Parcours & Siem Reap : Solina Chhorng, l’ambition et l'énergie de l’autodidacte

« Lorsque j’étais petite, je rêvais de devenir femme d’affaires. Je m’imaginais spécialisée dans l’épicerie, brassant toutes sortes de produits aux couleurs bariolées et aux senteurs exotiques ».

Solina Chhorng

Tant pis, confesse-t-elle, si ce désir ne s’est finalement pas concrétisé. Solina Chhorng n’en a cure :

« Au contraire, travailler dans le secteur de l’hôtellerie se révèle tout aussi fascinant, voire plus, que mon vieux rêve d’enfance. C’est un challenge quotidien extrêmement motivant et jamais routinier. »

Trouver un travail à 17 ans

De l’énergie et de l’allant, Solina n’en manque pas. Il lui aura d’ailleurs fallu faire preuve d’une incroyable volonté pour traverser une crise familiale tombée comme un couperet au sortir de l’adolescence. Née à Siem Reap, la jeune fille studieuse semble promise à de brillantes études. Pourtant, alors qu’elle n’est âgée que de 17 ans, il lui faut tout abandonner lorsque son père décède brutalement. « Il fallait absolument que je trouve un travail pour venir en aide à ma famille. C’était ma priorité absolue. J’ai accepté le premier poste qui s’est offert à moi, celui de serveuse dans un restaurant. Je ne pensais pas spécialement travailler un jour dans ce secteur, mais c’est ainsi que j’y ai débuté, et cela m’a tout de suite plu ! » Avenante et dynamique, Solina, en contant cet épisode, démontre aussi toute la force dont peut faire preuve une jeune femme face aux coups les plus durs.

Apprendre encore et toujours

Avec un tendre sourire, Solina continue de dérouler son parcours professionnel : après ces deux années passées en tant que serveuse, elle postule à l’Hôtel de la Paix, devenu maintenant Park Hyatt. Ce 5 étoiles hors du commun représente une remarquable école pour cette autodidacte ayant soif de percer dans son nouveau métier.

« J’y ai suivi un grand nombre de formations, que j’ai toutes validées avec succès. En quelques années, j’ai pu rattraper mon retard scolaire et me perfectionner dans des domaines tels que l’anglais, l’informatique, l’accueil des invités et le management »

« Entre autres ! J’ai passé 7 années dans cet hôtel, en gravissant les échelons étape par étape. J’étais sûre de moi et de la carrière que je voulais mener. Lorsque, en 2016, le Malis de Siem Reap a annoncé son ouverture, j’ai aussitôt tenté ma chance. J’ai bien fait, car me voici maintenant assistante de direction. »

Un travail de cheffe d’orchestre

Un poste particulièrement exigeant, dont Solina relève chaque jour les défis sans sourciller. « C’est toujours une grande satisfaction que de résoudre toutes sortes de problèmes, parfois les plus inattendus. Mais aussi de répondre aux attentes de la clientèle, de répartir les tâches entre le personnel, d’organiser les formations, de faire l’interface entre les clients, les employés et la direction, de gérer les réservations et les messages… Et bien d’autres choses encore. » Adaptabilité, autonomie, polyvalence et sens de l’initiative : voilà, selon la fiche métier d’Assistante de direction, les talents requis pour exercer une telle profession. Solina les illustre tous.

« Bien plus qu’un restaurant »

« Cela fait maintenant 11 ans que j’évolue dans ce secteur, et je ne m’en lasse pas. Et puis, travailler au Malis est excitant et motivant. J’invite celles et ceux qui ne l’ont pas encore visité à venir découvrir cet établissement. Pour la beauté du bâtiment bien sûr, ainsi que de sa décoration intérieure, qui illustre le sens de l’hospitalité qui nous est cher. Mais, surtout, pour y déguster nos spécialités, puisque le Chef est un véritable artiste, qui sait jouer de toutes les richesses de la cuisine cambodgienne. Pour faire bref, je dirais simplement que le Malis est bien plus qu’un restaurant ».

C’est cette cuisine cambodgienne, mise en valeur par le chef Sokha, qui plait tant aux visiteurs désireux de découvrir les subtilités de cette gastronomie. Mais aussi, et surtout, aux Cambodgiens, qui se pressent nombreux aux tables du restaurant.

« Maintenant que le flux de touristes s’est tari à cause de la crise sanitaire, nous avons le privilège de pouvoir compter sur une clientèle locale qui nous est fidèle »

«C’est un plus indéniable dans une telle période, tout en constituant en quelque sorte une validation de la qualité de notre cuisine. »

Travail d’équipe

Cette gastronomie, Solina l’apprécie particulièrement. Tout comme les sorties en boite de nuit entre amis, les voyages (« Découvrir de nouvelles cultures, n’est-ce pas fascinant ? »), la lecture, ainsi que les longues promenades en vélo autour des temples d’Angkor. « Nous partons souvent avec les collègues, car nous sommes très proches même en dehors du travail. Les personnels du Malis et du Khéma, qui appartiennent au même groupe, se rendent souvent visite, car nous nous trouvons quasiment en face les uns des autres. Il suffit de traverser la rivière ! Et nous sommes aussi parfois conviés à Phnom Penh, que ce soit pour des réunions entre équipes ou pour y effectuer des formations. Nous avons donc la joie de nous connaitre tous et de nous apprécier. C’est un avantage certain dans une entreprise ». Pouvoir compter sur de tels employés l’est aussi.

Texte et photographies par Rémi Abad

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