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Forum de rentrée à Phnom Penh : une cinquième édition réussie malgré la pluie

il y a 4 heures
4 min de lecture

Trente stands, un conte khmer lu à voix haute, de l’improvisation théâtrale, une démonstration de poterie et la visite de l’ambassadeur de France : le collectif Français au Cambodge – Plus Forts Ensemble ! a tenu samedi 12 septembre la cinquième édition de son Forum de rentrée à l’Institut français du Cambodge. La pluie n’a pas entamé l’essentiel. Entretien avec Florian Bohême, conseiller des Français de l’étranger et animateur du collectif, qui revient pour Cambodge Mag sur cette journée, sur le Sommet de la Francophonie et sur les deux chantiers de l’année.

Le Forum de rentrée 2026 s’est tenu samedi 12 septembre dans la cour de l’Institut français du Cambodge, rue 184, à Phnom Penh
Le Forum de rentrée 2026 s’est tenu samedi 12 septembre dans la cour de l’Institut français du Cambodge, rue 184, à Phnom Penh

Trente stands et un programme étoffé

Le pari de cette cinquième édition était clair : moins de brochures, plus de choses à voir et à faire. « Cette année, on essaie de faire plus de démonstrations ou plus d’interactions », explique Florian Bohême. Trente stands étaient installés, doublés d’un programme d’animations tout au long de la matinée.

Un collectif de lecture a proposé la lecture d’un conte cambodgien. Une troupe d’improvisation théâtrale a enchaîné. Une démonstration de poterie en direct a suivi, devant le public.

Associations, écoles, professionnels de santé et ONG francophones tenaient stand dans la cour de l’Institut français
Associations, écoles, professionnels de santé et ONG francophones tenaient stand dans la cour de l’Institut français

L’Institut français du Cambodge, partenaire de l’événement et hôte du forum, avait de son côté nettement renforcé le programme de sa médiathèque, mobilisée toute la matinée. Nouveauté de cette édition, une bouquinerie solidaire figurait au programme.

Démonstration de poterie en direct, micro à la main, devant les visiteurs du forum
Démonstration de poterie en direct, micro à la main, devant les visiteurs du forum

Restait la météo. « C’est une édition qui se passe les pieds dans l’eau. C’est le Cambodge, c’est comme ça », sourit l’élu. « Malheureusement, le temps n’était pas au rendez-vous. Mais on est dépendants de ça. »

Deux cents visiteurs sous les averses

Malgré les trombes d’eau, quelque deux cents personnes ont fait le déplacement. « Je pense que raisonnablement, on va dire 200 », estimait Florian Bohême en fin de matinée. Les éditions précédentes tournaient autour de 350 visiteurs, par beau temps.

L’ambassadeur de France s’est déplacé, lui aussi. « C’est important de le signaler », insiste l’organisateur, qui y voit la confirmation d’un rendez-vous installé : « Ce forum de rentrée, maintenant, il est ancré dans les agendas. On sait qu’on va continuer ce type d’édition. »

Une piste est déjà sur la table pour 2027 : passer sous un toit. « Il faut juste faire évoluer un peu et peut-être voir si on peut trouver un lieu couvert pour être sûr que tous les exposants et les stands puissent proposer correctement leurs activités. »

Plusieurs exposants, comme le service de garde d’animaux Wild & Tame, ont replié leur stand à l’abri, au rez-de-chaussée de l’Institut
Plusieurs exposants, comme le service de garde d’animaux Wild & Tame, ont replié leur stand à l’abri, au rez-de-chaussée de l’Institut

Une communauté française qui se renouvelle

Au-delà du forum, Florian Bohême décrit une communauté en pleine rotation. « C’est d’abord une communauté française qui se renouvelle, parce qu’on a eu beaucoup de renouvellement cette année, notamment au niveau des professeurs, parce que c’est un cycle. »

Le mouvement touche aussi le consulat et les agences de recherche. Le secteur privé n’y échappe pas : « Je note quand même que le secteur privé, cette année, il y a aussi un renouvellement qui est en train de se faire. »

Churros, sandwichs et quiches sur le stand de restauration installé pour la matinée
Churros, sandwichs et quiches sur le stand de restauration installé pour la matinée

Sur le plan économique, le constat est plus nuancé. « Quand on entreprend au Cambodge, il faut d’abord avoir beaucoup de résilience, parce que c’est un pays qui est soumis à beaucoup d’aléas », explique-t-il. Les entreprises françaises, selon lui, « sont exactement dans le même bateau que toutes les entreprises qui sont dans ce pays ».

Francophonie : un village associatif, côté cambodgien

Interrogé sur le Sommet de la Francophonie, Florian Bohême rappelle d’abord le cadre. « C’est d’abord un sommet diplomatique et politique. Il faut rappeler que ce sommet, c’est d’abord organisé par nos amis cambodgiens. » La France est partie prenante, mais elle n’est qu’un pays parmi l’ensemble des membres concernés.

Une information est remontée le matin même du forum : un village devrait être proposé aux associations et aux ONG. « Si on a des ONG françaises ou francophones qui sont intéressées, il faut vraiment qu’elles se renseignent auprès de nos amis cambodgiens, parce que c’est eux qui gèrent le sommet. »

L’élu attend surtout un effet d’entraînement. Il cite le précédent vietnamien, une trentaine d’années plus tôt. « Ce n’est pas le sommet en lui-même, mais toutes ces activités ont acté le développement économique via un boom au Vietnam. » Il espère un scénario comparable : « Ce coup de projecteur sur le Cambodge va vraiment permettre au Cambodge de reprendre son développement économique en étant un peu moins dépendant des aléas mondiaux. »

Fracture numérique et emploi : les deux chantiers de l’année

Le collectif a identifié deux dossiers pour les mois à venir. Le premier est né de l’été qui vient de s’écouler.

« Il y a un vrai décrochage aujourd’hui avec la France au niveau des administrations, les caisses de retraite, les banques françaises », constate Florian Bohême. Le collectif ne peut pas changer les règles, dit-il, mais il veut accompagner les compatriotes qui restent au bord du chemin. « On va essayer d’accompagner nos compatriotes qui sont laissés pour compte, clairement. »

Le second chantier concerne l’emploi. Malgré le travail de la chambre de commerce, la question du réseau revient sans cesse. « J’arrive au Cambodge, je cherche de l’emploi, comment est-ce que je peux accéder au bon réseau pour chercher de l’emploi ? » Le collectif veut lancer un dispositif de mise en relation, au cas par cas.

Le besoin s’est encore manifesté pendant le forum. « Ce matin, des gens sont venus voir parce qu’ils arrivent au Cambodge. C’est souvent des conjoints qui suivent. Il y a déjà une personne qui a un boulot, mais le deuxième n’en a pas. »

La création d’entreprise pose un problème voisin. « Créer une entreprise au Cambodge aujourd’hui est relativement simple quand on a les moyens et l’accès à l’information », observe Florian Bohême. « Mais quand tu es tout seul, que tu débarques, que tu ne connais pas et que tu veux faire ton petit business, il faut quand même rentrer dans le circuit administratif. »

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