« Le Couronnement de Jayavarman VII » : un ballet khmer à l’Institut français du Cambodge
L’École de danse Princesse Buppha Devi présente « Le Couronnement de Jayavarman VII » les jeudi 24 et vendredi 25 septembre 2026, à 19 heures, sur la scène extérieure de l’Institut français du Cambodge. Créé pour le festival Golden (R)Age en juin, le ballet raconte la victoire du futur roi sur les Cham, entre danse classique khmère, lakhaon khaol et bokator.

Une création inspirée des sculptures d’Angkor Thom
La chorégraphie s’inspire des sculptures et des bas-reliefs du Bayon, au cœur de l’ancienne cité d’Angkor Thom. Elle s’appuie sur un imaginaire visuel puisé dans l’art angkorien. Le prince Sisowath Tesso a conçu cette nouvelle œuvre avec l’aide de son enseignante, Duk Sytha. Le ballet a été présenté en avant-première lors du festival Golden (R)Age, en juin 2026.
La direction du spectacle revient au prince Sisowath Tesso. Duk Sytha assure l’encadrement pédagogique. Sorn Visal se charge de l’assistance technique.
Jayavarman VII et la défaite du royaume de Champa
Sur scène, l’histoire se déroule en 1178. Celui qui deviendra l’un des rois les plus célèbres du Cambodge lève une armée pour repousser les Cham et les chasser du territoire khmer. À ses côtés, la princesse Indra Devi. Face à eux, le roi de Champa et ses troupes. La confrontation s’achève par la défaite du souverain cham. Cette victoire ouvre au jeune prince la voie du trône : il régnera sous le nom de Jayavarman VII.
Historiquement, le sac d’Angkor par les Cham remonte à 1177. Il fallut plusieurs années de lutte avant que Jayavarman VII ne soit couronné, en 1181. Les historiens le tiennent pour le plus puissant des souverains d’Angkor.
Bouddhiste mahayana, il fit édifier le Bayon et ses tours à visages. Il ouvrit des routes, des maisons d’étape et des hôpitaux à travers l’empire. Son buste au regard baissé reste l’une des pièces maîtresses du Musée national de Phnom Penh.
Danse classique khmère, lakhaon khaol et bokator
La représentation associe trois formes. La danse classique khmère, codifiée et souvent proche du sacré. Le lakhaon khaol, théâtre dansé masqué. Et le bokator, art martial traditionnel cambodgien. Les mouvements, les costumes et l’esthétique de la mise en scène s’inspirent des figures sculptées sur les bas-reliefs angkoriens, en particulier ceux du Bayon. Le spectacle entend ainsi faire revivre l’univers politique, militaire et culturel du XIIe siècle.
Ces traditions sont reconnues par l’UNESCO. Le Ballet royal du Cambodge a été proclamé chef-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité en 2003, puis inscrit sur la Liste représentative en 2008. Le lakhaon khaol de Wat Svay Andet figure depuis 2018 sur la Liste du patrimoine nécessitant une sauvegarde urgente. Le kun lbokator y a été inscrit en 2022.
L’héritage de la princesse Buppha Devi
Le ballet est porté par l’École de danse Princesse Buppha Devi. Cette structure à but non lucratif, fondée à Phnom Penh par le prince Sisowath Tesso, poursuit l’œuvre de la princesse Norodom Buppha Devi (1943-2019).
Fille du roi Norodom Sihanouk et demi-sœur du roi Norodom Sihamoni, Buppha Devi fut prima ballerina du Ballet royal à dix-huit ans, puis ministre de la Culture et des Beaux-Arts de 1998 à 2004. On lui doit en grande partie la renaissance de la danse classique après le régime khmer rouge, qui avait décimé les artistes du pays. C’est aussi sous son impulsion que le Ballet royal accéda à la reconnaissance de l’UNESCO. L’école, installée à Aquation sur l’île de Koh Pich, propose des cours gratuits et accueille des élèves de tous horizons.
Informations pratiques
« Le Couronnement de Jayavarman VII » à l’Institut français du Cambodge :
• Dates : jeudi 24 et vendredi 25 septembre 2026
• Horaire : 19 heures
• Lieu : scène extérieure de l’Institut français du Cambodge
• Tarif plein : 10 dollars
• Tarif étudiant et moins de 18 ans : 5 dollars, sur présentation d’un justificatif
• Réservation : sur la page de l’événement ; les personnes sans compte sur le site doivent en créer un avant l’achat du billet








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