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Histoire : Les ombres prolongées du refuge, récits des réfugiés cambodgiens en Thaïlande

À la fin des années 1970, alors que le régime brutal des Khmers rouges plongeait le Cambodge dans l’horreur, des centaines de milliers de Cambodgiens ont fui leur pays, trouvant un refuge précaire dans des camps situés à la frontière thaïlandaise. Ces camps, tels que Khao I Dang et Sakéo, apparurent alors comme des havres temporaires face au génocide, mais leur réalité s’est rapidement révélée bien plus complexe et douloureuse.

Les ombres prolongées du refuge, récits des réfugiés cambodgiens en Thaïlande

La fuite vers l’inconnu

Cheak raconte comment, en octobre 1979, lui et vingt mille autres compatriotes ont franchi la frontière cambodgienne pour se retrouver à Sakéo, un camp qui venait tout juste d’ouvrir.

« C’était comme si Auschwitz débarquait, » évoque-t-il, rappelant la détresse extrême des réfugiés vêtus de pyjamas noirs, silencieux, épuisés, certains ne pouvant plus faire un pas de plus.

Autour d’eux, des fils barbelés se déployaient, symboles de leur enfermement. Ces milliers de personnes n’étaient ni officiellement reconnues, ni assurées de la sécurité, malgré la promesse d’un sanctuaire temporaire administré par le gouvernement thaïlandais et diverses organisations internationales.​

Une existence entre espoir et précarité

Sotheara Phan, réfugiée cambodgienne, décrit l’insécurité omniprésente dans le camp, où sa famille a vécu dans des huttes en bambou dépourvues des aides offertes aux réfugiés officiellement enregistrés.

Privés de rations alimentaires, de soins médicaux et d’éducation, ils dépendaient de l’aide financière d’un membre de leur famille installé aux États-Unis pour survivre. Cette vie dans l’ombre était constamment menacée par les raids brutaux des soldats thaïlandais, qui arrêtaient, battaient, et parfois tuaient ou refoulaient les réfugiés non enregistrés. Certains soldats thaïlandais extorquaient également de l’argent aux réfugiés en échange de leur survie, rendant l’existence encore plus précaire.​

Les ombres prolongées du refuge, récits des réfugiés cambodgiens en Thaïlande

La double menace de la guerre et du refuge

Mr Youk Chhang, survivant des Khmers rouges et directeur du Documentation Center of Cambodia, a connu lui aussi la vie clandestine dans le camp de Khao I Dang. Avec d’autres réfugiés non enregistrés, il se cachait sous une maison abandonnée pour échapper aux patrouilles militaires thaïlandaises.

La nourriture faisait souvent défaut, et la peur d’être dénoncé et expulsé vers un Cambodge toujours mortel ne le quittait jamais. Malgré cette situation inquiétante, il a pu bénéficier des écoles et des formations proposées dans le camp, une lueur d’espoir dans un contexte d’incertitude extrême.​

Violence et abus dans le camp

Au-delà de la menace extérieure, les camps eux-mêmes étaient souvent des lieux de violences. Des témoignages d’anciens réfugiés dénoncent les exactions physiques, arrestations arbitraires et abus de pouvoir commis par certaines unités militaires thaïlandaises chargées de la sécurité.

Ces violences contribuaient à renforcer le sentiment d’enfermement et de désespoir des occupants, qui avaient fui la guerre pour se heurter à la dureté d’un « refuge » loin d’être sûr.​

Résilience et solidarité

Au cœur des difficultés, une communauté solidaire s’est progressivement formée. Les réfugiés partageaient leurs ressources, soutenant ceux en situation illégale grâce aux rations obtenues par d’autres.

Malgré les conditions rudes — rationnement strict, logements insalubres, accès limité aux soins — des ONG internationales, missions religieuses et bénévoles travaillèrent sans relâche pour apporter une aide vitale : soins médicaux, éducation, nourriture. Ce réseau d’entraide fut un pilier essentiel à la survie de milliers de familles.​

Quarante ans plus tard, des survivants comme James Taing racontent la vérité des traumatismes enfouis dans ces camps, qui ont marqué plusieurs générations. Le refuge fut aussi un lieu de souvenirs douloureux mêlés d’espoir et de douleur, reflet d’un pays dévasté et d’un exil souvent forcé. L'histoire des réfugiés souligne l’importance de ne pas oublier ces drames qui dessinent le visage long et complexe du Cambodge contemporain.​

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Bernadette R. Blanco
15 oct.

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