Histoire : Alix Aymé, une peintre française sur les routes de l'Indochine
- La Rédaction

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Née à Marseille en 1894, morte à Paris en 1989, Alix Aymé a passé plus de vingt ans en Asie. Elle a enseigné à l'École des Beaux-Arts de Hanoï, relancé l'art de la laque vietnamienne et décoré le Palais royal de Luang Prabang. Entre le Mékong et les temples d'Angkor, elle a aussi peint le Cambodge. Ses œuvres sont aujourd'hui au Louvre.

De Marseille à l'Asie
Alix Angèle Marguerite Hava naît à Marseille en 1894. Elle se forme d'abord à la musique, puis choisit le dessin. À Paris, elle entre à l'Académie de la Grande Chaumière et rejoint les Ateliers d'art sacré. Elle y devient l'élève de Maurice Denis, théoricien du groupe des Nabis. Denis restera son maître et son correspondant jusqu'au bout.
En 1920, elle épouse Paul de Fautereau-Vassel. Le gouvernement français l'envoie en Chine. Le couple part pour Shanghai, puis pour Hanoï. Alix découvre l'Asie et n'en repartira vraiment qu'en 1945.
La laque vietnamienne
Le Vietnam devient son port d'attache. Elle y enseigne le dessin, d'abord dans les lycées français, puis à l'École des Beaux-Arts de l'Indochine, à Hanoï. C'est là qu'elle laisse sa marque la plus durable. Avec Joseph Inguimberty, elle relance la laque, une technique locale que l'école n'enseignait pas. Elle est la seule enseignante française à la pratiquer. De 1934 à 1939, elle la transmet à ses étudiants. Certains, comme Nguyen Gia Tri et Le Pho, deviendront des figures majeures de la peinture vietnamienne moderne.

Le Laos et les rois
En 1929, Alix Aymé reçoit sa première grande commande officielle : une mission au Laos, pour préparer l'Exposition coloniale de 1931. Elle conçoit le pavillon laotien de l'exposition parisienne. Surtout, elle s'attache à Luang Prabang. Elle se rapproche de la maison du roi Sisavang Vong. Pour la salle de réception du Palais royal, elle peint dix-neuf grandes toiles. Elles y sont toujours.
En 1931, elle épouse en secondes noces Georges Aymé, officier de l'armée française en Indochine et frère du romancier Marcel Aymé.
Le passage par le Cambodge
Le Cambodge tient une place plus discrète dans son parcours, mais réelle. Dès 1929, elle y voyage et y peint. Elle dessine les temples d'Angkor, comme d'autres artistes voyageuses de son époque. Ses carnets gardent la trace de ces déplacements, entre le fleuve, la forêt et les monuments khmers. Aymé ne s'installe pas au Cambodge comme elle l'a fait au Vietnam ou au Laos. Elle le traverse, l'observe, le peint.

Une œuvre longtemps oubliée
Alix Aymé quitte l'Indochine en 1945 et rentre en France. Elle continue de peindre jusqu'à sa mort, en 1989. Pendant des années, son nom reste peu connu du grand public. Les musées et le marché de l'art l'ont depuis redécouverte. Ses dessins sont conservés au cabinet des dessins du Louvre. On trouve aussi ses œuvres au Musée des Années Trente, à Boulogne-Billancourt, au Musée des Beaux-Arts de La Rochelle, au Palais royal de Luang Prabang et à l'Evergreen Museum de l'université Johns Hopkins, aux États-Unis. Une Association des amis d'Alix Aymé, créée en 2012, veille sur sa mémoire.








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