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L'histoire alternative : Et si les forces d'opposition aux Khmers rouges n'avaient jamais vu le jour

Et si le Premier ministre Hun Sen n’avait jamais fui le Cambodge en 1977 ? Et si les forces d’opposition aux Khmers rouges n’avaient jamais vu le jour ? Et si le Premier ministre Hun Sen n’avait jamais lancé ou poursuivi sa politique « gagnant-gagnant » ?

(De gauche à droite) Chea Sim, Heng Samrin et Hun Sen célébrant l'anniversaire du Front uni du Kampuchean pour le salut national (KUFNS), Pi Thnou 2 décembre, à l'ancienne prison secrète des Khmers rouges, S-21.  Vers les années 1980.  Source : Fresh News/DC-Cam Archives : Fresh News/DC-Cam Archives
(De gauche à droite) Chea Sim, Heng Samrin et Hun Sen célébrant l'anniversaire du Front uni du Kampuchean pour le salut national (KUFNS), Pi Thnou 2 décembre, à l'ancienne prison secrète des Khmers rouges, S-21. Vers les années 1980. Source : Fresh News/DC-Cam Archives : Fresh News/DC-Cam Archives

Le 20 mai 2023, les Cambodgiens ont célébré la Journée nationale du souvenir, devenue fête nationale en 2018. Cette journée commémore la reconnaissance publique du génocide cambodgien, son impact dévastateur sur le peuple cambodgien et la transition du pays de la terreur du régime des Khmers rouges vers une ère de paix, de cicatrisation et de réconciliation.

Le personnage clé de cette transition difficile a été l’actuel Premier ministre du Cambodge, Hun Sen, qui a d’abord servi dans le régime des Khmers rouges, mais qui a perdu ses illusions et qui, avec l’aide du gouvernement vietnamien, a mené l’opposition qui a abouti à la défaite des Khmers rouges.

La vérité et l’histoire ne sont pas incompatibles, mais l’intégrité des faits peut souvent être battue en brèche par des perspectives politiques qui ne correspondent pas à ces faits. Dans ce bref essai, je me demande si le rôle historique du Premier ministre Hun Sen dans la lutte contre les Khmers rouges n’a pas été victime de perspectives politiques vaguement basées sur les faits.

L’histoire alternative

L’histoire alternative est un genre d’histoire spéculative et fictive, dans laquelle un ou plusieurs événements historiques se produisent et sont interprétés différemment des événements réels. L’histoire alternative offre une perspective importante à considérer dans l’histoire du Cambodge et dans l’histoire de la lutte du Premier ministre Hun contre les Khmers rouges.

Il existe de nombreux exemples d’histoire alternative ou de fiction historique dans la culture occidentale. « The Man in the High Castle », de Philip K. Dick, est un exemple dans lequel le lecteur est invité à réfléchir à la façon dont le monde aurait pu se présenter si les puissances de l’Axe avaient gagné la Seconde Guerre mondiale. Les histoires alternatives génèrent des questions perspicaces sur l’histoire réelle, sur ce qui se serait passé si elle avait été différente et sur ses conséquences.

Les histoires alternatives sont importantes pour comprendre l’histoire réelle parce qu’elles nous obligent à réfléchir de manière critique au-delà des faits, à poser des questions et à envisager les perspectives et les implications de la manière dont nos circonstances actuelles sont arrivées, ou auraient pu être si les événements historiques avaient évolué différemment.

Aucune histoire alternative n’a jamais été écrite sur le Cambodge sous les Khmers rouges, mais s’il existait une histoire alternative, il serait utile d’examiner ce que serait le Cambodge si de nombreux événements associés à la défaite et à la destruction des Khmers rouges ne s’étaient jamais produits ou avaient suivi un cours différent.

Une discussion sérieuse sur l’histoire alternative pourrait aborder de nombreuses questions importantes. Par exemple : Que se passerait-il si le premier ministre Hun Sen n’avait jamais fui le Cambodge en 1977 ? Et si les forces d’opposition aux Khmers rouges n’avaient jamais vu le jour ? Et si le Premier ministre Hun Sen n’avait jamais lancé ou poursuivi sa politique « gagnant-gagnant » ?

Ces questions nous poussent à nous demander si le régime des Khmers rouges aurait pu survivre plus longtemps qu’il ne l’a fait, tant sur le plan militaire que politique, et s’il avait survécu, quel aurait été l’impact sur le bien-être général et le statut des Cambodgiens d’aujourd’hui ? À quoi ressemblerait le pays ou la région en termes de développement économique, de paix et de stabilité si l’une ou l’autre de ces circonstances avait été résolue différemment ? À la lumière de ces hypothèses, il ne nous reste plus qu’une question ultime : Combien de milliers ou de millions de personnes auraient souffert et seraient mortes si l’un de ces événements historiques s’était déroulé différemment ? Y avait-il des candidats évidents aussi compétents et déterminés que le Premier ministre Hun Sen, le dirigeant essentiel qui a finalement anéanti les Khmers rouges ?

Bien entendu, tous ne parviendront pas aux mêmes conclusions à ces questions ; ils ne devraient pas non plus y parvenir. La réflexion sur les histoires alternatives ne doit jamais être conçue comme une défense en bloc des gouvernements actuels ou de leurs dirigeants, mais nous devons rendre à César ce qui appartient à César. La défaite et la destruction des Khmers rouges ont été influencées par de nombreux facteurs, mais le facteur le plus important a été le nouveau gouvernement dirigé par le Premier ministre Hun Sen. En théorie, si le peuple et la nation cambodgiens avaient vécu une histoire alternative sous un autre gouvernement, ils s’en seraient peut-être mieux sortis, mais il est beaucoup plus probable qu’ils s’en seraient beaucoup moins bien sortis.

L’avenir du Cambodge ne dépend pas de notre degré d’accord sur l’histoire, mais de notre engagement à poser les questions difficiles et à en débattre, même si les réponses ne correspondent pas à nos intérêts et préférences politiques.

Youk Chhang

Survivant des Khmers rouges & Directeur du Centre de documentation du Cambodge (DC-Cam)

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