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Façonner l’avenir : le Cambodge et le rôle de l’artisanat traditionnel dans la mode contemporaine

il y a 5 heures
4 min de lecture

De la scène créative cambodgienne au BRICS+ Fashion Summit de Moscou, le débat sur le patrimoine, l’artisanat et le design moderne pèse de plus en plus dans l’avenir de la mode.

Don Protasio pendant la session consacrée à l’artisanat traditionnel, au BRICS+ Fashion Summit
Don Protasio pendant la session consacrée à l’artisanat traditionnel, au BRICS+ Fashion Summit

Cambodge : un patrimoine local, une conversation internationale

Les traditions textiles et artisanales propres au Cambodge s’inscrivent dans une identité culturelle plus large, que les créateurs et les acteurs de la création d’aujourd’hui peuvent réinterpréter pour de nouveaux publics. L’enjeu est de nouer une relation solide entre savoir hérité et expression moderne. Il s’agit de respecter l’origine d’un savoir-faire tout en le laissant évoluer au gré de nouvelles idées, de nouvelles collaborations et de nouvelles formes de présentation.

Pour la Phnom Penh Designers Week, ce débat relie la mode à la présentation et à la visibilité, mais aussi à la continuité culturelle, au développement créatif et à la valeur à long terme de l’écosystème du design cambodgien.

Avec Don Protasio, cofondateur, qui représente la Phnom Penh Designers Week au BRICS+ Fashion Summit de Moscou, le Cambodge prend part à un échange plus large : comment la mode peut-elle soutenir l’identité locale tout en s’ouvrant aux évolutions mondiales ? Cette présence compte au-delà de la simple participation à un événement. Elle relie la communauté créative cambodgienne aux questions qui traversent la mode ailleurs dans le monde.

Don Protasio, cofondateur de la Phnom Penh Designers Week (à droite), au BRICS+ Fashion Summit
Don Protasio, cofondateur de la Phnom Penh Designers Week (à droite), au BRICS+ Fashion Summit

« Les Cambodgiens doivent utiliser l’artisanat traditionnel, mais en l’employant dans un style de mode contemporain… Il doit aller au-delà de ses origines culturelles. Par exemple, Dries Van Noten puise beaucoup dans l’artisanat traditionnel indien, mais à travers le regard de la mode.

« Il faut un système de soutien dans les deux sens. Parfois, les artisans ne comprennent pas le système de la mode, et les créateurs de mode ne mesurent pas non plus combien il est difficile pour les artisans de vivre uniquement de leur artisanat. La situation est nuancée », a déclaré Don Protasio.

Son intervention ancre le débat international dans l’expérience et les ambitions de la communauté de la mode du pays.

La mode est plus que ce que nous portons. Elle raconte des histoires, préserve la mémoire culturelle et donne aux communautés un moyen de dire qui elles sont. Pourtant, dans une industrie que façonnent de plus en plus la technologie, l’évolution des habitudes de consommation et la pression de la production à grande échelle, une question reste d’actualité : comment l’artisanat traditionnel peut-il continuer d’évoluer sans perdre les savoirs et l’identité qui font sa valeur ?

Cette question figurait parmi les sujets abordés au BRICS+ Fashion Summit, organisé à Moscou du 28 au 30 septembre, en marge de la Moscow Fashion Week. Le forum international a réuni des professionnels de la mode venus de Russie et de plus de 60 autres pays. Il a passé en revue les forces qui transforment le secteur, des marchés émergents aux nouvelles technologies, du patrimoine culturel à l’avenir des savoir-faire traditionnels.

Don Protasio et Shasne Suleimanova à l’entrée du lieu du BRICS+ Fashion Summit, à Moscou
Don Protasio et Shasne Suleimanova à l’entrée du lieu du BRICS+ Fashion Summit, à Moscou

Parmi les grands débats du Sommet figurait la place de l’artisanat dans le design contemporain. Non pas comme simple source d’inspiration, mais comme pratique vivante, qui pèse sur le plan culturel, créatif et économique.

Au-delà de l’objet : préserver le savoir derrière l’artisanat

L’artisanat traditionnel offre à la mode ce que la technologie seule ne peut pas reproduire : un lien direct avec un lieu, une histoire et un savoir-faire humain. Les techniques élaborées et transmises de génération en génération portent la connaissance de ceux qui les pratiquent. Elles reflètent les matériaux, l’esthétique et les valeurs culturelles de leurs communautés.

Au Sommet, la session « Les métiers traditionnels au sein de l’industrie de la mode » a examiné comment préserver et développer ces pratiques, les intégrer au design contemporain et les porter sur les marchés internationaux. Les échanges ont aussi porté sur le lien entre artisanat et technologie, sur l’importance de la formation et des partenariats internationaux, et sur la viabilité économique du travail artisanal.

Le panel consacré au rôle de l’artisanat traditionnel dans la mode moderne, au BRICS+ Fashion Summit, à Moscou
Le panel consacré au rôle de l’artisanat traditionnel dans la mode moderne, au BRICS+ Fashion Summit, à Moscou

Rick Anderson, PDG de Mauritius Fashion Festival Week, l’a résumé pendant le Sommet :

« La mode, ce n’est pas seulement du vêtement. C’est un mélange d’artisanat traditionnel, d’histoire, d’objets anciens et de peinture. La mode est bien plus vaste que ce que nous pouvons porter. »

Ses mots traduisent une vision plus large de la mode : le vêtement fini n’est que la partie visible d’un processus créatif bien plus profond.

Quand le patrimoine entre dans l’avenir

Le programme du Sommet a montré les liens de plus en plus étroits entre patrimoine culturel et industries créatives contemporaines. Exemple : l’exposition Khokhloma x Russian Designers, qui a mis un artisanat décoratif traditionnel russe en dialogue avec le design actuel. Grâce à des collaborations entre artistes et créateurs, le projet a montré que les techniques patrimoniales peuvent nourrir le vêtement, mais aussi les accessoires, le mobilier et la bijouterie.

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