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Parcours & Diaspora : Le succès international du Cambodgien Maurice Chan

Chers lecteurs, la série de Khmers d’exception à travers le monde de Cambodge Mag reprend, et nous allons aujourd’hui en France avec le cascadeur Maurice Chan.

A Broadway en tant que fight director pour Back to the future
A Broadway en tant que fight director pour Back to the future

Évoluant désormais sur plusieurs fronts en partageant son talent sur les scènes de Broadway, Londres ou le Campus Avengers de DISNEY, Maurice Chan pourrait être défini comme l’incarnation d’une khmer success story. De la fuite du régime des Khmers rouges à son parcours de vie en France en passant par le succès phénoménal de son équipe aux shows « TV got talent », découvrez avec nous ce khmer hors du commun.

 

Né dans un camp en Thaïlande, tu arrives à ton plus jeune âge en Normandie avec tes parents et ton un grand frère. Comment se passent tes premières années ?

Nous arrivâmes en 1976 pour nous installer dans un petit appartement dans lequel ma mère s’occupait de nous, alors mon père retourna aux études tout en travaillant dans une usine. Cette réinsertion fut bien évidemment dure, le changement de vie étant drastique.

Tes parents démarrent alors de nouvelles carrières. Que faisaient-ils avant ?

Mon père était commandant de l’armée cambodgienne et ma mère femme au foyer

Puis tu déménages en île de France. As-tu des anecdotes ?

Début des années 80 nous arrivons sur Montreuil puis plus tard à Chelles. Mon souvenir : être obligé de changer de prénom pour avoir la nationalité française

Passer de Sokhunty à Maurice et avoir deux amies dont chacune me connaissait uniquement sous l’un des deux prénoms. Un moment transitionnel particulier : devoir renier notre identité et nos origines afin d’avoir le droit de rester sur le sol français.

Passionné de cinéma et de sport en général, tu te découvres une passion pour les arts martiaux. Comment cela arrive-t’-il ?

Fan de Jackie Chan, Bruce Lee ou JCVD, notamment par le biais de mon père, j’étais à la base un handballeur. Puis à 19 ans je découvre le kung-fu, que je pratiquerai pendant deux ans pour ensuite me mettre au Việt Võ Đạo. Cette discipline me correspondra plus, et je pratiquerai pendant plus de 10 ans… jusqu’à mon changement pour les arts martiaux acrobatiques.

Tu montes alors une association. Peux-tu nous en dire quelques mots ?

Avec mes partenaires de Việt Võ Đạo, nous créons en 1997 C . A. S . C . A. D . E., qui signifie : Cascade — Acrobatie — Spectacle — Comédie — Action — Danse — Encadrement. Afin d’obtenir une salle par la mairie, nous furent alors dans l’obligation de donner des cours.

L équipe C .A .S .C .A .D . E
L équipe C .A .S .C .A .D . E

Mais « victimes » de ce succès imprévu, nous enseignerons pendant plus de 8 ans jusqu’à ma décision de tout stopper tout en ne gardant que 15 élèves. Nous commençâmes alors à exercer réellement notre passion sous forme de spectacles.

Comment tes parents acceptent-ils tes nouvelles passions ?

Leur vision, similaire à celle de toute famille khmère traditionnelle, était que le sport ne représentait pas un métier.

Quel métier décides-tu alors d’exercer ?

J’ai donc poursuivi une maîtrise en cinéma et audiovisuel… et je suis rentré à la banque

Puis tu découvres le Kung fu. Peut-on parler d’une révélation ?

Je l’ai découvert en 1995 et cela m’a immédiatement plu ; mais ce fut le Việt Võ Đạo et ses techniques aériennes qui me séduisirent vraiment. Je devins alors champion d’Europe en techniques et champion de France en combat

Tu montes en 2006 une équipe de cascadeurs, peux-tu nous décrire sa composition ?

Cascades Démo team vit le jour suite à notre arrêt de l’association, notamment avec des jeunes choisis parmi nos anciens élèves de C . A. S . C . A. D . E.

Comment vois-tu la place des asiatiques à ce moment-là dans l’industrie ?

La réalité demeure amère. Les rôles restent sommaires et catégorisés d’emblée.

Cela m’a motivé à créer notre créneau, en mettant en place nos propres shows, différents, aériens, voire humoristiques.

En famille
En famille

Dans notre échange, tu m’as parlé d’un contrat avec Disney land Marvel ? Peux-tu nous décrire cette rencontre ?

L’aventure commence en 2018 suite à un casting de chorégraphe tout d’abord avec un petit show, qui se transformera l’année suivante par un show plus conséquent, pour terminer post Covid par le nouveau Land Avengers Campus, où sont présentés désormais les spectacles que j’ai créés.

Parle-nous également de cette fantastique aventure avec le Show « TV got talent », raconte-nous tes premières impressions

La première émission fut « La France a un incroyable talent » en 2008 où nous atteignîmes les demi-finales. Ceci déboucha sur un appel par « Britain's got talent » en 2012 avec Simon Cowell et son équipe. Ce fut à nouveau un succès et nous arrivâmes à nouveau en demi-finale.

Cette compétition nous amena un nouveau public avec une moyenne de 11 millions de vues pour nos vidéos et devint définitivement un tremplin pour les USA et le Canada. Puis en 2015 la France redemande notre participation à l’émission. Forts désormais d’une expérience et d’un mental beaucoup plus solides, nous atteindrons cette fois — ci la grande finale. Par la suite, nous ferons également « Italia got talent » et « Arabia got talent » où nous atteignîmes encore les demi-finales.

Quel fut le résultat de cette aventure ?

La reconnaissance nationale et internationale, mais aussi celle tant appréciée du milieu de la cascade. Et bien sûr de nombreux contrats de par le monde

Quels sont tes meilleurs et pires souvenirs de ces aventures ?

Le premier passage en 2008 fut peut-être un des pires souvenirs. Nous étions soumis à certaines directives scéniques imposées par le show, directives qui ne correspondaient en réalité que peu au rendu que nous désirions présenter au public.

L’autre expérience peu agréable fut notre passage à « Arabia got talent » et leur manque de considération à l’égard des candidats en général. Mes meilleurs souvenirs découlent directement des pires :

La première épreuve nous motiva à apprendre à bien gérer notre image puis lors de « Britain's got talent » l’annonce de notre sélection en demi-finale.

Et enfin notre grande sélection à la finale de « La France a un incroyable talent », avec suite au résultat, n’avoir qu’une semaine pour inventer un show style Matrix, concept qui fut totalement accepté par la direction de l’émission.

Quelle fut la suite ?

Énormément de contrats en Amérique du Nord, particulièrement grâce au passage en Grande-Bretagne ainsi que la porte ouverte dans le 7e art.

Sur le Campus Marvel Avengers
Sur le Campus Marvel Avengers

Quelles sont tes réalisations à l’heure actuelle ?

Les Spectacles Marvel À Dysneyland Paris en tant que coordinateur de cascades et chorégraphe de combats, la comédie musicale Back to the Future, jouée actuellement à Londres en tant que directeur des combats. Le spectacle est également désormais sur Broadway à New York, où je forme également les comédiens. Les deux spectacles se jouent simultanément et connaissent un franc succès

Côté cinéma : Largo Winch 3, qui va sortir en 2024, le futur film américain Canary Black avec Kate Beckinsale, Acide avec Guillaume Canet sorti récemment et le film Trois jours max de Tarek Boudali

Quels seraient les projets chers à ton cœur ?

Réaliser mon propre film d’action et d’aventure au Srok khmer, tout en y insérant mon ressenti de se retrouver étranger sur sa terre natale, projet sur lequel je planche depuis des années.

Enfin quels conseils donnerais-tu à celles et ceux qui veulent suivre ta voie ?

Travailler sans relâche. Ne pas perdre espoir, mais surtout travailler - travailler - travailler.

« Tout peut être possible lorsque l’on s’en donne les moyens »

Propos recueillis par Chantha R (Françoise framboise)

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