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Hun Manet célèbre le premier anniversaire de la rue piétonne de Chaktomuk : un succès populaire et quelques bémols

(Phnom Penh, 2 février 2026) — Un an après son lancement, la rue piétonne de Chaktomuk s’impose désormais comme un symbole du renouveau urbain et du dynamisme nocturne de Phnom Penh.

Hun Manet célèbre le premier anniversaire de la rue piétonne de Chaktomuk : un succès populaire et quelques bémols

À l’occasion de son premier anniversaire, célébré le dimanche 1er février, Samdech Thipadei Hun Manet, Premier ministre du Royaume du Cambodge, a adressé un message de félicitations saluant « la réussite d’un projet collectif » qui conjugue attractivité touristique, cohésion sociale et développement économique local.

Le chef du gouvernement royal a souligné que cette transformation du bord du fleuve, initiée par l’administration de la capitale, « illustrait parfaitement la vision moderne et inclusive de Phnom Penh », tout en renforçant sa place sur la scène touristique régionale.

Une reconquête du quai Sisowath

Inaugurée le 1er février 2025, la « Chaktomuk Walk Street » a métamorphosé un tronçon emblématique du quai Preah Sisowath — entre les rues 94 et 240 — en un espace entièrement piéton chaque week-end, de 18h à 23h. Durant ces soirées, la circulation motorisée est totalement interdite, permettant aux habitants, familles et touristes de déambuler librement le long du fleuve Tonlé Sap et du confluent des quatre bras, appelé Chaktomuk en khmer.

Des stands de nourriture, des artisans, des artistes de rue et des performances culturelles animent les lieux. Le projet, initialement conçu comme une expérimentation de six mois, a rapidement démontré son impact positif sur la fréquentation touristique et la cohésion communautaire. Dès le deuxième trimestre 2025, la mairie a décidé de pérenniser l’initiative, en étendant la zone aménagée, en renforçant la sécurité et en installant une signalisation urbaine harmonisée.

Le gouverneur de Phnom Penh, Khuong Sreng, a rappelé que l’idée s’inspire de modèles observés dans d’autres grandes villes asiatiques, telles que Bangkok, Séoul ou Hanoï, où la piétonnisation de certains quartiers historiques a transformé la dynamique du centre-ville.

Hun Manet célèbre le premier anniversaire de la rue piétonne de Chaktomuk : un succès populaire et quelques bémols

Un moteur pour l’économie locale et la vie nocturne

Selon les chiffres de la Phnom Penh Capital Administration, la rue piétonne attire chaque week-end entre 80 000 et 100 000 visiteurs. En un an, ce seraient plus de 4,5 millions de passages cumulés recensés, faisant de Chaktomuk l’un des lieux les plus fréquentés de la capitale.

Cette affluence a favorisé la création de 1 400 emplois directs, répartis entre 1 000 vendeurs ambulants et 400 opérateurs enregistrés bénéficiant de stands organisés. Plusieurs jeunes entrepreneurs ont profité de cette plateforme pour lancer de petites activités culinaires, artistiques ou artisanales.

Le ministère cambodgien du Tourisme estime que la piétonnisation du quai a contribué à augmenter de 15 % les dépenses nocturnes moyennes des visiteurs dans la capitale en 2025. Elle participe ainsi au renforcement du segment des “Creative Night Markets”, encouragé par la stratégie nationale de diversification touristique.

D’après le classement du Nightlife Cities Index 2025, Phnom Penh se hisse désormais à la deuxième place mondiale pour sa vie nocturne, juste derrière Bangkok. Parallèlement, la BBC Travel a intégré la capitale cambodgienne à sa liste des 20 meilleures destinations à visiter en 2026, soulignant particulièrement « l’énergie vibrante du front de rivière et la chaleur de ses habitants ».

Une ville qui s’affirme sur la scène régionale

Cette vitalité nouvelle n’est pas un phénomène isolé. Depuis le lancement du plan Phnom Penh Vision 2035, les autorités municipales multiplient les initiatives destinées à renforcer l’attractivité de la ville : restauration des promenades du fleuve, aménagements paysagers autour du Palais royal, pérennisation du Win-Win Boulevard Night Market, et soutien accru aux événements culturels.

Phnom Penh attire désormais plus de 4 millions de visiteurs internationaux par an, selon le Tourism Statistics Report 2025. Le secteur du tourisme urbain représente environ 7% du PIB de la capitale, soit un levier économique crucial pour les petites entreprises et l’emploi des jeunes.

Hun Manet a insisté sur la nécessité de consolider ces acquis :

« La rue de Chaktomuk démontre que l’aménagement urbain peut aussi être un instrument de prospérité partagée et un moyen de rapprocher les citoyens. Nous devons continuer à faire de Phnom Penh une ville dynamique, inclusive et durable. »

Des défis à relever : stationnement, circulation et cohabitation commerciale

Malgré l’enthousiasme général, plusieurs zones d’ombre subsistent. Les jours d’ouverture de la rue piétonne, le trafic est particulièrement dense dans les artères avoisinantes. Les automobilistes peinent à trouver des places de stationnement, tandis que les mototaxis et applications de covoiturage doivent déposer leurs clients à distance, provoquant parfois des embouteillages sur les rues 178, 184 ou 240.

Ces contraintes ont suscité des préoccupations chez certains restaurateurs et hôteliers du quai Sisowath, qui observent des fluctuations de fréquentation pendant les soirées piétonnes.Chea Dara, propriétaire d’un restaurant historique du bord du fleuve, confie ainsi :

« L’idée de la rue piétonne est excellente pour la ville, mais nos clients habituels, notamment les expatriés, trouvent difficile d’accéder à nos établissements le week-end. On espère que les autorités trouveront rapidement une solution de stationnement. »

En réponse, la mairie de Phnom Penh a déjà amorcé un plan de gestion des mobilités temporaires, incluant la création de deux parkings périphériques — l’un près du Musée National, l’autre aux abords du parc Hun Sen. Des discussions sont également en cours pour améliorer les itinéraires des cyclo-pousses et bus électriques urbains, afin d’assurer une meilleure desserte des zones piétonnes.

« Nous voulons faire de Chaktomuk un lieu de plaisir pour tous, sans gêner la vie économique traditionnelle du quai Sisowath, » a déclaré le gouverneur Khuong Sreng lors de la cérémonie d’anniversaire.

Hun Manet célèbre le premier anniversaire de la rue piétonne de Chaktomuk : un succès populaire et quelques bémols

Une inspiration pour les autres provinces

Le succès relatif de Chaktomuk Walk Street suscite désormais l’intérêt d’autres villes cambodgiennes. À Siem Reap, la municipalité étudie la création d’une Pub Street 2.0, combinant espaces piétons, stands locaux et zones culturelles permanentes. À Battambang, un projet similaire sur le quai Sangker est en phase de consultation publique.

Ces initiatives s’inscrivent dans la continuité du Cambodia Sustainable Tourism Development Master Plan 2021–2035, élaboré avec le soutien de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), visant à « promouvoir un tourisme inclusif, sûr et écologiquement responsable ».

Hun Manet a d’ailleurs insisté sur cet aspect environnemental :

« La transformation urbaine ne doit pas se limiter à l’esthétique ou à l’attractivité. Elle doit aussi réduire les émissions, encourager la marche et redonner la priorité aux espaces verts. »

Une approche citoyenne et participative

L’un des éléments les plus marquants du projet de Chaktomuk est la mobilisation communautaire. Dès sa conception, la mairie a engagé des discussions avec les associations de vendeurs, les résidents et les commerçants. Des ateliers participatifs ont permis de définir les zones d’activités, les règles de propreté et de sécurité, et les modalités de gestion des déchets.

Selon un rapport interne du Department of Public Works and Transport, la quantité de déchets collectés chaque week-end dans la zone piétonne a diminué de 25 % depuis mars 2025, signe d’une meilleure sensibilisation environnementale. Une partie des bénéfices générés par les stands est reversée au fonds municipal de propreté urbaine.

Un équilibre entre modernité et patrimoine

La transformation du quai Sisowath reste également un enjeu identitaire. Cette avenue historique, bordée de bâtiments coloniaux, de pagodes et du fameux Théâtre Chaktomuk, constitue un héritage architectural précieux.

Le projet municipal s’efforce d’en préserver l’esprit : les interventions architecturales sont limitées, les enseignes sont harmonisées, et la musique de rue doit cesser à 23h pour respecter les résidents. Un équilibre subtil que les autorités veulent maintenir : dynamiser sans dénaturer.

L’architecte urbaniste Sokha Nita, consultante auprès du Phnom Penh Urban Forum, résume :

« Chaktomuk Walk Street n’est pas seulement un lieu de loisirs ; c’est une expérimentation réussie d’urbanisme social. Elle montre comment un espace public peut contribuer à la qualité de vie, au tourisme et à la fierté locale. »

Vers un modèle durable

Après un an d’existence, la Chaktomuk Walk Street est devenue plus qu’une simple promenade : un symbole du Phnom Penh moderne, jeune, ouvert et connecté. Son succès repose sur un équilibre fragile entre la spontanéité populaire et la planification municipale.

Face aux défis logistiques encore à résoudre, les autorités promettent d’ajuster le dispositif sans en altérer la convivialité. Le Premier ministre a conclu son message par un appel à la coopération :

« L’avenir de notre capitale se construira pas à pas, ensemble. Chaktomuk Walk Street est l’expression vivante de l’esprit cambodgien : accueillant, créatif et résilient. »

Illustrations Pcm

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