art Academy, Chakto II prolonge un travail entamé l'année précédente. Le programme Chakto original, lancé en 2025 et financé par le ministère français de l'Europe et des Affaires étrangères, avait permis à soixante jeunes créateurs cambodgiens de se former et de structurer leurs projets dans quatre disciplines : danse, cinéma, musique et bande dessinée le programme Chakto, financé par le Ministère des affaires étrangères français et mis en place en 2025, s'est positionné à la croisée de quatre disciplines, les faisant interagir et s'enrichir mutuellement.
Cette deuxième édition change de braquet. Il ne s'agit plus seulement de former, mais de connecter. Fanny Pagès, directrice déléguée de l'Institut français du Cambodge, résume l'ambition : il s'agit de faire venir des professionnels pour qu'ils découvrent la création contemporaine cambodgienne et puissent ensuite accompagner les artistes dans leur diffusion à l'international l'idée est de faire venir des professionnels pour qu'ils découvrent la création contemporaine cambodgienne et puissent ensuite accompagner les artistes dans leur diffusion à l'international. Une bascule assumée vers la professionnalisation et les débouchés économiques du secteur, dans la continuité d'un travail mené depuis plusieurs années pour aider les artistes à structurer leur carrière au-delà de la seule création ce nouveau programme de rencontres prolonge cette démarche, en mettant davantage l'accent sur la professionnalisation et les débouchés économiques
Une scène cambodgienne qui sort de l'ombre d'Angkor
Le constat de départ est lucide. À l'international, l'image culturelle du Cambodge reste largement associée à Angkor et aux formes d'art traditionnelles, alors même que le pays regorge de jeunes talents qui peinent à se faire connaître faute de visibilité et d'accompagnement à l'international, l'image culturelle du Cambodge reste souvent associée à Angkor et aux formes d'art traditionnelles, alors que le pays fourmille de jeunes talents qui peinent à l'exprimer, faute de visibilité et d'accompagnement. C'est précisément cette scène contemporaine en pleine évolution, portée par une nouvelle génération d'artistes, que ces rencontres ont voulu mettre en lumière ces rencontres professionnelles entendent justement mettre en lumière une scène contemporaine en pleine évolution, portée par une nouvelle génération d'artistes. Comme le souligne Fanny Pagès, il était important de montrer que la création cambodgienne est plurielle et qu'elle s'inscrit aussi dans des formes contemporaines il est important de montrer que la création cambodgienne est plurielle et qu'elle s'inscrit aussi dans des formes contemporaines.

Treize créations, sept lieux, une ville en effervescence
Les rencontres se sont déroulées en parallèle du GOLDEN (r)AGE Performing Art Festival, deuxième édition d'un événement né de la volonté de révéler au grand public les talents d'une nouvelle génération d'artistes cambodgiens formés à The Last Stage, structure portée par l'Acting Art Academy premier festival de théâtre contemporain du Cambodge, le GOLDEN (r)AGE Performing Art Festival est né de l'envie de révéler au grand public les talents d'une nouvelle génération d'artistes cambodgiens formés à The Last Stage. Après une édition exploratoire en 2025, le festival a pris cette année toute son ampleur : treize créations programmées dans sept lieux de la capitale, parmi lesquels The Last Stage Riverside, le Théâtre Chenla, l'Institut français du Cambodge ou encore le musée SOSORO le festival entre dans son format complet et ambitieux en 2026, avec treize performances réparties dans sept lieux, dont The Last Stage Riverside, The Last Stage Aquation, Factory Phnom Penh, le Théâtre Chenla, l'Institut français du Cambodge, Friends Futures Factory F3 et le musée SOSORO. L'Acting Art Academy elle-même est le fruit du travail de Karim Belkacem Saadi, metteur en scène et auteur français installé au Cambodge, qui y a fondé il y a plusieurs années une formation théâtrale pluridisciplinaire Karim Belkacem Saadi a créé une académie de théâtre à Phnom Penh, la Acting Art Academy, qui propose une formation de théâtre pluridisciplinaire.
Parmi les temps forts figurait la pièce Quand je me retrouve (dans les mirages), mise en scène par le metteur en scène et réalisateur d'opéra français Frédéric Fisbach, jouée en khmer, français et anglais avec surtitrage simultané la production, dirigée par le metteur en scène et réalisateur d'opéra français Frédéric Fisbach et interprétée en khmer, français et anglais avec surtitrage en direct, avait été créée en mars 2026, marquant la première collaboration de Fisbach avec des artistes khmers. Le spectacle suit une femme dont le compagnon disparaît, et qui part à sa recherche dans des marges sociales que l'on évite généralement de regarder — addiction, prostitution, survie l'œuvre suit une femme dont le partenaire disparaît, et qui, en le recherchant, entre dans un monde que la plupart des gens évitent soigneusement : addiction, prostitution, survie dans la marge.
Une autre proposition marquante réunissait sur scène le metteur en scène international Michael Laub et la chorégraphe cambodgienne Vanthy Khen, faisant dialoguer écriture scénique contemporaine et codes millénaires de la danse traditionnelle khmère, portée par neuf danseurs une rencontre artistique fusionnant l'écriture scénique contemporaine du metteur en scène international Michael Laub aux codes millénaires de la danse traditionnelle khmère portée par la chorégraphe Vanthy Khen, avec neuf danseurs sur le plateau.

Des invités venus de tout le réseau culturel international
La liste des participants annoncés donne la mesure de l'ambition régionale du rendez-vous. Étaient notamment attendus Paul Rondin, directeur de la Cité internationale de la langue française et ancien directeur délégué du Festival d'Avignon, Shireen Binte Abdullah de l'Esplanade — Theatres on the Bay à Singapour, ainsi que Jeff Khan, directeur artistique d'Asia TOPA en Australie les participants attendus comprenaient Paul Rondin, directeur de la Cité internationale de la langue française et ancien directeur délégué du Festival d'Avignon, Shireen Binte Abdullah de l'Esplanade – Theatres on the Bay à Singapour, et Jeff Khan, directeur artistique d'Asia TOPA en Australie.
Six jours d'ateliers, de tables rondes et de sessions de réseautage visant à tisser des liens durables entre le secteur cambodgien du spectacle vivant contemporain et les réseaux culturels internationaux le programme de six jours a inclus des ateliers, des discussions et des sessions de réseautage visant à renforcer les liens entre le secteur cambodgien des arts de la scène contemporains et les réseaux culturels internationaux.
Un calendrier qui n'a rien d'un hasard
La temporalité de l'événement n'est pas anodine. Ces rencontres interviennent l'année même où le Cambodge se prépare à accueillir le Sommet de la Francophonie, ce qui leur confère une portée stratégique : elles affirment la place de Phnom Penh comme carrefour culturel régional et posent les bases d'une visibilité internationale durable pour les arts de la scène cambodgiens Chakto II s'inscrit dans un moment stratégique : alors que le Cambodge s'apprête à accueillir le Sommet de la Francophonie, ces rencontres affirment la place de Phnom Penh comme carrefour culturel régional et posent les bases d'une visibilité internationale durable pour les arts de la scène cambodgiens.
Et maintenant ?
Reste à transformer l'essai. Les discussions amorcées pendant ces six jours — coproductions, tournées régionales, résidences croisées — devront désormais trouver leur traduction concrète. Si l'on en croit la dynamique enclenchée depuis 2025, le pari de l'Institut français semble en bonne voie : faire de Phnom Penh, longtemps perçue comme une scène périphérique, un point de passage incontournable pour qui s'intéresse aux écritures contemporaines d'Asie du Sud-Est. La suite se jouera dans les mois qui viennent, au gré des suites données — ou non — par les programmateurs venus observer, écouter, et peut-être déjà esquisser leurs prochaines saisons.







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